Pcfhendaye

La CGT dit non à Dominique Bussereau

SNCF . Le syndicat rejette le projet de réforme du système ferroviaire défendu par le secrétaire d’État aux Transports.

La CGT cheminots s’oppose au projet de réforme du système ferroviaire proposé par le secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau. Dans un communiqué de presse, la fédération des cheminots rejette les mesures rendues publiques en fin de semaine dernière par le ministre. Dans un entretien accordé jeudi dernier aux Échos, ce dernier avait annoncé la mise en place à la SNCF d’une direction de l’exploitation « séparée » de celle de l’entreprise publique. « L’État s’assurera que le directeur de cette structure soit nommé de manière indépendante », avait-il précisé, ajoutant que cette entité disposerait de son propre budget

et se verrait affecter les 14 400 agents qui assurent aujourd’hui cette tâche.

une remise en cause du service public

Cette « autonomisation » de la gestion de l’exploitation vise, selon son promoteur, à améliorer le fonctionnement de la concurrence au sein du transport ferroviaire, les nouveaux opérateurs ferroviaires accusant à peine à mots couverts la SNCF de profiter de son statut de gestionnaire délégué du réseau pour leur mettre des bâtons dans les roues. La CGT rappelle qu’elle « s’oppose à toute structure qui s’apparenterait ou amènerait à une filialisation des services » de l’entreprise publique. Le syndicat estime en effet que la séparation des fonctions de gestion et d’exploitation de l’infrastructure ne peut conduire qu’à une remise en cause du service public. Le gestionnaire étant tenté alors d’attribuer les sillons au plus offrant et non en fonction des besoins en transports de la collectivité et des populations. En outre, la CGT précise que le respect des obligations européennes en matière de libéralisation ferroviaire n’oblige pas à cette séparation.

la concurrence n’est pas la solution

La fédération des cheminots condamne aussi la décision du secrétaire d’État aux Transports d’attribuer une part substantielle des travaux de régénération à d’autres mandataires que la SNCF, sous prétexte que celle-ci ne serait pas en mesure d’absorber le doublement du rythme de renouvellement du réseau. La CGT attribue les difficultés de l’entreprise publique à maintenir ou à régénérer l’infrastructure au désengagement de l’État. Elle rappelle que depuis 1997 les effectifs des équipes dédiées à ces tâches ont diminué de 20 % et celui de l’ingénierie de 10 %.

Le syndicat majoritaire dénonce enfin la volonté du gouvernement d’autoriser « l’expérimentation » de la concurrence dans le transport régional. La fédération juge dans les pays où elle a été mise en oeuvre que « la concurrence n’a pas démontré son efficacité » et que le bilan positif de la régionalisation est à mettre à l’actif d’un « triptyque gagnant » composé de l’État, les régions en tant qu’autorités organisatrices des transports et la SNCF en tant qu’opérateur unique.