Clarifier les rapports PCF-PSLe congrès du PCF se prépare à coups de textes et de confrontations entre
représentants de courants ou de sous-courants. Un fait majeur n’avait pas été
prévu qui bouleverse la donne : la crise financière dont plus personne ne peut
nier qu’il s’agit d’une crise du capitalisme. de la société, ni au regard de l’histoire. Le problème est que le Parti communiste n’est plus en état d’influer sur la gauche, parce qu’il s’est mis dans une position de dépendance vis-à-vis du Parti socialiste. Il a renoncé à une critique sans complaisance du gouvernement de la gauche plurielle qui a ouvert le capital de grandes entreprises publiques et donc la voie à leur privatisation. Aujourd’hui, que se passe-t-il ? En pleine crise financière, le PCF affirme vouloir débattre de ses propositions économiques et financières avec le Parti socialiste. On peut toujours parler… Mais comment cette attitude peut-elle être crédible si on ne rappelle pas ce sur quoi d’essentiel on s’oppose, à savoir le ralliement de fait du PS au libéralisme, que son premier secrétaire vient de confirmer, libéralisme bien sûr « régulé », ce que la droite elle-même se targue de faire ? Et, plus encore, quand ce sont des personnalités du Parti socialiste français, Dominique Strauss-Kahn au FMI et Pascal Lamy à l’OMC, qui dirigent deux organismes majeurs du capitalisme financier et qui ne songent qu’à continuer ? Il ne s’agit pas de désigner le parti socialiste comme l’ennemi à abattre. Il s’agit de dire la vérité sur les positions respectives, en commençant par
adopter nous-mêmes une position sans équivoque. Il s’agit de se démarquer. La
politique en France souffre de confusion et ne s’en sortira que par une
clarification, en particulier sur les classes, leur complexité, et leurs
intérêts « matériels et moraux », immédiats et futurs. PS et PCF, des électeurs ont voté « nouveauté » « modernité », « nouvelles têtes », etc. Le discours du « tourner la page » réserve des surprises, parfois amères. C’est la condition, non la seule, pour repartir de l’avant. C’est aussi la condition pour se retrouver avec des travailleurs, des citoyens, qui ne savent plus vers où se tourner et qui seraient disposés à entrer dans des luttes justes, sincères, sans craindre d’être, à l’arrivée, abusés. C’est même la condition pour obtenir que le Parti socialiste change de registre, demande qui existe en son sein. Ne ratons pas le coche ! |