Face à la crise, Sarkozy allonge le chômage partielEmploi
. Hier, à Valenciennes le chef de l’État a annoncé son intention
d’augmenter le volume d’heures chômées jusqu’à 1 000 par an. Le contrat
de transition professionnelle étendu à 18 sites.
Nicolas Sarkozy a choisi le Nord, où tant de salariés sont frappés par des mesures de chômage partiel, pour annoncer son intention de relever le nombre possible d’inactifs contraints. Concrètement, les entreprises seraient autorisées à imposer jusqu’à 800, voire mille heures chômées contre 600 actuellement. Ce qui revient à six semaines contre quatre actuellement. Le président de la République demande aux partenaires sociaux d’augmenter le taux de prise en charge des rémunérations perdues, aujourd’hui de 50 %, au niveau du SMIC. « L’activité partielle, c’est préférable au chômage total », s’est justifié le chef de l’État. Lui qui devait aller chercher la croissance avec les dents en est réduit aujourd’hui à allonger la durée de chômage partiel, première conséquence de la crise économique que le libéralisme a engendrée. À Valenciennes où il a passé quelques heures, Nicolas Sarkozy n’aura rien vu ni entendu des quelque 200 manifestants venus, à l’appel de la CGT, de la JC et de l’UNEF, l’attendre, hier matin, non loin de l’hôtel de ville. Près de 400 CRS balisaient les lieux. « Ceux qui ont touché des dividendes doivent maintenant maintenir nos salaires », lâche, au milieu des manifestants, Jean-Pierre Delannoy, responsable CGT des activités industrielles dans le Nord-Pas-de-Calais. Les mises au « chômage technique » se succèdent. les actionnaires sont toujours bien servis L’industrie automobile, les équipementiers, l’activité sidérurgique, tous sont touchés par la crise. Situation qui exacerbe au passage l’opportunisme patronal : « On constate une baisse des ventes automobiles de 4 à 6 % et ils en profitent pour réduire la production de 25 à 30 % », relève le syndicaliste. La crise permettrait ainsi de spéculer sur l’offre du secteur automobile, à l’instar, il y a quelque mois, des opérations de marché menées sur les produits pétroliers. « 18 millions versés aux actionnaires et les dirigeants ont augmenté leur salaire de 50 % pendant qu’on nous compte en congés et en RTT notre mise au chômage forcée », rapporte Cyril Sumera, salarié chez LME, usine sidérurgique qui a mis au chômage ses employés depuis le 17 novembre dernier. Le motif officiel du déplacement du chef de l’État dans le bassin valenciennois consistait à faire la promotion du contrat de transition professionnelle, lancé en 2006 par Jean-Louis Borloo alors ministre de l’Emploi du gouvernement Villepin. un nouvel ultimatum posé aux syndicats Le dispositif, limité à un an, permet en théorie d’offrir un accompagnement pour le retour à l’emploi contre une rémunération correspondant à 80 % du salaire brut. Il est normalement réservé aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés. Le chef de l’État a annoncé qu’il étendrait le dispositif (actuellement en vigueur sur 7 bassins d’emploi) à 18 nouveaux sites, dont Sandouville et le bassin de Niort. Le président a par ailleurs posé un nouvel ultimatum aux syndicats sur le calendrier de la réforme de la formation professionnelle. « À partir du 1er janvier, soit vous vous êtes mis d’accord, soit on reprend le manche », a-t-il prévenu. En attendant « un plan de relance massif », notamment pour le secteur automobile et le bâtiment que Nicolas Sarkozy a promis de dévoiler sous « dix jours ». |