Conseil municipal du 25 mars 2011


N° 8  subventions aux associations et divers organismes

Vous commencez à instaurer des règles pour l'attribution des subventions concernant l'enseignement du basque dans les écoles (subventions en fonction du nombre d'élèves).Cette méthode nous semble pertinente.

Alors pourquoi ne pas l'étendre aux autres activités et manifestations culturelles. Conditionner les aides publiques non seulement au nombre d'enfants, et d'adultes qui les fréquentent, mais aussi tenir compte des actions qui sont menées pour faire partager la culture par le plus grand nombre.

Savez-vous qu'il y a dans notre ville beaucoup d'habitants qui sont encore trop éloignés de la culture?

C'est dans ce sens que doit se porter en priorité les efforts de la commune.

Dommage qu'une ville comme Saint-Jean-de-Luz, qui investit beaucoup dans la musique classique, refuse tout soutient à l'association hendayaise Lanetik Eguina. Cette association qui pratique la musique  actuelle, existe depuis 15 ans. Elle  est la seule  sur le territoire à être reconnue au niveau départemental et régional. Elle a connu des difficultés financières, dont elle n'est pas encore totalement sortie. On peut saluer que certaines communes de la communauté de commune, comme par exemple Urrugne, ont su prendre conscience qu'il faut soutenir cette association qui fait de gros efforts afin de sortir de ce mauvais pas.

 La musique se conjugue aussi au pluriel.

N° 15 aides aux écoles privées: fixation du forfait communal 2011

Depuis que je siège avec vous au sein de ce conseil municipal, j'ai toujours voté contre cette délibération. Je sais bien que la plupart d'entre vous a bien compris que ma position sur ce sujet est une position de principe, et que j'utilise mon statut d'élue d'opposition pour réaffirmer des valeurs auxquelles je suis très attachée.

On nous demande de nous prononcer sur une aide communale aux écoles privées. Dans le même temps, la loi de finances pour 2011 prévoit le transfert de 4 millions d'euros du " soutien de la politique de l'Education Nationale" vers " l'enseignement privé". Je vous laisse apprécier la duplicité de l'intitulé. On déshabille Pierre pour habiller Paul ! Avec le résultat que l'on connaît: personne n'est satisfait.

Depuis les discours du président Sarkozy qui vantaient notamment la prétendue supériorité du curé ou du pasteur sur l'instituteur dans la transmission des valeurs, il n'est plus permis d'avoir des doutes sur le sort que réserve ce gouvernement à l'école publique et à l'Education Nationale en général. Faire à "chacun son école", opérer une sélection aboutissant ainsi à accentuer les inégalités culturelles, sociales, et économiques.

Face au démantèlement, en œuvre aujourd'hui dans l'Education Nationale, l'urgence est de réaffirmer l'impératif que les fonds publics aillent exclusivement à l'école publique, à Saint-Jean-de-Luz comme dans le reste du pays.

 

N° 17 Médiathèque municipale : fixation des tarifs

Je ne sais si cette décision est le résultat de nos nombreuses interventions en faveur d'une culture ouverte à tous, ou  si vous avez voulu marquer d’un geste  fort l'ouverture de cette médiathèque tant attendue et qui a subi tant de revers et de déconvenues. Qu'importe, nous sommes d'accord avec cette délibération.

Toutefois permettez-moi de faire deux propositions:

- La médiathèque de Saint-Sébastien ainsi que celle d'Irun propose la gratuité totale, même pour nos ressortissants.

 Aussi, je pense qu’il serait légitime qu'on instaure la réciprocité.

Ce qui permettrait de renforcer les liens culturels. Une culture que nous avons, pour une partie en commun, à travers la culture basque.  Nous avons aussi dans nos établissements scolaires des classes européennes où l'on apprend l'espagnol.

Quel meilleur symbole de relation transfrontalière qu'un partage de nos œuvres  respectives. Et pourquoi ne pas travailler ensemble sur des projets futurs?

En ce qui me concerne,  ce type de coopération culturelle me convient mieux que  la coopération policière et judiciaire, comme par exemple, au travers du  très controversée mandat d'arrêt européen.

- les habitants adultes de la communauté de communes ne profitent pas de la gratuité. Probablement une façon de signifier, sans le dire, que c'est notre ville qui assume ce service. Néanmoins cette situation n'est pas faite pour durer. Du moins je l'espère.

 

N° 20 cession du terrain de camping Elgar à l'office 64 de l'habitat

Il y a quelques années, cette clause anti- spéculative n'avait pas votre faveur. L'insistance avec laquelle nous (l'opposition) avons défendu, pendant des années, cette idée, porte ses fruits.

Pour autant, je considère, qu'au vue de la pression foncière et la spéculation impitoyable qui est la nôtre aujourd'hui, ce n'est pas suffisant. Je pense que ces logements ne devraient pas rejoindre le parc immobilier privé. L'objectif d'acquisition d'un logement social. Qui bénéficie de l'argent public,  c'est de permettre à nos concitoyens de se loger,  de construire un projet de vie, et non d'envisager la plus-value qu'ils pourraient en retirer en cas de revente de ce bien.  C'est le seul levier qui est à notre disposition, pour maintenir dans l'avenir, une offre de logements en accession sociale à la propriété.

Faut-il vous rappelez qu'une des causes, et non la moindre, de la spéculation immobilière, est la pénurie de logements sociaux.

Votre programme prévoit 92 logements en accession sociale. A partir de l'exemple que nous avons connu à Alturan avez-vous un plan B si vous rencontrez des difficultés pour trouver des accédants?

Je vous rappelle que l'accession à la propriété progresse peu, pire elle recule dans les classes populaires. Entre 1981 et 2007, le taux de propriétaires est passé de 46% à 33% parmi les ménages les plus modestes mais de 51% à 70% chez les plus riches.

  

                                   Yvette Debarbieux, élue communiste, groupe de gauche.