Mesdames, Messieurs,
90 200 demandeurs d’emploi
ont été recensés en janvier.
2,2 millions au total. Autant d’hommes et femmes
privés de travail,
suspendus aux nouvelles règles iniques de
l’indemnisation chômage,
frappés de plein fouet dans la maîtrise de leur
vie.
Aussi quand on voit la souffrance
sociale qui se cache
derrière ces chiffres, je ne peux que dire la
colère des communistes
devant l’entêtement et le dogmatisme du
gouvernement et du président.
La semaine dernière, on a eu droit à un sommet
social dont les
conclusions pour le pouvoir étaient écrites avant
même le début de la
rencontre avec les syndicats : on ne change pas une politique
qui perd !
Et depuis des semaines, le
gouvernement affiche mépris
et morgue devant les populations levées pour le pouvoir
d’achat, les
salaires, leur dignité dans les Antilles.
Aujourd’hui un accord serait
en vue en Guadeloupe. Je m’en félicite.
Jusqu’à présent le MEDEF bloque
toute sortie de crise ; cela ne nous étonne pas vu
le comportement de
cette organisation patronale qui joue plus la crise et le maintien de
ses privilèges que la promotion de l’emploi et la
relance de notre
économie, même si aujourd’hui Mme Parisot
rappelle à l’ordre, du bout des lèvres,
le MEDEF Guadeloupe. Quoi qu’il
en soit, rien ne peut justifier que l’Etat ne mette pas toute
son
autorité pour obtenir un accord portant sur
l’ensemble des départements
ultra-marins, sur tous les bas salaires en dessous de 1,4 SMIC et
mettant les bénéfices des grands groupes
à contribution.
Je ne suis pas de ceux qui jouent la
peur sur les
risques d’embrasement dans les Antilles. ces populations sont
debout.
Il faut les entendre et pour cela que le gouvernement et le patronat
satisfasse leurs revendications.
Le PCF est pleinement solidaire de
ce mouvement. Deux
délégations conduites par JL Le Moing et P
Laurent, avec des
parlementaires, se sont rendus sur place. Nos élus
multiplient les
initiatives de solidarité. Et nous sommes de toutes les
manifestations
de soutien.
Cette semaine enfin, c’est
un gouvernement sans voix
devant les conséquences brutales de sa politique sur
l’emploi : la
France s’appauvrit, notre savoir faire industriel et agricole
est en
train de s’évanouir, et le gouvernement ne
réagit pas, faute de volonté
d’affronter réellement les responsables de la
crise. Chaque jour qui
passe, le refrain du président Sarkozy :
« il faut poursuivre mes
réformes » ne permet plus de cacher
qu’il refuse obstinément de quitter
les sentiers du dogme libéral et nous place ainsi en
situation
d’incapacité de sortir de la crise. Les
mêmes causes faisant les mêmes
effets, toute l’Europe est pleinement frappée.
Nicolas Sarkozy prétend
avoir fait le choix de l’avenir
en faisant le choix d’une soi-disant relance par
l’investissement
plutôt que par la consommation.
Il va pourtant de soi
qu’on ne favorise pas
l’investissement en cherchant à sauver un
modèle économique qui vient
de faire plonger la planète dans la plus grave crise de ces
quatre-vingt dernières années. Faire des salaires
l’ennemi de la
croissance et de l’emploi, c’est faire le jeu de la
crise. C’est
s’entêter à vouloir
systématiquement privilégier la finance sur le
travail, le profit sur le salaire. C’est tout simplement
jeter de
l’huile sur le feu.
Il va tout autant de soi
qu’on ne favorise pas
l’investissement en laissant les actionnaires
détruire le savoir faire
industriel de notre pays : je pense à Caterpillar,
par exemple. Et on
voit bien que les décisions prises au plus haut niveau de
l’Etat
concernant l’automobile ne vont pas dans le sens
d’un véritable plan de
relance. Renault et PSA, bénéficiaires de fonds
publics, vont supprimer
9000 et 11000 emplois ces prochains mois et continuent de
privilégier
leurs actionnaires à la relance durable de cette
filière.
C’est pourquoi je
réitère l’exigence du PCF de
suspendre immédiatement tous les plans de suppression
d’emploi et de
convoquer dans les entreprises où ces problèmes
se posent, des tables
rondes élus-syndicats-directions d’entreprise de
mobilisation des
financements nécessaires. Ces mesures étaient
contenus dans le plan de
relance du PCF présenté par P Laurent et que nous
avons distribué dans
toute la France, et qui comprend donc de nouveaux droits aux
salariés,
la création d’un pôle financier public...
On voit bien l’urgence de
changer d’Europe. (BCE, dumping social et fiscal...)
On ne soutient pas non plus
l’investissement en
sacrifiant la recherche et l’université.
C’est pourtant le choix fait
par le gouvernement quand il persiste à supprimer 450
emplois
d’enseignants chercheurs en 2009, tout en nous
annonçant qu’il comptait
en supprimer d’autres en 2010 et 2011. C’est
pourtant le choix de
Valérie Pécresse quand elle s’obstine
à piloter la recherche selon les
modes et les humeurs du gouvernement et à organiser la
recherche dans
l’unique objectif d’y importer le modèle
d’organisation de l’entreprise.
Sur ce dossier, je constate de
premiers reculs du
gouvernement. C’est bien sûr encourageant. Et je me
félicite que le
PCF, le PS et les Verts aient décidé de lancer
une grande consultation
publique sur ce sujet.
Je soutiens évidemment la détermination des
chercheurs et des étudiants
à continuer la lutte, de la même façon
que je me félicite de la
mobilisation du mouvement social : tout indique que le 19 mars
pourrait
être déterminant pour obliger le gouvernement
à revoir sa copie sur
tous les autres revendications populaires !
Enfin, on ne soutient pas
l’investissement en
s’attaquant aux collectivités territoriales qui
font les ¾ de
l’investissement public en France.
Ce matin, Monsieur Balladur nous
conseille d’éviter
« le conservatisme et
l’inertie » ; je partage ce point
de vue. C’est
pourquoi je réfute les propositions faites par sa
commission !
Comment définir ce
qu’il nous propose sinon que
l’accélération gravissime de ce
qu’ils font depuis des années. En
effet, depuis combien de temps la droite n’a qu’une
obsession :
désengager l’Etat, donner au privé ce
qui peut être rentable et empiler
le reste dans les collectivités territoriales.
Le fameux mille feuille territorial,
c’est bien la
droite qui l’a créé. Je ne reviendrai
pas sur l’acte 2 de la
décentralisation qui vire à la caricature en
matière d’émiettement des
compétences et des responsabilités qui peuvent
être conjointes,
concurrentes, partagées...
Et maintenant cette même
droite prétend mettre de
l’ordre dans tout cela. Il s’agit en fait de placer
sous ses ordres
toute la vie locale en leur intimant leurs rôles et leurs
fonctions,
voire en les abaissant, en créant de nouvelles instances et
de nouveaux
modes de scrutin qui au minimum ne feront pas avancer la
démocratie et
la proximité des citoyens envers les lieux de pouvoir.
Depuis deux ans, Nicolas Sarkozy a
organisé la mise aux
pas des médias. Il a réduit les droits et des
libertés publiques tout
en augmentant ses propres pouvoirs. Il décide seul des
nominations des
grands patrons des entreprises publiques et maintenant
privées. Et
Edouard Balladur veut désormais lui offrir sur un plateau le
contrôle
des collectivités locales.
En supprimant la
compétence générale des
départements,
des régions et des communes membres de
« métropoles »,
l’Etat sera en
effet seul à disposer du pouvoir de dire qui a le droit de
faire quoi
dans chaque collectivité locale. Et c’est bien aux
citoyens et
citoyennes que ce droit sera retiré puisque leurs
élus n’auront plus le
pouvoir de répondre à leurs besoins et
à leurs attentes. C’est toute la
démocratie locale qui s’en trouvera
annihilée.
Ce retour de l’Etat contre
la démocratie locale, c’est
évidemment le projet du grand Paris. Si ce projet
était vraiment une
ambition pour le développement économique,
social, démocratique et
culturel de la région, on pourrait s’en
féliciter. Et si tel était
l’objectif, tous les élus concernés
seraient de cette démarche. C’est
d’ailleurs à quoi ils travaillent dans le syndicat
Paris-métropole. Ce
que l’on entend donne malheureusement plus
l’impression d’une recherche
de gestion directe de la région par
l’Elysée.
Toujours dans
l’état d’esprit qui est le
nôtre,
favoriser le développement de nos territoires dans la
démocratie
locale, j’affirme avec mon ami Christian Favier le
rôle des
départements, complémentaire des communes et des
régions pour répondre
aux besoins des populations.
Un mot sur la fusion des régions ! Une seule
réponse, consultation et
référendum.
Plus largement tous les
élus savent que leur action
peut dépasser les limites de leur territoire. Mais ce
travail en
coopération ne peut se faire que dans la concertation et la
construction commune.
Lorsque j’ai
été auditionnée par la commission
Balladur, j’ai fait des propositions pour aller dans ce sens.
Et
l’ANECR en a fait également.
En voici quelques unes qui me paraissent essentielles :
maintenir
les communes, les départements et les régions
comme collectivités
locales de plein exercice disposant d’une
compétence générale.
faire
gagner en efficacité le travail en commun de toutes ces
collectivités
en définissant un véritable contenu à
la notion de collectivité chef de
file ou chef de projet.
donner
à toutes les collectivités les moyens financiers
de répondre aux
besoins de leur population en favorisant la
péréquation financière
entre les territoires (que le produit de la TP du 9 et du 75 soutienne
le développement du reste de l’Ile de France). En
réformant la TP
plutôt qu’en la supprimant, par exemple en taxant
les actifs financiers
des entreprises à hauteur de 0,8%, comme nous le proposons,
ce qui
rapporterait 25 milliards d’euros.
approfondir la
démocratie locale en allant vers un véritable
statut de l’élu et en approfondissant la
démocratie participative.
C’est tout cela, lutter
contre le conservatisme et l’inertie. Pas le retour en
arrière que nous propose M Balladur.
Marie
George Buffet
Secrétaire
nationale du PCF
Introduction à la
conférence de presse du PCF du vendredi 27
février 2009
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