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Le « plan de relance » auquel personne ne croit

Crise . Le Conseil des ministres a entériné le projet Sarkozy. Rien pour les salaires. « On aura des résultats qui ne seront pas bons », dit Christine Lagarde.

Annoncé au lendemain des prévisions de conjoncture de l’INSEE faisant état d’une récession début 2009 et son corollaire de destructions massives d’emplois, le plan dit de relance entériné hier par le Conseil des ministres paraît plus que dérisoire. Traduction des orientations annoncées au début du mois par le président Sarkozy, ce plan ne comporte aucun volet permettant une hausse du pouvoir d’achat, qui est pourtant l’unique levier de remise en route de la croissance par la consommation. Le chiffre avancé de 26 milliards ne correspond pas à la réalité du plan, qui ne se traduira en réalité que par quelque 5 milliards de créditts supplémentaires, le reste étant constitué de versements anticipés et en projets avancés par rapport à leur programmation.

la ministre sans grands espoirs

L’absence de tout geste en faveur du pouvoir d’achat est confirmé par la ministre de l’Économie Christine Lagarde. Le plan, détaille-t-elle, s’articule en trois axes : « le soutien aux établissements bancaires », « le soutien aux PME » et « le grand plan de relance pour réamorcer la pompe de l’investissement en particulier ». Mais la ministre elle-même ne nourrit guère de grands espoirs dans la capacité de ce programme pour endiguer la dégradation de

la situation économique, Mme Lagarde a indiqué que, « s’il faut faire plus, il faudra faire plus ». Bercy maintient ses prévisions d’une croissance comprise entre 0,2 % et 0,5 % en 2009, en partie grâce aux effets attendus du plan de relance français, estimés à 1 % du PIB.

Parmi les mesures censées s’appliquer rapidement, Patrick Devedjian, récemment élevé au grade de « ministre de la Relance », a cité celles concernant la trésorerie des entreprises. L’ancien secrétaire général de l’UMP escompte que le plan générera la création de 150 000 emplois. Pour sa part, l’lNSEE prévoit une perte de 220 000 emplois en France au premier semestre 2009. Après une maigre progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,1 % au troisième trimestre 2008, l’INSEE évoque un effondrement de 0,8 % au dernier trimestre, suivi d’un nouveau recul de 0,4 % au premier trimestre 2009. « On sait très bien qu’on est dans une période économique pendant laquelle on aura des résultats qui ne seront pas bons, c’est bien pour cette raison-là que nous mettons en place ce plan », a poursuivi la ministre. Ces textes, parmi lesquels un projet de loi de finances rectificative pour 2009 qui inclut tous les éléments budgétaires contenus dans le plan, seront soumis dès le 5 janvier à l’Assemblée nationale.

pas à la hauteur

de la crise

Michel Sapin, secrétaire national du PS à l’économie, a jugé vendredi que « le plan Sarkozy n’est pas à la hauteur de la crise qui frappe la France », prédisant que la récession sera « largement supérieure à 1 % de baisse de croissance ». L’ancien ministre de l’Économie a aussi contesté le chiffre de 150 000 emplois créés en 2009, évoqué par le ministre chargé de la Relance Patrick Devedjian, alors qu’« au même moment l’INSEE annonce la destruction pour le premier semestre de l’année 2009 de 220 000 emplois ».