Le Parti socialiste du Venezuela consolide son assiseCaracas . À l’issue des élections régionales, la formation du
président Chavez remporte la majorité des États, mais cède du terrain dans le
District-capitale. L’abstention est en très net recul.
Créé il y a tout juste deux ans, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) se frottait pour la première fois, dimanche, au verdict des urnes. À l’issue des élections, où plus de 16 millions d’électeurs étaient appelés à élire les 22 gouverneurs, les 233 présidents de conseils régionaux et 328 équipes municipales, la formation du président Hugo Chavez est arrivée très largement en tête, avec plus de 5,6 millions de suffrages. Selon un décompte quasi définitif, la présidente du Conseil national électoral, Tibisay Lucena, a annoncé que le PSUV l’avait emporté dans dix-sept États, sur les vingt-deux en lice, contre six pour l’opposition. « Une première épreuve du feu » réussie, selon l’expression du chef de l’État. des états emblématiques Au lendemain de ces élections, le camp présidentiel se maintient dans l’État de Barinas, extrêmement médiatisé en raison de la candidature au poste de gouverneur du frère du président, Adan Chavez. Il récupère les emblématiques États d’Aragua, Guarico (où l’ex-ministre de l’Information William Lara écrase la fille du gouverneur sortant, passé à l’opposition) et Sucre, où la polarisation politique a été des plus aiguës après que ces régions se furent rangées du côté de la « dissidence », voire de l’opposition. Le PSUV cède néanmoins du terrain dans l’État Miranda et le district fédéral (la région de la capitale), qui basculent dans le camp adverse. Ces défaites sont d’autant plus importantes que ces régions peuplées et populaires, avec notamment le grand barrio (bidonville) de Petare, étaient jusqu’alors considérées comme des bastions sociaux et électoraux du chavisme. À contre-courant de ce mouvement, la commune du Libertador de Caracas, elle, reste ancrée à gauche, le très médiatisé Ivan Stalin Gonzalez, leader de manifestations estudiantines anti-Chavez, ayant trébuché face à l’ex-vice-président, Jorge Rodriguez. On notera que l’opposition conserve assez aisément l’État du Zulia, une région très convoitée en raison de ses importantes réserves pétrolifères. Elle devance également le PSUV, mais dans un mouchoir de poche, dans les régions de Tachira et Carabobo, fleuron industriel (raffinerie de pétrole, pétrochimie). Si les places fortes économiques ont penché en faveur de l’opposition, dans le riche État pétrolier d’Anzoatégui, le socialiste Tarek William Saab est très largement réélu, avec 55,06 % des suffrages, contre 40,5 % pour Gustavo Marcano. Indépendamment des résultats des uns et des autres, on relèvera l’excellente mobilisation des électeurs. Traditionnellement boudées par les Vénézuéliens, ces élections locales ont connu une participation sans précédent de 65,45 %. En raison de l’affluence, l’heure de fermeture des bureaux a parfois été retardée de cinq heures dans certains États afin que les électeurs, qui faisaient encore la queue à l’extérieur puissent glisser leur bulletin dans l’urne, comme l’autorise le Code électoral. gain en voix pour le parti de chavez Au terme de ces scrutins, la nouvelle carte électorale confirme l’assise du chavisme, dix ans après la première élection du président. Même si l’opposition fait main basse sur des territoires stratégiques, la majorité du pays est submergée par une vague rouge. Outre le fait que les candidats du PSUV ont, en général, largement devancé leurs opposants, le parti présidentiel regagne en voix par rapport au référendum de modification de la Constitution de décembre 2007. « Le chemin de la construction du socialisme bolivarien (au Venezuela a été ratifié », a déclaré Hugo Chavez à l’annonce des résultats. « Aujourd’hui, nous nous chargerons de l’approfondir et de l’étendre », a-t-il ajouté, en invitant à une autocritique dans ses rangs. Un travail à même d’analyser lucidement les raisons internes de l’érosion électorale, notamment dans la capitale. |