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La perte par la droite de 46 villes de plus de 20.000 habitants (57 perdues et 11 gagnées) marque un net désaveu de la politique engagée par Nicolas Sarkozy et de la manière dont il exerce le pouvoir. La gauche gère désormais la majorité, des régions, des départements et des villes de notre pays. Au lendemain de l’élection présidentielle, le rouleau compresseur sarkozyste paraissait invincible. Dix mois plus tard, il est déjà en difficulté.
Le message des électeurs est clair : ils ne veulent pas que le quinquennat continue comme il a commencé. Beaucoup l’ont exprimé en sanctionnant les candidats de l’UMP dans les urnes, un trop grand nombre, de femmes et d’hommes en souffrance l’ont exprimé à leur façon en n’allant pas voter puisque ces élections municipales enregistrent un nouveau record d’abstentions. Ce niveau d’abstentions par ailleurs témoigne de la persistance de la crise de notre système politique et institutionnel. Or loin d’en tenir compte, le gouvernement donne un nouveau coup de barre à droite et décide d’accélérer la mise en oeuvre de son programme antisocial. Ce mépris du suffrage universel est inacceptable. Il est dangereux pour la démocratie, dangereux pour les salariés qui subissent les conséquences des politiques engagées, dangereux pour notre pays qui risque d’en payer le prix fort au moment où le capitalisme mondialisé traverse et une crise financière d’une gravité sans précédent.
Nous le disons avec force : la France ne peut pas supporter cette politique encore quatre ans. A toutes celles et ceux qui partagent ce constat, les communistes lancent un appel : agissons ensemble pour contrer cette politique ; amplifions toutes les ripostes pour l’empêcher de nuire davantage ; travaillons à la mettre en échec en lui opposant des propositions novatrices ; et, ensemble, mettons en chantier une nouvelle perspective de changement, une réponse progressiste aux attentes de notre peuple que la gauche, en l’état, n’apporte pas.
Conscient que tout changement progressiste de notre société ne pourra se produire sans une large adhésion des couches populaires à un tel projet de transformation sociale. Le PCF entend contribuer de toutes ces forces à ces objectifs. Après l’échec présidentiel qu’il a subi, c’est une chance pour notre peuple et pour la gauche, qu’il sorte cette fois renforcé de ces élections municipales et cantonales. Les communistes n’oublient rien, ils sont lucides et savent qu’un scrutin ne chasse pas le précédent. Ils sont pleinement conscients des profondes transformations auxquelles ils doivent travailler. Mais ils abordent la prochaine période et la préparation du congrès qu’ils tiendront les 11, 12, 13, 14 décembre 2008 avec plus d’ambition et avec la conviction qu’ils peuvent, qu’ils doivent prendre toute leur part à l’émergence d’un nouveau projet politique à gauche
Voilà dans cet esprit les axes de travail et d’action que les communistes proposent à toutes celles et ceux qui partagent l’urgence de ces nouvelles réponses politiques.
Un printemps de riposte
La première des exigences est de ne pas laisser le gouvernement continuer ses dégâts. L’acharnement du pouvoir appelle plus que jamais l’action et le rassemblement face à ses choix régressifs. Depuis dix mois, des luttes déjà très nombreuses, et souvent imposantes, se sont déployées. L’entrée en lutte massive des caissières de la grande distribution ou de l’ensemble des professions du monde judiciaire, des enseignants, des lycéens, attestent d’un climat social plus combatif et plus diversifié. La question du pouvoir d’achat, qui a repris une place de premier plan, met directement sur la sellette les politiques de profit qui sont au cœur de la crise financière actuelle. Les luttes mettent en cause le sens même des transformations néolibérales que leur imposent Sarkozy et manifestent l’aspiration à une nouvelle répartition des richesses répondant aux besoins de justice, d’égalité, de liberté, dans un état démocratique et social, constitutifs d’une autre société.
Le gouvernement programme de nouvelles offensives contre les retraites, le code du travail, la fonction publique, les institutions démocratiques, le système éducatif, la santé, la culture, l’audiovisuel public ... Dans tous ces domaines, le PCF appelle à un printemps de riposte, à l’intensification des mobilisations dans l’unité la plus large possible. Chaque fois que c’est possible, nous voulons travailler à les rendre victorieuses. Dans ces ripostes peuvent grandir de nouveaux rassemblements.
Une crise financière qui accuse les politiques de rentabilité
Depuis des mois, le gouvernement ment sur la situation économique et l’efficacité de sa politique. Il a menti sur les perspectives de croissance et de pouvoir d’achat qu’ouvriraient ses réformes, menti sur la crise financière internationale dont il a nié la gravité, menti sur les conséquences drastiques de la poursuite de sa politique, menti sur les chiffres du chômage.
Aujourd’hui, les faits sont là. Alors qu’avec les risques de récessions, plus réels que jamais, le capitalisme mondialisé est en train de précipiter la planète dans une crise d’une gravité majeure. Les développements dangereux de la crise financière, mais aussi les enjeux qui se nouent autour des matières premières et du réchauffement climatique en forment les manifestations les plus évidentes.
Une énorme bataille idéologique s’engage sur les causes de la crise internationale. Le gouvernement et le grand patronat, qui s’appuient déjà, pour faire accepter leurs « réformes », sur un très fort sentiment de fatalité, qu’il cherche à entretenir et à transformer en adhésion, devant les exigences de la mondialisation capitaliste, vont utiliser la crise pour chercher à légitimer leurs choix. Le refrain est prévisible : ce qui a été engagé par Nicolas Sarkozy est encore plus incontournable. Ces idées sont d’autant plus dangereuses qu’elles font aussi des dégâts à l’intérieur de la gauche.
Or, ce sont précisément l’appui des pouvoirs politiques aux stratégies de rentabilité financière systématique, d’écrasement des capacités humaines et de mise en concurrence des salariés à travers le monde qui sont à l’origine des enflures financières qui éclatent aujourd’hui. L’urgence est d’engager des ruptures durables avec ces politiques et le pouvoir exorbitant qu’elles accordent aux marchés, de mobiliser pour la riposte idéologique, politique, économique et sociale, notamment en éclairant sur la mobilisation et la réorientation de l’argent pour viser le développement humain durable, économique et social. Nous voulons ouvrir un grand débat sur la place du travail dans la société, nous opposant « au travailler plus pour gagner plus » qui est au cœur du dispositif de la droite. C’est un enjeu dans chaque entreprise, aux plans national, européen et international.
Quatre campagnes nationales pour faire reculer les thèses de la droite, pour rassembler sur d’autres choix politiques, pour répondre aux revendications, pour sortir des difficultés à vivre des populations, pour sortir de la crise et construire les alternatives, pour répondre aux enjeux culturels d’appropriations et des conquêtes par tous des savoirs, parcourent chacun des thèmes retenus.
Les batailles d’idées pour montrer que d’autres politiques sont possibles restent donc primordiales. Pour y contribuer, les communistes proposent d’intensifier dans les semaines et les mois qui viennent quatre campagnes nationales qu’ils ont déjà engagées.
l’argent
Il se confirme chaque jour que la crise financière internationale est d’une gravité extrême et que ses conséquences sociales frappent et frapperont de plus en plus durement le monde du travail et les couches populaires. Dans ce contexte, où des doutes sont de plus en plus fréquemment exprimés à propos du caractère catastrophique de la domination de la sphère financière sur la société, notre campagne « la bourse ou la vie ; rendons l’argent utile » prend une importance renouvelée. Alors que l’offensive de répression Sarkozyste est plus agressive que jamais, nous devons être au cœur des luttes concernant : le pouvoir d’achat, la flambée des prix, l’urgence d’augmenter les salaires, l’emploi, le chômage et les retraites et les minima sociaux, contre les franchises médicales, l’allongement de la durée des cotisations pour les retraites, la mise à sac du système de santé, pour la défense et le développement des services publics. Nous voulons démontrer preuve à l’appui que l’argent existe pour satisfaire les besoins légitimes du monde du travail et de la population.
Des matériels à grand tirage seront édités dans la toute prochaine période. Leur diffusion sera l’occasion de très nombreuses discussions. Celles-ci permettront, de marquer la nécessité de se rassembler largement et de se battre pour libérer le travail et la créativité humaine de la loi du profit-roi. Ce faisant nous pourrons faire avancer la nécessité et la crédibilité de voies alternatives pour un mode de développement fondé sur le progrès humain.
Nous ne pouvons viser à rendre incontournable trois enjeux :
Dans
chaque région la mise en place de fonds publics pour l’emploi et la
formation mobilisant le crédit et les banques pour développer l’emploi
et les investissements utiles au lieu de la spéculation financière.
La perspective politique d’un pôle public bancaire élargi.
Une réorientation de la politique de la BCE.
l’Europe :
Nicolas Sarkozy veut faire de la présidence Française de l’UE, de juillet à décembre, un moment d’accélération de sa politique : casse sociale, contre les droits des migrants et atlantiste. La précarité, les salaires, les mises en concurrence, la BCE, les services publics, l’énergie et la lutte contre le changement climatique, la paix, avec l’intervention sociale et citoyenne seront au cœur des initiatives –nationales et européennes- pour une refondation sociale, écologique, culturelle, solidaire et démocratique de l’union européenne. Les concertations sont en cours avec d’autres forces en France et en Europe, notamment dans le cadre du PGE pour décider des campagnes et d’un calendrier d’initiatives contribuant à un moment de mobilisation pendant la présidence française.
les institutions :
La dérive personnelle et autoritaire s’accélère, Des projets néfastes se préparent : congrès du parlement le 7 juillet pour renforcer l’hyper présidentialisation, rabaisser le rôle du parlement, le tripatouillage électoral du scrutin régional, le redécoupage des circonscriptions. Les discriminations et les attaques contre les libertés se multiplient. Nous proposons d’engager un vaste débat et de grandes mobilisations pour la construction d’une nouvelle république fondée sur la démocratie politique, la démocratie sociale, la démocratie participative, fondée sur l’élargissement des droits humains. L’enjeu : travailler à un partage des pouvoirs.
la jeunesse
Les jeunes sont parmi les premières victimes du capitalisme libéral : chômage de masse, précarité dans l’accès à l’emploi, au logement ou à la santé. Le gouvernement n’a de cesse de s’attaquer à leur avenir. Après l’université, c’est l’ensemble du système éducatif qu’il veut transformer pour plus de concurrence et donc d’inégalités. D’après certaines études les jeunes de notre pays sont les plus pessimistes du monde pour leur avenir. Les jeunes ont aussi été les plus nombreux à s’abstenir pendant les dernières élections locales. S’engager dans une campagne d’envergure nationale qui s’adresse à toute la jeunesse de notre pays est à la fois un enjeu et un défi. Enjeu car il engage l’avenir et défi car sans la jeunesse notre projet de transformation de la société serait bancale. Nous voulons construire une campagne de proximité pour mobiliser et recréer l’espoir afin que les jeunes soient acteurs, non seulement des luttes, mais aussi de la transformation de leur vie et de la société.
Des élus et des pouvoirs locaux au service du peuple
En donnant à la gauche la majorité de tous les pouvoirs locaux, les résultats des élections municipales et cantonales viennent de créer une situation inédite. Faire réussir les projets ratifiés par les électeurs, mettre les pouvoirs conquis dans les mains des citoyens sont des enjeux démocratiques et politiques de première importance, d’autant que, nous le savons, cela ne va pas de soi.
Avec deux conseils généraux présidés par un communiste, le Val de Marne et l’Allier, 91 villes de plus de 9.000 habitants dont 28 de plus de 30.000, un total dépassé de 13.000 élus communistes et républicains, élus dans des majorités de gauche comme dans l’opposition à la droite - ce qui fait de ce point de vue du PCF la troisième force politique du pays - les communistes disposent de moyens pour être utiles à ces objectifs.
Tous ces élu(e)s sont des points d’appui pour permettre de vivre mieux dans les villes et les départements, pour développer des territoires solidaires et innovants ; des points d’appui pour faire échec aux projets de la droite ; des points d’appui pour démocratiser et partager l’exercice des pouvoirs ; des points d’appui pour reconstruire le projet de changement dont le pays a besoin.
Cette force s’est largement renouvelée et rajeunie, elle compte davantage de femmes, elle est plus représentative de la diversité des populations et de leurs engagements. Il convient d’accorder toute l’importance nécessaire dans les territoires comme au plan national au déploiement offensif de son activité. Il convient également de préparer dès maintenant de nouvelles conquêtes électorales en enracinant dans les territoires un travail de projet, des pratiques de rassemblement, d’action, de démocratie participative, en faisant connaître des femmes et des hommes capables de les porter le moment venu dans les batailles électives.
La situation que nous connaissons nous donne donc des responsabilités et des forces nouvelles face à la droite sarkozyste. Mais 2008 n’efface pas 2007. Nous n’oublions pas la leçon. Les victoires des élections municipales et cantonales ne présagent pas des victoires futures. Le risque d’une bipolarisation qui se concentre sur une bataille d’alternance entre deux partis et marginalise les débats sur le contenu du changement demeure entier. La construction d’une alternative politique au pouvoir sarkozyste reste plus que jamais devant nous.
Elections municipales et cantonales :
Des leçons politiques précieuses
Il importe de bien apprécier les résultats, d’affiner cette analyse en tenant compte de dimensions locales bien réelles, et surtout de chercher à repérer ce qui a échoué, et ce qui a permis le succès et peut constituer des pistes utiles pour qui veut travailler à la construction d’une perspective de changement national réussie.
des résultats qui modifient le paysage issu de l’élection présidentielle :
La droite UMP espérait amplifier sa victoire présidentielle. C’est l’inverse qui s’est produit.
Le Modem, pourtant sous perfusion médiatique intensive, rate son implantation municipale. Sa stratégie d’alliances à géométrie variable, qui cherchait à surfer sur le brouillage parfois bien réel des repères droite-gauche, n’a pas été suivie par les électeurs.
Le Front national ne s’est pas relevé de l’absorption de son électorat par Nicolas Sarkozy et ne profite pas du recul de la droite.
Le Parti socialiste l’emporte dans la plupart des villes et gagne des sièges de conseillers généraux perdus par la droite. Il obtient dans la grande majorité des cas ses succès en dirigeant des listes d’union de la gauche. Dans les endroits où le PS a joué la carte d’une alliance avec le Modem, les résultats sont mitigés et les effets sur le rassemblement de la gauche très problématiques. Là où ces alliances ont été refusées, la victoire n’en est pas moins nette. Les communistes y voient la confirmation qu’ils avaient raison de combattre ces recompositions au centre.
Les Verts, obtiennent de faibles résultats dans ces élections et leur présence réelle a été au final très inférieure à leur affichage d’autonomie initiale
La LCR n’obtient pas non plus un résultat marquant au plan national, même si ses listes dépassent 5% dans 30 villes de plus de 3 500 habitants, et plus de 10% dans quelques unes.
PCF, un ancrage re-crédibilisé :
A l’issue des élections municipales, le PCF compte davantage d’élus,
dirige 91 villes de plus 9.000 habitants contre 86 en 2001, gagnant
notamment Vierzon, Firminy, Villerupt, Marly, Roissy-en Brie.... Il en
conserve 28 de plus de 30.000 habitants, trois sont perdues, Calais,
Aubervilliers et Montreuil et trois sont gagnées, Dieppe,
Villeneuve-Saint-Georges et Villepinte. Là où le PS avait refusé
l’union et déclenché une primaire pour tenter de ravir le leadership de
la gauche aux communistes, le PCF gagne la plupart de ces primaires.
Aux élections cantonales, il réalise 9,3% contre 10% en 2001 en
présentant 300 candidats de moins. Il compte désormais 118 conseillers
généraux, contre 128. Il perd la Seine-Saint-Denis au profit du PS en
perdant cette fois ci deux sièges sur dix renouvelables, conforte le
Val-de-Marne et gagne l’Allier.
Au total, ces résultats recrédibilisent notre ancrage territorial.
La crise d’alternative à gauche demeure
Le succès remporté sur la droite renforce un PS déjà largement dominant à gauche. Le débat qu’il connaît sur la nature de son projet va s’amplifier d’ici son congrès. Ni ses tentations sociales libérales, hégémoniques, ni ses tentations d’élargissement au centre n’ont disparu. Tout en critiquant le sarkozysme, il épouse les travers d’un hyper présidentialisme inquiétant pour la démocratie. Et si face à lui, n’existait qu’une extrême-gauche protestataire, renonçant à toute ambition de transformation majoritaire, refusant de prendre des responsabilités électives au nom de la pureté prétendue de son anticapitalisme, le risque d’entériner le bipartisme serait grand.
Mais à la lumière notamment des résultats de ces élections municipales et cantonales, ne faut-il pas regarder les choses autrement ? L’examen de ce qui se passe dans la tête des électeurs et du peuple de gauche mérite plus d’attention de notre part, pour comprendre ce qu’ils attendent vraiment, s’appuyer sur leur disponibilité pour un véritable débat de projet, pour de nouvelles pratiques politiques et de rassemblement .
des raisons de succès à méditer
Au-delà des chiffres, l’analyse des résultats et des campagnes menées par les communistes sur le terrain souligne de ce point de vue des atouts qu’il apparaît indispensable de cultiver : la portée d’un meilleur travail sur les projets avec les populations ; des expériences de rassemblement qui s’enracinent quelles que soient les configurations dans lesquelles les communistes ont finalement évolué ; des pratiques politiques renouvelées, plus à l’écoute, plus participatives ; un exercice plus partagé du pouvoir là où des communistes sont en responsabilité ; un renouvellement apprécié de la représentation politique, de nos élus et de nos candidats ... Là où ces nouvelles pratiques ont cours, elles donnent des résultats. Cette réflexion doit se poursuivre, car de tels enseignements ont une valeur politique nationale.
Une demande politique de changement persistante dans le pays
Au-delà des brutales corrections qu’apporte un scrutin après l’autre, il importe de comprendre la persistance avec laquelle les Français continuent, au fil des élections, d’exprimer leur insatisfaction à l’égard de l’offre politique, leur attente d’un changement qui solutionne, avec leur intervention créatrice enfin les problèmes du pays, et améliore réellement la vie du plus grand nombre. La sanction de la droite, largement victorieuse il y a moins d’un an, ou le regain d’abstention lors de ces élections atteste cette persistance. Dans ces conditions, aucune force politique n’a de rente de situation. Les Français jugeront à chaque élection de l’offre politique, de l’offre de projet qui leurs seront présentées. C’est cela qui d’abord les déterminera.
La question cruciale d’un nouveau projet politique de changement
A un moment où les forces de gauche sont de nouveau interpellées par le résultat favorable de ces élections pour ouvrir une alternative à la droite sarkozyste, ne perdons pas de vue cette donnée essentielle. Ce dont les femmes et les hommes de gauche ont besoin pour se rassembler. C’est un nouveau projet politique de changement, une perspective crédible de transformation sociale à vocation majoritaire, une nouvelle manière de faire de la politique qui leur ouvrent le plus rapidement possible une perspective de progrès social réel et de transformations profondes. En dispose t’il ? Non. Cela est à construire. Avons-nous des idées pour cela, en existe-t-il dans notre peuple ? Oui.
C’est donc à ce chantier essentiel que les communistes doivent s’attaquer dans un dialogue permanent avec notre peuple : inventer avec lui le projet de changement qui peut répondre à son attente et qui pour cela, est susceptible de rassembler une majorité dans le pays. Le PCF travaillera sans attendre et chaque fois que nécessaire à la construction de fronts, d’alliances, de rassemblements sur des objectifs transformateurs, à des débats et des initiatives à gauche.
Un congrès communiste utile à la construction de ce projet
Depuis l’élection présidentielle, les communistes ont décidé dans cet esprit de remettre sur le métier leurs conceptions, leurs pratiques, leur organisation. Ils tiendront un congrès national important les 11, 12, 13, 14 décembre 2008 qui permettra de confronter toutes les opinions qui sont en débat en son sein sans en exclure aucune a priori. Cela demande beaucoup de travail et de créativité, une méthode et un calendrier. Nous avons commencé ce travail. Nous voulons franchir une nouvelle étape en ouvrant ce travail à toutes celles et tous ceux qui veulent s’y atteler avec nous. Nous voulons discuter, quels enseignements tirer des expériences de rassemblement efficace pour notre politique au niveau national, européen, mondial.
Huit ateliers déjà au travail
Après une première assemblée extraordinaire tenue fin 2007, les communistes ont entamé leur réflexion autour de huit thèmes de travail : le bilan de la période politique écoulée ; l’analyse de la mondialisation ; la réflexion sur un nouveau type de développement ; l’enjeu d’une nouvelle unité des dominés ; la conception d’un nouveau projet ; celle de nouveaux rassemblements ; l’avenir du communisme ; la conception du Parti et de son fonctionnement. Ces ateliers verseront en avril de premiers textes de réflexion au débat, qui pourra alors s’amplifier sous toutes les formes possibles, débats publics, auditions de travail, journées d’études.
Une première synthèse nationale de cette réflexion collective pourrait se tenir au cours de trois rencontres nationales le 31 mai à Paris, le 7 juin à Marseille et le 14 juin à Tours. Chacune de ces initiatives réunirait plusieurs centaines de participants.
Les thèmes de ces rencontres seraient les suivants :
Quelles
évolutions, quelles réalités du monde et de la société à l’époque de la
mondialisation capitaliste ? Les transformations du capitalisme
contemporain, la nature des contradictions de notre époque, quelle
unité des dominés ?
Quel
nouveau projet de changement ? Quel projet politique transformateur
pour la planète, l’Europe, la société. Quels nouveaux rassemblements ?
Quelles transformations du PCF ? Quelle force ; pour quoi faire ; quel fonctionnement
Nous tiendrons également une université d’été fin août. Université à vocation éducative, elle permettrait l’appropriation, l’approfondissement et le débat par un grand nombre de militants de toutes ces analyses et de leurs enjeux.
L’université d’été du PCG se tiendra du 9 au 14 juillet à Paris.
Enfin, nous tiendrons en novembre une rencontre internationale, qui réunirait à notre invitation toute une série de forces et de personnalités venues du monde entier.
La mise en oeuvre de tout ce travail nous permettrait d’aborder à l’automne la phase proprement statutaire de nos débats de congrès qui pourrait être lancée au lendemain de la Fête de l’Humanité.