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Cette introduction à notre discussion est centrée sur la question unique qui nous réunit aujourd’hui : l’engagement de toutes nos forces dans la campagne des élections municipales et cantonales.
Leur enjeu est d’une grande importance. Et, je veux le dire d’emblée, nous abordons ces votes des 9 et 16 mars avec beaucoup d’ambition.
Nous avons l’ambition de permettre aux habitants d’un nombre plus grand qu’aujourd’hui de communes, de cantons, de départements de disposer d’élus qui travaillent avec elles et eux à les défendre ; de faire de ces territoires des espaces de résistance aux coups qui leur sont portés, des espaces où se construisent des projets d’avenir pour l’égalité, la citoyenneté, le développement durable.
Nous avons l’ambition de contribuer à ce que la grande leçon de ces élections, que personne ne pourra ignorer, soit une sanction nette, franche de la politique de casse sociale, d’inefficacité économique et de recul démocratique de Nicolas Sarkozy et de son pouvoir ; de contribuer à ce que ces scrutins donnent plus de force à toutes celles et tous ceux qui veulent lui donner un coup d’arrêt, la mettre en échec.
Nous avons l’ambition d’aider à ce que ces élections soient un succès pour la gauche et pour notre parti, qu’elles créent ainsi une situation différente de celle qui prévaut depuis l’élection présidentielle, plus favorable à la recherche du rassemblement de notre peuple pour une alternative de changement réel – une alternative qui cette fois ne débouchera pas sur la déception et sur l’échec.
En nous donnant cette ambition, qui au fond se résume à un seul mot : gagner, nous ne nous payons pas de mots. Car c’est le Parti communiste qui l’affirme, c’est-à-dire, comme Marie-George Buffet le rappelait la semaine dernière lors d’une visite en Seine-Saint-Denis, la troisième force politique du pays en termes de nombre d’élus, avec 734 maires communistes ou apparentés dont 83 de villes de plus de 10 000 habitants, 12 500 conseillers municipaux et 242 conseillers généraux. Tous ces élus, tous nos candidates et candidats, tous nos militantes et militants sont aujourd’hui tendus vers cet objectif offensif et mobilisateur.
1) Notre premier objectif : permettre au plus grand nombre possible de communes et de cantons de disposer d’élus utiles pour résister et pour construire avec et pour tous
Au fil des générations s’est construite dans les populations la perception d’élus intègres, de terrain, rassembleurs, compétents, ouverts, d’élus communistes qui ne s’enrichissent pas par leur mandat puisqu’ils versent leur indemnité à leur parti pour contribuer à son financement et sont des élus de toutes et de tous, étrangers à tout clientélisme ou favoritisme partisan, seulement animés par le souci de l’intérêt général et le bien commun. Le bilan des sept années de gestion et d’action des maires, conseillers municipaux et conseillers généraux communistes aura confirmé leur ancrage dans les préoccupations populaires et leur capacité innovatrice – il est simplement normal de le souligner et de les en remercier. De souligner également que nombre d’entre elles et eux ne se représentent pas après avoir exercé un et le plus souvent plusieurs mandats, permettant ainsi un renouvellement significatif de nos candidatures, avec la présence de nombreux jeunes en position éligible.
« Des élu-e-s utiles », indiquent les affiches publiées en vue de ces élections. Pour les habitants des communes et des départements, préserver ou se donner cet atout que représentent des élus communistes est en effet plus indispensable que jamais, à l’heure où les territoires sont frappés de plein fouet par la politique de casse sociale du gouvernement que celui-ci entend décliner dans les collectivités locales.
Dernier exemple en date : le grandiose « Plan Marshall pour les banlieues », rebaptisé élégamment depuis son annonce en « plan anti-glandouille ». La ministre Fadela Amara, qui s’y connaît question banlieues et pense que faire peuple, c’est tutoyer ses interlocuteurs et leur dire des gros mots, n’a finalement fait que trois petits tours et puis s’en va à Vaulx-en-Velin. Il est sans doute apparu un peu risqué de présenter à des acteurs de terrain un plan doté de la somme faramineuse d’un milliard d’euros pour toute la France, soit moins du double de ce que la seule Ville de Paris et l’équivalent de ce que la région Île-de-France consacrent à leurs quartiers populaires ; de surcroît réservé à une centaine sur les plus de mille classés officiellement comme quartiers en difficulté. Ce plan est en fait un plan de démolition des efforts entrepris dans les territoires par les élus, les associations, les services publics, les populations en faveur de quartiers qui ne sont « difficiles » que parce que la vie y est plus difficile encore qu’ailleurs. Il est donc rendu public aujourd’hui à l’abri des murs lambrissés de l’Élysée, promu lieu de retrouvailles du Tout-Paris qui chante et qui rit où les rustres ne risqueront pas de gêner. Pour la bourgeoisie et la droite au pouvoir, les classes populaires demeurent les classes dangereuses. Ils veulent bien se pâmer devant l’exemple édifiant de tel mouton à cinq pattes qui aura intégré Henri-IV ou de tel futur capitaine d’industrie qui aura ouvert une officine de téléphonie low coast, mais que les habitants de ces quartiers populaires, tous leurs habitants aient droit aux études, à l’emploi, à la formation, à des logements confortables et de haute qualité environnementale, à des commerces et services publics de proximité, à la mobilité, à des lieux de convivialité et de vie citoyenne, à la santé, à la culture, au numérique, aux sports, à la sécurité, à la beauté, cela dépasse tout simplement leur entendement.
Or, c’est bien de cela qu’il est question avec ces élections : maintenir ou ouvrir le plus grand nombre possible d’espaces de résistance à la politique de creusement des inégalités sociales et des discriminations, d’étouffement de la démocratie menée par la droite au pouvoir, des espaces de construction avec tous les habitants de projets à leur mesure, qui fassent vivre au plan local les valeurs de justice, de solidarité, de citoyenneté écrasées par cette politique.
J’ai évoqué le bilan des élus communistes. L’expérience positive de leur action par les électrices et les électeurs va être à l’évidence une détermination majeure de leur vote. Mais c’est d’abord au projet porté par nos candidates et candidats pour leur commune, leur canton, leur département et pour celles et ceux qui y vivent qu’ils seront jugés. Tout le monde se rend compte que les problèmes ne se posent plus dans les mêmes termes qu’il y a dix ou vingt ans. Les reculs sociaux et sociétaux imprimés par la succession des politiques néolibérales ont considérablement aggravé les difficultés et les souffrances, jusqu’à rendre certaines situations explosives ; les possibilités de développement ouvertes par notre époque ont transformé les aspirations des individus et la nature des questions posées aux territoires. Faut-il que la ville reste comme elle est, ou s’étende, ou se densifie ? Faut-il que la population reste stable, ou s’accroisse, par l’apport de qui, dans la mixité sociale ou non ? Faut-il favoriser l’implantation de nouvelles entreprises, où, comment ? Dans chaque commune, chaque canton, les habitants ont besoin de savoir dans quelle perspective peut s’inscrire le devenir de la collectivité dans laquelle ils vivent. Elles, ils ont besoin de savoir s’il est possible de construire du commun, du partage, de l’entraide en permettant la « déghettoïsation », l’épanouissement personnel et la réussite de chacune et de chacun. Les défis à quoi sont confrontées aujourd’hui les collectivités territoriales, leurs populations et leurs élus sont proprement cruciaux.
Je n’entre pas dans le détail, mais je pense au défi du logement, et notamment du logement à loyer maîtrisé alors qu’il manque 600 000 logements sociaux en France.
Je pense au défi des services publics, dont le maintien et la défense font l’objet de fortes mobilisations et dont la présence de proximité est essentielle pour les habitants et pour l’attraction économique. Je pense au défi de la démocratie participative, de la mise en place d’outils d’intervention de la population, et pas seulement de sa partie la plus instruite et la plus motivée, pour répondre à l’exigence d’être informé, associé, écouté en disposant des pouvoirs qui y correspondent.
Je pense au défi de la mobilité, du développement de transports collectifs favorisant le désenclavement dans les villes et les campagnes et la promotion de solutions alternatives à la voiture.
Je pense au défi du développement durable en faveur duquel les collectivités locales ont de grandes responsabilités, qu’il s’agisse de la mise en place d’un Agenda 21, de l’eau, de la construction et de la rénovation de l’habitat selon les normes HQE, des énergies renouvelables, du tri sélectif et de la récupération des déchets, des stations d’épuration…
Je pense aux mesures sociales, économiques, participatives pour contribuer à offrir un meilleur avenir aux jeunes ; à l’action sociale, à l’intervention en faveur de l’emploi, à l’éducation, à la santé, à la culture, au sport, à la petite enfance, à la prévention de l’insécurité, à la lutte contre la désertification des campagnes…
Pour se donner les moyens de cette gestion, je pense naturellement au défi de l’étranglement des finances locales. À la nécessité d’une poursuite de l’effort d’investissement public des collectivités (qui représente actuellement 70 % de l’investissement public global) absolument indispensable au progrès social et à l’impulsion économique. Ce qui nécessite la mobilisation en faveur d’une réforme de la fiscalité et de l’obtention de contreparties financières aux transferts opérés par la loi dite sur les libertés et responsabilités locales.
Et je pense au défi de l’intercommunalité, qui concerne aujourd’hui 92 % de la population française et 97 % des communes et peut devenir un échelon important de résistance et de construction, ce qui implique que les élus communistes s’y investissent pleinement.
Dans chaque commune, chaque canton, le vote les 9 et 16 mars pour les listes sur lesquelles les communistes sont présents aux municipales, pour les candidates et candidats communistes aux cantonales va être un enjeu décisif, qui concerne la vie et l’avenir de chaque citoyenne et citoyen.
2) Notre deuxième objectif : sanctionner la politique de la droite, se donner davantage d’atouts pour lui résister et la mettre en échec Je viens d’y insister : en tant que telles, par leur objet propre, les élections municipales et cantonales ont un enjeu considérable. Et celui-ci (nous ne nous trompons pas d’élection) n’est pas de changer le chef de l’État et sa majorité parlementaire.
Il reste que cette consultation est la première depuis le début de la mise en œuvre au pas de charge des « réformes » voulues par Nicolas Sarkozy et le Medef. Comme à chaque fois que le suffrage universel a l’occasion de s’exprimer à l’échelle de la nation, son verdict aura un contenu et un impact politiques évidents. Le président de la République ne le niait pas jusqu’alors, qui promettait de mettre tout son poids dans la balance pour en faire un nouveau plébiscite en faveur de son action et de sa personne. Le ton et la tactique ont changé sous la pression des élus de droite qui considèrent désormais, non sans lucidité, que cette intervention leur serait beaucoup plus un handicap qu’un atout. Le Figaro de mardi dernier notait que « les sites Internet de Françoise de Panafieu à Paris, Dominique Perben à Lyon, Jean-Claude Gaudin à Marseille et Alain Juppé à Bordeaux ne portent pas les couleurs de l’UMP ». On ne peut pas dire que la droite monte à l’assaut de ces élections la fleur au fusil et drapeau déployé.
Tout indique en effet (qu’il s’agisse des résultats des élections partielles de ces dernières semaines et notamment de la législative de Chartres de dimanche, des indications concordantes des enquêtes d’opinion publiées ces jours-ci et tout simplement de notre expérience militante de terrain) que nous sommes entrés dans ce que plusieurs commentateurs appellent une véritable « crise de défiance » vis-à-vis du président de la République et du gouvernement.
Pourquoi ? Il est évidemment très important de savoir s’il s’agit d’un phénomène conjoncturel ou plus profond et si ses causes ressortissent de la forme ou du fond de l’action poursuivie à la tête du pays. Certains à droite veulent se rassurer en l’interprétant comme la conséquence de quelques dégâts collatéraux frappant telle ou telle corporation ou d’une sorte d’effarement que l’électorat de droite le plus âgé et le plus traditionaliste éprouverait face au style du président.
Quelques modifications à la marge de la politique conduite ou une simple correction d’image suffiraient donc à surmonter cette mauvaise passe. Il est bien vrai que la pipolarisation à quoi Nicolas Sarkozy s’est prêté durant toute la première année de son mandat heurte de plus en plus. Mais, rappelons-le, cela n’a pas toujours été vrai. Ses vacances dorées sur le yacht de Bolloré au lendemain de son élection n’avaient pas choqué plus que ça. Elles étaient conçues pour faire sens, au contraire – conçues comme le signe, et il y en eut d’autres, que ceux qui le méritaient pouvaient désormais arborer leur réussite sans complexe, et même de la façon la plus ostentatoire et la plus vulgaire si on avait le fric pour ça. Si désormais l’étalage de la vie privée et de l’entourage riche et célèbre du président ne « passe » plus, c’est qu’un nombre de plus en plus grand de nos concitoyens mesure le fossé qui existe entre, d’une part, ce contentement de soi et cette « belle vie » partagée avec les grands fortunés et, d’autre part, la réalité de leurs conditions d’existence qui, contrairement aux promesses, ne s’améliorent pas mais ne cessent de se dégrader ; le fossé qui sépare la complaisance et les grâces prodiguées à l’égard des milliardaires et des puissants et la brutalité des coups portés depuis dix mois aux salariés, aux retraités, aux jeunes.
C’est bien là, dans la déception voire la colère engendrées par la mise en œuvre de la politique de la droite qu’il faut chercher les causes de cette défiance qui est en train de se construire à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Et c’est dans l’électorat populaire qu’elle est la plus partagée : parmi celles et ceux, bien sûr, qui n’avait jamais cru en sa démagogie, mais aussi dans une partie désormais significative de salariés, de précaires, de retraités, de chômeurs qui avaient espéré comme il s’y était engagé des améliorations en matière d’emploi et de niveau de vie.
Quelques chiffres, pour attester cette réalité, tirés de la dernière enquête TNS Sofrès. Les deux priorités aux yeux des Français demeurent le pouvoir d’achat et le chômage. Ils jugent l’action du gouvernement inefficace à 70 % pour la première, à 87 % pour la seconde. 78 % des ouvriers pensent que les choses vont plus mal. 68 % des jeunes, 62 % des ouvriers, 66 % des « professions intermédiaires » ne font plus confiance à Nicolas Sarkozy.
Cette baisse est certes soudaine, et spectaculaire dans son ampleur : moins 6 %, moins 8 %, moins 13 % selon les sondages en un mois. Mais elle ne naît pas de rien. Elle cristallise en quelque sorte la montée progressive des refus, des ripostes, des mobilisations sociales et civiques que les « réformes » sarkoziennes en rafale ont provoqués au fil des mois. Retraites, emploi stable, salaires, protection sociale et santé, Université, services publics, Justice, droits des migrants… Je n’énumère pas pour le Conseil national la gravité et la diversité des attaques qui ont été menées au pas de charge. Des millions d’hommes et de femmes sont en train de se rendre compte que celles et ceux qui se sont dressés contre ces agressions avaient et ont raison (il n’est que de constater les manifestations de sympathie dont ont bénéficié les employés du commerce) parce que cette politique ne débouche aujourd’hui que sur un renforcement comme jamais des inégalités, des discriminations, de la pauvreté, de la précarité et qu’elle clame elle-même son impuissance face à la crise économique et financière qui s’engage.
Permettez-moi quelques mots à ce propos.
Cette crise financière internationale de grande ampleur a été déclenchée par l’éclatement de la bulle spéculative sur les crédits hypothécaires américains et leurs dérivés – les fameux subprimes. Mais, contrairement à ce qu’ont prétendu depuis l’été les pouvoirs publics en France et à ce qui a été réaffirmé par les ministres des Finances et les dirigeants de l’Eurogroupe, cette crise n’est pas cantonnée aux seuls États-Unis. Elle est mondiale. L’Europe et la France sont touchées de plein fouet.
La Société générale placée actuellement sur le devant de la scène par les agissements (au demeurant bien énigmatiques) d’un trader, a participé comme les autres banques françaises à la spéculation et a enregistré d’énormes pertes. Deux milliards d’euros sont reconnus par le Conseil d’administration en plus des cinq de l’« affaire Kerviel ». Et le Crédit agricole, le groupe Caisses d’épargne, le Crédit lyonnais, Natixis, Dexia, les Banques populaires s’y sont également brûlé les ailes. Au-delà, l’ensemble du secteur bancaire et financier mondial est touché de plein fouet.
Cette situation a d’ores et déjà des répercussions brutales sur les sociétés. On le voit bien sûr aux États-Unis où les expulsés de leur logement se comptent par millions. Plus largement, l’ensemble de l’activité économique et donc l’emploi et les salaires est menacé, y compris en France. Sans oublier les salariés des banques visés par les projets d’OPA, comme on le voit avec la Société générale et la BNP.
Face à la crise et aux risques d’insolvabilité qu’elle engendre, les banques hésitent à se prêter mutuellement de l’argent. Ce mécanisme du crédit interbancaire, essentiel pour la mobilisation du crédit vers l’économie réelle, est aujourd’hui grippé. Le crédit est devenu plus rare et plus cher, générant un ralentissement économique déjà à l’œuvre. La politique restrictive de la BCE rend le problème encore plus aigu. En conséquence, le FMI vient de revoir à la baisse les prévisions de croissance mondiale pour 2008. L’hypothèse d’une récession aux États-Unis est devenue une probabilité sérieuse. Les Échos du 1er février titraient ainsi : « La zone euro sera rudement affectée par la crise », les économistes situant désormais la croissance française dans de très basses eaux, à nettement moins de 1,5 %. À ce niveau, les manipulations statistiques du chômage à l’œuvre depuis plusieurs années ne suffiront pas à masquer la dégradation de la situation.
Dans un tel contexte, le grand capital et son pouvoir vont tenter d’imposer une nouvelle phase de régression et de restriction à notre peuple, dont les propositions de la Commission Attali ou la réforme du Code du travail permettent de mesurer la gravité. Puisque les réformes entreprises plongent le pays dans la crise, accélérons les réformes ! C’est, à l’opposé, par des luttes résolues pour le pouvoir d’achat, les salaires et l’emploi, pour défendre le progrès social et humain comme moteur du dynamisme économique que la France pourra desserrer l’étau de la crise financière.
De même, sortir de cette crise implique de conférer aux banques la mission d’alimenter la création d’activités utiles porteuses d’emploi et de formation. Bref, d’avancer dans la voie d’un nouveau crédit. Cela implique de réprimer l’inflation financière en organisant notamment une coopération des banques centrales et des institutions financières internationales.
Il ne s’agit pas avec la crise actuelle (de même que celles qui l’ont précédée, de la crise asiatique à la bulle Internet) de simples « dérives du capitalisme financier ». Ce sont les mécanismes les plus fondamentaux du capitalisme dans sa phase contemporaine qui sont en cause. L’argent-capital, ses exigences de taux de profit maximum, est au cœur du problème.
Cela se manifeste dans l’activité financière mais aussi dans les décisions quotidiennes des entreprises qui sont à la racine de la surexploitation, de la précarité et du chômage de masse. D’où la nécessité de nouveaux pouvoirs pour les salariés. Cela se manifeste également dans les décisions des États et de l’Union européenne dont les politiques sont au service des multinationales et des grands groupes et qui assèchent, de ce fait, les ressources nécessaires pour répondre aux besoins sociaux et aux grands défis écologique, technologique, énergétique, démographique, de santé ou de services publics.
Il ne suffit pas de « moraliser » le capitalisme financier, même si tout pas en la matière ne serait pas à négliger. Les enjeux posés par cette crise renvoient à l’exigence politique d’une alternative de dépassement du capitalisme lui-même.
Telle est la bataille de grande ampleur que nous engageons avec la campagne sur le thème : « La Bourse ou la vie ; rendons l’argent utile » face au cancer de la financiarisation et à la chape de plomb qu’il impose à toute la société. Des affiches sont d’ores et déjà publiées. Un argumentaire comportant des données chiffrées va être très prochainement à la disposition des organisations du Parti. Et il a été proposé de faire d’aujourd’hui, demain et après-demain un grand week-end national pour coller les affiches et distribuer sur les lieux publics et les entreprises, devant les grandes surfaces, à proximité de lieux symboliques.
Cette campagne est en osmose avec les interrogations et les préoccupations les plus partagées actuellement par nos concitoyens. J’ai montré qu’un fossé s’est peu à peu creusé entre les promesses de la droite et les résultats effectifs de sa politique. Sur cette question de l’argent, il s’agit d’une véritable percussion. Percussion entre le diagnostic irrémédiable du Premier ministre d’une « France en faillite » et l’annonce par la Société générale qu’elle demeure bénéficiaire malgré ses sept milliards de perte. Entre un président pleure-misère se plaignant de ne pas pouvoir « vider des caisses qui sont déjà vides » pour le pouvoir d’achat et le même qui retrouve soudainement de quoi subventionner Arcelor Mittal aux milliards de profits. Le sentiment que, décidément, ce système ne tourne pas rond et que la droite a partie liée précisément avec ce qui ne va pas du tout est train de grandir.
Nicolas Sarkozy, ses conseillers éclairés et le Premier ministre semblent s’en être rendu compte, qui déploient depuis quelques jours une activité débordante pour renouer avec le discours sur le volontarisme politique qui avait fait merveille lors de l’élection présidentielle. Mais les Ray Ban troquées contre le casque des sidérurgistes, les fortes paroles comme : « Gandrange, comme voyage de noces, y a pas mieux » ou encore : « Je crois aux usines, c’est mon truc », les concessions faites en catastrophe aux chauffeurs de taxi et la promesse d’une augmentation du minimum vieillesse, tout cela suffira-t-il à rassurer les salariés et à inverser la tendance ? On peut en douter. Nous verrons.
D’autres dossiers au cœur de l’actualité mettent aussi au premier plan les questions les plus fondamentales posées à notre peuple pour toute la période dans laquelle nous sommes entrés.
Il en est ainsi avec le déni de démocratie, le mépris affiché de la volonté de notre peuple d’être informé et consulté qui vient de marquer l’adoption par la France du traité de Lisbonne, qui n’est ni un mini-traité ni un traité simplifié mais la reprise pure et simple des politiques et des institutions libérales du traité constitutionnel que le suffrage universel a rejeté en 2005. Cette décision va aggraver la fracture démocratique et sociale béante qui sépare l’Union européenne de ses peuples, la crise profonde de l’Union elle-même. Elle pose avec acuité la question d’une refondation sociale, économique, démocratique, écologique, pacifique de l’Europe qui devrait être le point fort d’une présidence française ce second semestre qui ne soit pas une présidence sarkozienne antisociale et atlantiste.
Il en est ainsi également avec les franchises médicales, la flexicurité, la casse du Code du travail, toutes les dispositions renforçant les inégalités sociales et la précarité de la vie, la chasse aux migrants qui renvoient à ce que doivent être les finalités mêmes de l’économie et de la société modernes : pour et avec les hommes et les femmes, pour la satisfaction de leurs besoins dans le respect de notre planète, ou contre elles et eux au profit d’une minorité rapace qui a fait sienne l’adage : « Après moi le déluge » ?
Nous n’avons nullement l’intention dans ces campagnes électorales de surfer sur la baisse de popularité de Nicolas Sarkozy en attendant passivement qu’un bon résultat tombe de lui-même dans notre escarcelle. Si cette évolution n’est pas cimentée par une plus grande conscience des causes et des responsabilités politiques de la situation actuelle, elle est et sera fragile. Et, de plus, instruits par l’expérience, nous savons que la protestation ou la colère ne se traduisent jamais spontanément en vote communiste. Nos candidates et candidats aux élections municipales et cantonales mènent et vont donc mener d’ici aux 9 et 16 mars une campagne politique offensive, rassembleuse, de vérité, traitant du fond des problèmes posés, porteuse de solutions réalistes et d’espoir. Je rappelle que, pour y contribuer, le Conseil national a mis à disposition trois affiches, un argumentaire, un projet d’affiche officielle et de profession de foi et des projets de tract.
Lors de ces élections, la droite peut être sanctionnée. De meilleures conditions peuvent se créer pour repousser ses coups et obtenir des reculs de sa politique. Nous faisons et allons faire tout ce qui peut dépendre de notre engagement militant pour y parvenir.
3) Notre troisième objectif découle des deux précédents : un succès de la gauche, de notre parti qui rouvre la question de la construction d’une alternative de changement réel
Je l’ai dit en commençant, nous ne nous payons pas de mots. Nous constatons que des conditions favorables existent d’une sanction de la droite ; nous n’en tirons évidemment pas la conclusion que le résultat serait déjà là. Il s’agit d’une bataille difficile, qui se mène partout dans des conditions difficiles.
Nous savons toutes et tous, par exemple, que la présidence communiste du Conseil général de Seine-Saint-Denis se joue à un siège et que le Parti socialiste de ce département fait tout, vraiment tout, pour tenter de la conquérir. L’issue est très loin d’être acquise. Nos camarades mènent avec confiance une bataille conquérante pour démontrer combien il est décisif pour les habitants de ce département populaire de bénéficier demain, avec Hervé Bramy, d’une gestion qui continue à n’avoir d’autre boussole que leur intérêt et leur avenir.
D’autres cas de communes ou de cantons dont les maires ou les conseillers généraux sont communistes et où le résultat est incertain pourraient être cités.
Mais il est vrai aussi que le sondage réalisé au Havre qui fait apparaître que la liste conduite par Daniel Paul devancerait la liste socialiste de division au premier tour et rassemblerait davantage face à droite au second est un signe encourageant. La raison commanderait, comme nos camarades le proposent, que, connaissant cette indication, la gauche se présente unie dans cette grande ville et favorise ainsi une dynamique de victoire dans ce département de Seine-Maritime à Rouen, au Havre et à Dieppe.
Dieppe est ainsi une ville où la gauche rassemblée avec une tête de liste communiste peut espérer l’emporter. On peut citer aussi Vierzon, Romilly-sur-Seine ou Saint-Claude et d’autres communes dépassant ou approchant les 10 000 habitants situées dans les banlieues de grandes villes.
Sur les quatre-vingt-trois communes de plus de 10 000 habitants ayant un maire communiste, nos efforts pour parvenir à une liste d’union avec le Parti socialiste n’ont pas pu aboutir à ce jour dans seize d’entre elles. Je précise : « à ce jour », car il semble qu’ici ou là, on assiste à des renversements de situation dans un sens ou dans l’autre – j’y reviendrai. Quoi qu’il en soit, dans la grande majorité de ces cas, il apparaît que nos listes de rassemblement peuvent être en tête au premier tour et permettre ainsi à la gauche de battre la droite le 16 mars. Dans les autres villes où l’union est d’ores et déjà réalisée, l’expérience que font les populations d’une gestion animée par un ou une maire communiste et la qualité des projets présentés créent des situations favorables.
Par ailleurs, les indications données par les fédérations font penser qu’entre quinze et vingt-cinq cantons pourraient être gagnés sur la droite par des candidates et candidats communistes. Notre objectif est d’être présents dans 1 500 cantons, ce qui implique avec la nouvelle loi électorale 3 000 candidates et candidats, à parité. Nous n’en sommes pas encore là, alors qu’il est décisif d’y parvenir. On peut comprendre que se rencontre une hésitation à présenter des candidatures là où notre score et notre organisation sont très faibles. Mais les élections partielles indiquent que, même dans ces cas de figure, une progression est non seulement possible mais qu’elle se produit souvent. Il serait évidemment dommageable que la réalité du résultat national de notre parti lors de ces cantonales soit masquée par la totalisation d’un nombre de candidatures inférieur à ce qu’il était en 2 001.
Pour sa part, le Parti socialiste chiffre le gain qu’il escompte à une trentaine de villes et à une dizaine de départements. Ce qui aurait pour conséquence un nombre plus élevé de conseillers municipaux, d’adjoints au maire et de vice-présidents de conseil général communistes. Une fois de plus, je ne suis pas en train de tirer les enseignements des résultats de ces élections ! Rien, absolument rien n’est joué. Mais rien non plus ne doit nous conduire à ignorer qu’elles peuvent se traduire par un meilleur résultat de la gauche et de notre parti, et donc à nous mobiliser pour cet objectif. En ayons conscience que, s’il est atteint, notre apport aura été pour une large part décisif.
C’est vrai pour les élections cantonales : plusieurs départements ne basculeront à gauche que grâce au gain de nouveaux cantons par des candidats communistes.
Et c’est vrai pour les élections municipales. Du fait de l’apport de nos candidates et candidats à la campagne des listes de gauche. Et peut-être surtout du fait de l’appel que nous avons lancé il y a plusieurs mois, à l’abord de ces élections, pour travailler à l’élaboration de projets et à la constitution de listes rassemblant toute la gauche dès le premier tour.
Cet appel n’a pas été entendu partout. Dès le début, la LCR a décidé de présenter ses propres listes. Elle y parviendra probablement dans un peu plus d’une centaine de communes et a annoncé lors de son congrès qu’en aucune manière, même en cas de fusion en vue du second tour, elle ne participerait à la gestion avec le PS ou le PCF. Les Verts ont également décidé de présenter leurs listes puis, en fonction des circonstances, ont maintenu cette intention ou ont rejoint des listes de gauche, ou des listes socialistes, ou des listes communistes. J’ai évoqué les villes de plus de 10 000 habitants ayant un maire communiste où le rassemblement de la gauche n’a pas pu se réaliser. Il en existe d’autres où le contenu ambigu du projet ou la volonté du Parti socialiste de marginaliser la présence communiste conduit nos camarades à présenter une liste. Il est à noter que, dans la quasi-totalité de ces cas, il ne s’agit pas de listes communistes, mais de listes rassemblant d’autres forces politiques ou personnalités de gauche animatrices de la vie locale. Enfin, on assiste dans la toute dernière période, notamment du côté des candidatures socialistes, à des soubresauts, des éclatements, des « dissidences » qui conduisent à une concurrence entre deux, voire trois listes de cette sensibilité. Effet d’ambitions locales contradictoires ou d’une crise interne réelle de ce parti dans la perspective de choix cruciaux ? Il est souvent difficile de s’y retrouver.
Bref, nous sommes en présence de configurations diversifiées. Il conviendra bien évidemment, le moment venu, de faire le bilan de tout cela.
Il reste que, dans la très grande majorité des villes de plus de 10 000 habitants (environ 80 % de celles-ci), une liste de gauche se présente au suffrage des électrices et électeurs : une liste commune au Parti socialiste et au Parti communiste avec, selon les cas, le MRC, le Parti radical de gauche, Les Verts ou Lutte ouvrière.
Mesurons bien que cela était très loin d’être acquis d’avance. Lorsque nous avons formulé cette proposition, le climat à gauche n’était pas, c’est une litote, à la recherche de son rassemblement. J’ai cité les choix des Verts et de la LCR. Je pourrais évoquer ceux du PRG, qui est présent sur des listes de gauche tout en menant le dialogue avec le Parti radical de droite et Jean-Louis Borloo. Le Parti socialiste, lui, sortait d’une campagne présidentielle marquée par les choix droitiers de sa candidate qui, on l’a appris depuis lors, aurait choisi François Bayrou comme Premier ministre si elle avait été élue. Il a fallu beaucoup d’efforts unitaires, opiniâtres, courageux de la part de nos militantes et militants pour populariser notre proposition, redonner confiance dans l’issue du combat contre une droite qui paraissait maîtresse du jeu pour longtemps, mener ville par ville avec nos partenaires des discussions souvent difficiles qui, comme je l’ai dit, n’ont pas pu aboutir partout à ce jour.
Au total, donc, c’est notre choix d’une gauche rassemblée pour battre la droite et faire prévaloir des gestions municipales et départementales de gauche qui prévaut largement. Cela ne signifie évidemment pas que la question d’une recomposition politique à gauche, avec un Parti socialiste « recentré » à l’image de ce qui se passe en Italie et dans la plupart des pays européens laissant un espace à une extrême gauche protestataire, soit derrière nous. La tentation d’une alliance privilégiée avec le Modem persiste. C’est vrai à Roubaix, où elle existait déjà avec l’UDF d’antan. C’est vrai à Dijon avec François Rebsamen, fidèle d’entre les fidèles de Ségolène Royal, ce qui a conduit les communistes de cette ville à décider de ne pas figurer sur la liste qu’il conduit dans cette configuration. À Grenoble, des membres du Modem figurent sur la liste de gauche à laquelle les communistes participent, sur la base du programme de celle-ci.
Le Modem lui-même est en voie d’éclatement. Après le départ de la grande majorité de ses députés pour rallier la majorité sarkoziste, réélection oblige, la volonté de François Bayrou de transformer ces élections municipales en démonstration de la validité de la stratégie « ni droite, ni gauche » est en échec. Sa liste à Lyon et l’une de ses figures emblématiques, Jean-Marie Cavada, à Paris ont d’ores et déjà rejoint l’UMP. Et la plupart de ses candidats, dont la campagne est en berne, s’apprêtent si l’occasion leur est offerte à embrasser au second tour le plus offrant, ou plutôt le mieux placé, à droite ou à gauche. À devenir en somme un appendice de l’UMP comme l’est le Nouveau Centre ou un « centre gauche » allié du Parti socialiste à l’instar du PRG ou des Verts d’où proviennent plusieurs de ses candidats.
Tout cela n’a évidemment rien pour nous enchanter. Rien non plus pour nous surprendre réellement et surtout nous conduire à nous replier. Je l’ai dit, nous nous sommes battu et nous nous battons lors de ces élections municipales pour le rassemblement des forces de gauche, mais pas pour le rassemblement en soi : le rassemblement pour un projet de gauche permettant aux populations de battre la droite et sa politique et de faire face aux défis que j’ai cités. C’est le contenu de ce projet et son respect qui nous importe et c’est en fonction de lui, c’est-à-dire en fonction de l’intérêt de nos concitoyens, que nous nous déterminons. Meilleur sera le résultat des listes sur lesquelles figurent les candidates et candidats communistes au premier tour, meilleures seront les conditions pour que ce projet de gauche gagne au second et s’applique ensuite avec l’apport d’un plus grand nombre d’élus communistes. Une fois de plus (je me répète), ne tirons pas de plans sur la comète.
Mais si, comme c’est possible, ces élections sont marquées par une sanction de la droite et si, ce qui est l’hypothèse la plus probable en ce cas, cette sanction s’exprime par le vote en faveur des listes de gauche auxquelles nous participons aux municipales, en faveur des candidats de gauche dont les candidats communistes aux cantonales, une situation différente de celle qui prévaut depuis l’élection présidentielle se sera créée. Qui n’effacera nullement celle-ci et les leçons à en tirer. Mais qui aura montré que la droite n’est pas invincible et redonnera plus d’actualité à la question de l’alternative politique.
En l’état, la gauche est très loin de pouvoir y répondre. Il nous faudra beaucoup réfléchir, travailler, prendre des initiatives. C’est un des objets de notre congrès. Je n’en dis pas plus lors de cette réunion du Conseil national.
Simplement, pour conclure, quelques informations sur la mise en œuvre du mandat voté lors de l’Assemblée extraordinaire de décembre dernier. La Commission nationale d’animation des débats préparatoires au Congrès s’est réunie deux fois depuis notre dernier Conseil national avec l’objectif de lancer sans attendre le travail des ateliers. C’est chose faite. Tous se sont réunis au moins une fois. Chacun d’entre eux a dressé un premier inventaire des questionnements qu’il entendait approfondir, ainsi qu’une première liste d’auditions auxquelles il entend procéder. Chaque atelier va progressivement intensifier son travail, l’élargir, le faire circuler, avec la perspective de rédiger au plus tard à la fin avril une note d’analyse et de synthèse qui sera alors mise à la disposition de tous les communistes pour nourrir leurs débats.
La Commission nationale d’animation a également discuté de la cohérence nécessaire de tout le travail engagé. Une note globale sera discutée lors de sa prochaine réunion du 25 février qui s’appuiera sur les premiers travaux des ateliers pour chercher à préciser une « feuille de route » commune à tout le monde. Elle devrait donner une vision générale des questions traitées, des réponses politiques que nous recherchons en priorité, du calendrier des auditions. Elle soumettra de premières propositions pour la tenue des initiatives prévues en mai-juin. Celles-ci pourraient être au nombre de deux ou trois. Elles constitueraient les premiers lieux d’échanges et de mise en cohérence de nos débats à l’échelle nationale. L’objectif est d’être prêt sur le calendrier, la nature, les thèmes, la forme de ces initiatives pour le Conseil national de la fin mars. Nous aurions alors tout le deuxième trimestre pour les préparer et les réussir, en y consacrant notamment la discussion du Conseil national de la mi-mai.
Tout ce que je viens de dire, les potentiels que nous constatons ont un auteur : les militantes et les militants communistes. Pour toutes et tous, pour nous, le résultat d’avril dernier a été un choc, une dure épreuve. Mais ils ne se sont pas découragés. Ils ont fait front. Ils ont participé, parfois à contre-courant, à toutes les luttes contre la droite et le patronat. Ils ont fait beaucoup d’efforts pour créer les meilleures conditions possibles de ce premier grand rendez-vous électoral. Elles, ils vont mobiliser toute leur énergie dans les semaines qui viennent pour donner plus de force à la résistance et faire renaître l’espoir. C’est l’intérêt de notre peuple et l’intérêt de notre Parti communiste.