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Déclaration du Comité exécutif national

Le premier tour des élections municipales est marqué par un progrès de la gauche. Rassemblées, les forces de gauche confortent leurs positions dans les grandes villes, à Paris, Lyon, Lille, Nantes. Elles gagnent Rouen dès le premier tour et devancent des maires sortants de droite à Strasbourg ou Amiens.

Dans ce mouvement d’ensemble, les candidates et candidats communistes réalisent de bons résultats. Dans les communes où le maire communiste conduisait une équipe de la gauche rassemblée, ces listes sont réélues dans de nombreux cas dès le premier tour avec une avance accrue et, dans la quasi-totalité de ces communes où aura lieu un second tour, celui-ci s’annonce favorable.

Dans un nombre non négligeable de communes, environ 20 % d’entre elles, les efforts déployés par le PCF pour parvenir à rassembler la gauche dès le premier tour n’avaient pas pu aboutir et des « primaires » avaient été décidées par des candidats socialistes. Dans la grande majorité de ces cas, les électrices et les électeurs ont placé les listes conduites par un communiste en tête pour rassembler toute la gauche afin que le second tour assure la réélection d’un maire communiste ou qu’il permette de gagner de nouvelles villes.

Ainsi, il n’y a pas actuellement de maire communiste de ville de plus de 100 000 habitants. Un communiste conduira la gauche au second tour au Havre et à Nîmes.

Vingt-huit villes de plus de 30 000 habitants ont un maire communiste. Seize sont réélus et Dieppe est gagné dès le premier tour. Dans toutes les autres communes « sortantes », un communiste représente la gauche au second tour pour l’emporter et il est possible de battre la droite à Corbeil-Essonnes, Sète, Villeneuve-Saint-Georges et Villepinte.

Des maires communistes géraient cinquante-huit villes de plus de 9000 habitants. Trente-six sont élus dès le premier tour. Saint-Claude et Vierzon sont gagnés dès le premier tour à quoi peuvent s’ajouter au second Aubière, Firminy, Portes-lès-Valence,  Romilly-sur-Seine et Roissy-en-Brie.

Les élections cantonales confirment ce mouvement. La poussée de la gauche se traduit par un gain déjà acquis ou probable de plusieurs départements sur la droite. En Seine-Saint-Denis, le Parti socialiste est en tête de la gauche dans deux cantons dont le sortant est présenté par le PCF.

La progression des candidates et des candidats présentés ou soutenus par le Parti communiste lors de ce premier tour des élections cantonales est dans de nombreux cas notoire. Il semble que, au plan national, leur résultat permette d’avoisiner celui de 2001 qui était de 9,7 %, un résultat qui doit évidemment être apprécié en ayant à l’esprit les scrutins qui se sont succédé depuis sept ans.

Au total, ces élections devraient permettre de se traduire par un nombre plus élevé de maires, d’adjoints au maire et de vices-présidents de conseil général communistes. Le PCF, en progrès, devrait demeurer la troisième force politique du pays en nombre de femmes et d’homme élus.

La droite de l’UMP et de ses satellites est en recul sur 2001 et surtout, évidemment, sur les élections de 2007. Des estimations la placent au niveau national à environ 40 % des suffrages exprimés. Les résultats modestes du Modem ne lui permettent pas de jouer le rôle que lui promettait François Bayrou, lui-même distancé à Pau par la gauche rassemblée et parti en guerre contre les « socialo-communistes ».

Les leçons de ce premier tour doivent être examinées avec d’autant plus de soin que ce scrutin est marqué par une participation de 70 %, en progrès de 3 points sur les précédentes élections municipales et cantonales. L’abstention dans les milieux populaires demeure clairement un problème, mais il apparaît que, dans un grand nombre d’endroits, cet électorat populaire, ouvrier, précaire s’est davantage mobilisé et a concouru pour une part significative au bon résultat communiste. C’est évidemment une donnée qui doit retenir l’attention.

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Ces élections (le niveau de participation comme les bons résultats de la gauche et des communistes) font mesurer l’importance que nos concitoyens accordent aux enjeux territoriaux et leur attachement à des élus de terrain, rassembleurs, ouverts à leurs préoccupations, sur qui ils peuvent compter en toute circonstance. Leur vote donne plus de poids à leur volonté, qui va ainsi s’exprimer avec davantage d’efficacité au second tour, de gestions des communes et des départements favorisant la réussite de chacune et de chacun et la réponse aux besoins sociaux de plus en plus criants, une démocratie locale moderne permettant de partager les pouvoirs, un véritable dynamisme en faveur de l’emploi, des services publics, du développement durable.

Le vote de ce premier tour affirme le besoin de maintenir ou de créer des espaces de justice, de citoyenneté, d’efficacité sociale, économique, écologique qui soient du même coup des espaces de résistance à la politique mise en œuvre par la droite sous l’impulsion du président de la République. Personne ne peut nier que ce vote a la signification politique forte d’une sanction de cette politique violemment antisociale, frontalement antidémocratique de la droite au pouvoir. Que le vote populaire y prenne toute sa part renforce encore la portée de ce message, qui doit s’affirmer au second tour. Le gouvernement ne pourra pas l’ignorer. Celles et ceux qui ont tant besoin de résister à cette politique seront plus forts pour y parvenir.

Les premiers enseignements de ce premier tour, c’est aussi l’efficacité des efforts que les communistes ont déployés pour rassembler toutes les forces de gauche, toutes les forces de progrès dans ce combat pour conduire des gestions de gauche, qui ne se compromettent pas avec la politique de la droite et avec les partisans de cette politique. Ce second tour va partout être un affrontement de la droite contre la gauche et le premier tour, marqué par la progression de la gauche dans son ensemble et du Parti communiste, la part prise par l’électorat populaire dans ce résultat, a donné à cette confrontation un fort contenu : politique d’une droite « décomplexée » face à une politique de gauche répondant aux exigences populaires. La gauche aurait tout à gagner dans une telle situation à entendre ce message de clarté, de combativité et d’espoir qui vient de lui être adressé.

Le Parti communiste, ses candidates et candidats, ses militantes et militants déploient maintenant toutes leurs forces pour contribuer à rassembler le plus largement toute la gauche dans sa diversité en vue du deuxième tour. C’est par ce rassemblement que le vote du dimanche 16 mars va se traduire par une défaite nette de la droite au pouvoir, une victoire de toutes les forces de progrès porteuse d’améliorations tangibles au service de notre peuple, qui prépare l’avenir. 

Paris, le 10 mars 2008.