Et pourquoi pas chez nous ?

Samedi, le Président vénézuélien, Hugo Chávez a annoncé les nouvelles mesures économiques pour faire face à la crise financière, sans que ces dernières ne menacent de vastes secteurs sociaux, protégés par son gouvernement ces dix dernières années, puisque « les droits des travailleurs et l’investissement social pour le peuple seront garantis ».

 Lors d’un Conseil des Ministres retransmis par la chaîne d’Etat ‘Venezolana de Televisión’ (VTV), depuis le Palais présidentiel de Miraflores, Chávez a déclaré que ces mesures visent à lutter contre la crise capitaliste.

 « Ce sont des mesures pour sauver et protéger le fruit de notre travail », a dit le président Chávez, il a également indiqué qu’elles se dressent contre le modèle économique qu’avaient établi les partis de la quatrième (république), avec la création de paquets néolibéraux, « qui venaient empaquetés en anglais, élaborés par le Fond Monétaire International (FMI) ».

 Une des mesures anticrise sera l’accroissement de l’endettement.

 A ce propos, signalons ce qui suit :  il faut le diffuser, le faire savoir à l’opposition, a-t-il dit en montrant un graphique qui reflète la dette publique, sous forme de Produit Intérieur Brut (PIB), où l’on a pu observer que la dette extérieure fin 2008
se trouvait à 9,3 %.

 « En 1999, quand nous sommes arrivés au pouvoir, elle était de 28,2 %, et nous avons terminé l’année 2008 à 9,3 %. Ce qui signifie qu’aujourd’hui la dette extérieure occupe à peine ce pourcentage du PIB vénézuélien. Et la dette intérieure est restée plus ou moins constante : 4,3% fin 2008 », a dit Chávez.

 « Si l’on additionne les deux chiffres, on obtient 13,6% », a réitéré le président, après avoir mentionné que ce même chiffre est de 70% aux Etats-Unis.

 Le fait d’avoir un pourcentage de dette aussi bas, « nous permet aujourd’hui d’avoir une marge de manœuvre… nous l’avons évalué parfaitement, nous ne porterons préjudice à aucun secteur, au contraire, cela nous fortifiera tous », a déclaré Chávez, et ensuite il a annoncé la mesure suivante : accroître en 2009 l’endettement prévu.

 « L’accroissement sera de 22 milliards dans le budget actuel, qui est de 12 milliards, maintenant nous augmenterons à 22 milliards de bolivars (1 € ≈ 3,15 bolivars) supplémentaires, ce qui nous fera 34 milliards de bolivars, ce qui est parfaitement manœuvrable », a assuré le leader de la Révolution Bolivarienne.

 « Nous avons tout calculé de façon exacte », il a ajouté.

 Plus loin, il a réitéré la nationalisation de la Banque du Venezuela ces prochains jours pour fortifier le secteur public, « à un prix juste en accord avec la situation internationale ».

 *Le salaire minimum continue d’augmenter*

 Une autre mesure, signée pendant son annonce, a concerné l’augmentation du salaire minimum –le plus élevé d’Amérique latine- de 20%, qui sera attribué en deux parties, une au mois de mai, la seconde au mois de septembre.

 Chávez a indiqué que la dette établie par la bourgeoisie, la mondialisation néolibérale, ainsi que la prolifération de ce ‘paquet’ dans le monde a généré la crise.

 Il a fait un bref récapitulatif des mesures appliquées par les anciens gouvernements néolibéraux, où il a souligné qu’au Venezuela le FMI commandait, et il a aussi souligné que malgré le fait que cela soit une histoire récente, « il est bon de le rappeler et de revoir les détails de ce qui se passait à ce moment-là».

 Après avoir passé en revue la réalité économique des Etats-Unis, il a cité les « chiffres terrifiants » de la conséquence de la crise impérialiste, celle qui au cours de ces trois derniers mois a laissé près de deux millions de personnes sans emploi, et en plus « sans sécurité sociale ».

 « Au Venezuela, nous n’avons pas ressenti l’impact direct de la crise, que ce serait-il passé s’il n’y avait pas eu la Révolution bolivarienne », a-t-il dit.

 *Moins de chômage, plus de sécurité sociale*

 « Aux Etats-Unis, personne n’a la garantie d’avoir une couverture sociale. En revanche, ici, au Vénézuela, , un rapport de l’Institut National de Statistiques dit qu’au mois de février 2009, le chômage au Venezuela était de 7,4%, en janvier, il était de 9,5% ».

 « C’est-à-dire, une baisse de 2,1%, qui équivaut à l’incorporation au marché du travail de 273845 personnes, desquels 143230 sont des hommes et 130615 sont des femmes », a-t-il continué.

 En premier lieu, tout cet ensemble « d’actions anticrise » aspirent à préserver ces chiffres, à préserver l’emploi, la force du pays, la stabilité, a dit le président, tandis qu’il a ajouté qu’en plus ce serait un ensemble de mesures « qui nous permettront de renforcer notre économie, d’accroître la force que nous avons acquise pour continuer d’avancer dans la même direction ».

 Les actions anticrise que j’annonce, a dit Chávez, ont un but général : maintenir les conquêtes sociales, aller de l’avant, préserver l’emploi, le salaire social, intégral, et renforcer le secteur productif intérieur, ainsi qu’orienter la capacité financière publique et la capacité financière privée.

 « Bien que la crise mondiale n’ait affecté directement le Venezuela en matière d’emploi, de travail, d’impulsion du développement, elle nous affecte cependant de manière indirecte au niveau des prix du pétrole », a lancé le président avant d’annoncer la première mesure.

 *La situation pétrolière*

 Il a ensuite expliqué que le budget de 2009 a été réalisé sur la base du baril à 60 dollars, après avoir envisagé plusieurs hypothèses allant de la plus pessimiste à la plus optimiste. Actuellement le prix du brut est inférieur à 40 dollars.

 « Après avoir longuement débattu, nous avons décidé de revoir le budget, la prémisse du budget à 60 dollars qui avait été approuvée, nous la passons à partir d’aujourd’hui à 40 dollars le baril », a annoncé Chávez, de même, il a ajouté que le Conseil a décidé d’attendre le premier trimestre de l’année en cours pour pouvoir observer plus clairement  l’évolution de la situation.

 Ensuite, il a précisé que depuis la chute du prix du brut, l’entreprise pétrolière d’Etat ‘Petróleos de Venezuela’ (PDVSA) a tiré un bilan « catastrophique, et c’est à croire que le plus probable était un prix du pétrole à 25 dollars. C’est pour cela que nous attendions de voir ce qui se passerait au cours de ce premier trimestre bientôt terminé », a-t-il dit.

 « Nous nous approchons du point intermédiaire, ni catastrophique, ni optimiste, de 50 à 60 dollars », a dit Chávez, tandis qu’il citait le Ministre des Finances, Alí Rodríguez Araque, qui a recommandé au long des réunions que « le mieux est d’être conservateur et de rester au niveau intermédiaire ».

 *L’Assemblée Nationale reçoit les mesures*

 La réforme du budget sera envoyée à l’Assemblée Nationale (AE). Elle inclut trois lois.

 « Nous envoyons à l’Assemblée Nationale la réforme de la loi sur le budget de 2009 pour obtenir la compensation de l’impact de la diminution des revenus pétroliers, les modifications budgétaires annexes à ce document, pour garantir également les ajustements que nous allons apporter au budget en vue d’assurer les ressources nécessaires pour continuer d’approfondir la révolution économique socialiste du moment et pour freiner la crise impérialiste », a-t-il expliqué.

 De même, le président chiffre la réduction totale à 6,7%. La loi approuvée fin 2008 situait ce chiffre à 167 milliards 474 millions de bolivars, maintenant, avec cet amendement,  le budget est de 156 milliards 388 millions de bolivars, ce qui signifie une baisse de 11 milliards de bolivars, tout inclus dans la demande.

 Concernant les dépenses, il a déclaré que « sera  réalisée une stricte exécution de dépense et que seront éliminées les dépenses somptuaires (de luxe) », ceci par un décret qui sera signé dans les prochains jours.

 D’autre part, pour accomplir cette compression budgétaire de 6,7%, le Gouvernement vénézuélien établira par décrets les plafonds des rémunérations totales des employés de haut niveau des entreprises d’Etat.

 « Nous ajusterons uniquement les salaires des niveaux supérieurs, de sorte que les travailleurs des différents services publics, éducation, santé, etc. ne craignent, ni ne prêtent attention à ce que l’artillerie bourgeoise continuera d’avancer sûrement : sa campagne de terreur, essayant de générer la panique de la population », a-t-il ajouté.

 * « Il n’y aura pas de dévaluation » *

 Le président a été clair sur le sujet, la monnaie ne sera pas dévaluée, « la dévaluation est une mesure écartée », a-t-il exprimé.

 Après avoir rappelé que les gouvernements précédents utilisaient indûment les fonds annuels et que par conséquent, ils modifiaient la monnaie nationale, le président vénézuélien a assuré « qu’en aucun cas, nous ne touchons à la structure du système de change, nous voulons poursuivre la consolidation du Bolívar ».

 Sur un autre thème, il a ajouté que le prix de l’essence augmentera, une mesure que de nombreux moyens de communication privés s’étaient chargés d’avancer.

 « Il n’y a pas d’augmentation du prix de l’essence en tant que telle, quand bien même, tout le monde le sait, l’essence vénézuélienne est la moins chère au monde, pas même en Arabie Saoudite, elle n’est si bon marché », a-t-il fait remarquer.

 Cependant, il a précisé qu’il faudra réviser ces structures, mais il a considéré que ce n’est pas le moment opportun. « Ni de 400% (comme le divulguaient les médias), ni de 1% ». Mais, Chávez a continué, « je veux qu’on accélère le plan de gazéification des véhicules pour parvenir à changer la consommation d’essence par du gaz ».

 Puis, il a prié instamment les ministres qui l’accompagnaient depuis le Palais de Miraflores, de Caracas, pour donner l’exemple et commencer à appliquer ce changement aux véhicules des diverses institutions.

Aussi, il a mentionné que cette modification ne s’applique pas aux grands véhicules.

 « Passer de l’essence au gaz et changer de matrice énergétique, et en finir avec le gaspillage.

Il n’est pas de trop de lancer un appel, aux consommateurs d’essence bon marché, auxquels nous évitons le gaspillage, la contrebande d’essence, qui bien que nous l’ayons abaissé, reste élevée », a fait par de sa réflexion le président.

 *Augmentation de la TVA*

 Une autre mesure « anticrise » qu’appliquera le Gouvernement vénézuélien consistera à augmenter de 3 points la TVA, qui de 9%, se retrouve désormais à 12%.

 Il a rappelé que lorsque le prix du brut était élevé, la TVA avait été réduite de 14 à 9%, mais actuellement, vu que le prix du pétrole est passé au-dessous des 40 dollars, « nous avons décidé d’augmenter la TVA de façon prudente, uniquement de 3 points ».

 Cependant, la TVA vénézuélienne reste une des plus basses au monde, a assuré le président, après avoir fait la comparaison avec différentes nations de la région et du monde.

 Une autre mesure, signée lors de l’annonce, a concerné l’augmentation du salaire minimum –le plus élevé en Amérique latine- de 20%, qui sera octroyé en deux parties, l’une au mois de mai, et l’autre au mois de septembre.

 Réagir :

Nom :     Prénom :

Ville :        E-mail :

Commentaires :