Pourquoi ?...
Pourquoi
y a t-il plus 3 millions de chômeur en France quand la
constitution française garantie à chacun le droit au
travail ?
Pourquoi des entreprises sont délocalisées alors qu’elles font du profit ?
Pourquoi,
face au SIDA, le continent africain est-il laissé à l’abandon quand il
existe maintenant des thérapies capables de freiner la pandémie ?
Pourquoi,
encore aujourd’hui, chaque année des enfants meurent par
millions faute d’alimentation, d’eau potable, de
logement ?
Et
pourquoi les trois plus grandes fortunes mondiales représentent le
Produit National Brut (PNB) des 48 états les plus pauvres du monde ?
...
Ces fléaux, la faim, l’absence d’éducation, de
logement, d’accès à l’eau potable, au travail ne sont pas les fruits
d’une punition « divine » ou les conséquences d’une mauvaise gestion,
ou encore d’une prétendue surdité du monde politique. Ils ne sont pas
non plus des étapes nécessaires, obligées, dans l’évolution de
l’humanité. L’avancée des sciences et des techniques comme l’accès aux
ressources de notre planète permettent de subvenir aux besoins de
l’ensemble de la population mondiale.
Ces catastrophes sociales et sanitaires que la très
grande majorité des habitants de notre planète vivent cruellement et
quotidiennement sont, pour l’essentiel (1),
la conséquence de choix politiques marqués par des logiques
d’exploitations et de domination : celle du système capitaliste. C’est
la critique de ce système et de son fonctionnement en permanente
transformation qui permet d’en prendre conscience pour agir sur son
dépassement
C’est l’objet de ce deuxième exposé.
1) D’où est issu le capitalisme et en quoi il a été une réponse aux évolutions des forces productives
[Définition (source Le Petit Larousse 2001) : n.m.
Système économique et social fondé sur la
propriété privé des moyens de production et
d’échange. (Le capitalisme
se caractérise par la recherche du profit, l’initiative
individuelle, la concurrence entre les entreprises.) - Spécial.
Régime économique, politique et social qui selon la
théorie marxiste, est régi par la recherche de la plus-value grâce à
l’exploitation des travailleurs par ceux qui possèdent les moyens de
production et d’échange.]
Origines.
S’il a existé des embryons d’économies
capitalistes dès l’antiquité, notamment sous la
forme de petites manufactures, le capitalisme en tant que système économique caractérise véritablement notre époque.
Le Moyen-âge est marqué par un système économique, le féodalisme. La
classe sociale dominante, la noblesse, tire son pouvoir de la propriété
de la terre et du contrôle de la paysannerie. La bourgeoisie s’y
développe dans les villes, à partir de l’artisanat et du commerce. La
mécanisation, la production en série et l’utilisation de l’énergie
produite par la vapeur provoquent, au XVIIIè, une révolution
industrielle. La grande industrie supplante progressivement la
manufacture, avec la généralisation à l’ensemble de la planète du
capitalisme.
[Extrait du Manifeste du Parti Communiste de K. Marx et F. Engels (1848) sur le passage du féodalisme au capitalisme :
« Les
moyens de production et d’échange, sur la base desquels s’est édifiée
la bourgeoisie, furent créés à l’intérieur de la société féodale. A un
certain degré du développement de ces moyens de production et
d’échange, les conditions dans lesquelles la société féodale produisait
et échangeait, l’organisation féodale de l’agriculture et de la
manufacture, en un mot le régime féodal de propriété, cessèrent de
correspondre aux forces productives en plein développement. Ils
entravaient la production au lieu de la faire progresser. Ils se
transformèrent en autant de chaînes. Il fallait les briser. Et on les
brisa.
A sa place s’éleva la libre concurrence, avec une constitution sociale
et politique appropriée, avec la suprématie économique et politique de
la classe bourgeoise. »]
Le capitalisme a été une réponse aux évolutions des forces productives (2)
. Il ne s’est pas imposé du jour au lendemain, en faisant table rase du
féodalisme : en effet, des aspects du mode de production féodal et même
esclavagiste perdurent au XIXe et même au XXè siècle. Aujourd’hui, le capitalisme est dominant.
L’essence du capitalisme et de son fonctionnement
Une première observation avant toute chose. Pour
observer et comprendre le fonctionnement d’un système économique et a
fortiori du capitalisme, n’oublions jamais que ce n’est pas l’échange,
le marché, le troc ou encore la loi de « l’offre et de la demande » qui
est en cause dans le sujet. Ce sont les dominations, l’exploitation par
la bourgeoisie : la classe des capitalistes, qui sont le cœur du sujet.
Aussi, quand on parle de capitalisme, il faut comprendre exploitation
par la classe capitaliste.
Le salariat
Au cœur de l’exploitation capitaliste figure la contradiction capital/travail.
L’immense majorité des salariés ne possèdent que leur force de travail
(qu’elle soit intellectuelle ou manuelle). Pour vivre et élever leur
famille, ils sont contraints de vendre leur force de travail. Ils la
vendent librement (au contraire du servage et de l’esclavage).
Le temps de travail nécessaire à la production d’une marchandise détermine sa valeur.
La plus value consiste dans la différence entre la valeur d’une
marchandise (c’est à dire, le temps de travail socialement nécessaire à
sa production, qui se concrétise par la vente) et la valeur de la force
de travail (temps de travail socialement nécessaire à la reproduction
de la force de travail, qui se concrétise par le salaire direct et
indirect).
La force de travail est une marchandise particulière qui produit plus
qu’elle ne coûte. C’est la source de l’accroissement de la richesse.
L’exploitation de la force de travail est au cœur de la richesse et du pouvoir des capitalistes.
La plus-value, le taux de profit ne sont pas
intangibles. Ce dernier a même tendance à diminuer. Aussi, pour
continuer d’asseoir leur domination et augmenter leur marge, les
capitalistes entrent en concurrence, ont besoin de concentrer leur
production et de développer leurs capacités de financement (leur
capital) pour se développer. Un mémento(simplifié) sur la marchandise,
la plus value, la baisse tendancielle du taux de profit,... sera
disponible en complément de cet exposé.
Le travail salarié devenant plus parcellisé - les modes
de production déterminant les rapports sociaux - les travailleurs,
réduits à la seule vente de leur force de travail, voient la maîtrise
d’ensemble leur échapper.
Cette exploitation engendre la naissance du prolétariat au cœur du processus révolutionnaire.
[Le cycle conjoncturel de la production
(Extrait de Découvrir l’économie par Jacques Gouverneur, Editions Sociales/Contradictions, 1998)
Si les crises dépendent du contexte socio-économique,
on retrouve des grand traits commun dans le cycle de la production
avant la seconde guerre mondiale. Celui-ci tient en quatre phases.
L’expansion : La production augmentant,
l’emploi et les salaires augmente aussi et donc une demande se
développe. Celle-ci stimule à son tout une hausse des prix, des
profits, des investissement de la production, et ainsi de suite
La crise : La concurrence pousse chaque
entreprise individuelle à augmenter sa capacité et son niveau de
production, sans que l’augmentation total de la production soit
planifié en fonction des débouchés possibles. Il en résulte que tôt ou
tard, l’offre dépasse la demande : c’est la crise de surproduction.
L’excès d’offre se traduit par l’accroissement de stock invendus et de
capacité de production inutilisées.
La récession : L’excès d’offre provoque
une baisse des prix effectifs et une réduction des taux de profits. Les
entreprises les plus fragiles sont réduites à la faillite ; les autres
restreignent leur production et procède à des rationalisations.
Conséquence le chômage s’étend, le pouvoir d’achat se rétrécit. Ce qui
entraîne une réduction de la demande, et ainsi de suite.
La reprise : Au bout d’un certain temps,
le processus de récession fait place à une reprise. Les faillites
augmentent la clientèle potentielle des entreprises survivantes et la
baisse des prix stimule une reprise de la demande. Les entreprises
survivantes écoulent leur stocks, les prix remontent de même que les
taux de profits.]
2) Le capitalisme et les mutations de la société
[Extrait du Manifeste de 1848 :
La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner
constamment les instruments de production, ce qui veut dire les
rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux.
Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au
contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la
condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la
production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette
agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque
bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés
et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées
antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent
vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et
permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et
les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence
et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. Poussée par le
besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe
entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir
partout des relations.]
La bourgeoisie s’est emparée partout, où cela était
possible, du pouvoir d’Etat et a imposé une législation qui lui était
favorable. Elle a également mené des guerres coloniales qui ont assuré
au continent européen une domination politique et économique sur les
autres. C’est ainsi que sont intervenus une internationalisation et un
essor sans précédent des échanges, rendus possibles par un système
monétaire fondé sur l’étalon-or.
Le rôle de l’Etat.
La classe capitaliste utilise l’Etat comme son instrument politique
privilégié, pour maintenir sa domination économique, sociale et
culturelle sur les autres classes. Mais, on peut aussi définir l’Etat,
comme la forme sociale la plus élaborée permettant la régulation de
l’économie capitaliste (cf. le capitalisme monopoliste d’Etat). C’est
pourquoi, on peut dire que « la crise de l’Etat » est une conséquence
directe de la crise des capacités de régulation économique du
capitalisme, due au développement de la contradiction entre la
socialisation croissante du procès de travail et les exigences
d’accumulation du capital. Les luttes sociales ont imposé que l’Etat
joue en partie ce rôle régulateur et de compensateur de
l’exploitation : se débarrasser de ces garanties est un des enjeux de
la mondialisation pour le capitalisme.
[Le capitalisme monopoliste d’Etat (CME)
Il désigne une phase du capitalisme après la seconde
guerre jusqu’aux années soixante-dix où un renforcement du rôle de
l’Etat est rendu nécessaire pour contrecarrer la baisse du taux de
profit. Cette intervention croissante de l’Etat se caractérise par le
financement public de la production monopoliste (subventions,
bonifications d’intérêts, avantages fiscaux), par l’assurance de
débouchés stables (armement, secteur publics), par la prise en charge
des secteurs économiques les moins rentables et de l’infrastructure
nécessaire à la production.]
Les évolutions actuelles du capitalisme vont également
de pair avec des évolutions dans la nature du travail et dans le
rapport au travail au sein de la société. La nouvelle division du
travail entraîne encore la nécessité d’échanges, coopérations qui
pourraient être le lieu de solidarités mais où les intérêts
capitalistes sèment la division par la mise en concurrence. Le travail
est souvent vécu comme une aliénation en soi alors qu’il y a un enjeu à
le libérer des contraintes de l’exploitation capitaliste pour que les
individus puissent se développer et créer de nouvelles potentialités
dans leur activité productive. Cette contradiction est un défi majeur
auquel est confrontée le système capitaliste.
Retour sur un certain nombre de ces défis
en montrant comment les forces capitalistes les ont intégrés à leur
profit, en ouvrant de nouveaux territoires, de nouveaux marchés dans
une recherche constante de rentabilité maximale.
Révolution monétaire.
La crise de 1929, déclenchée par le krach boursier du jeudi noir de
Wall Street, a montré la fragilité du système capitaliste en donnant
raison de façon posthume à Marx sur son analyse des crises cycliques du
système capitaliste. Le système a explosé quand l’économie américaine a
abusé du crédit pour financer une spéculation débridée. En effet, les
banques américaines ont consenti des prêts à des institutions ou à des
particuliers, sans rapport avec la quantité de richesses réellement
produite. Les actifs ainsi achetés perdaient donc régulièrement de la
valeur. Pour éviter la panique, les banques ont continué ce jeu
dangereux, jusqu’à ce que les banques ne puissent plus fournir. Elles
ont alors tenté de récupérer leurs créances. En vain ! Elles ont cessé
toute opération financière en direction du système productif.
L’économie américaine s’est brusquement contractée et a entraîné
l’économie mondiale dans une crise à laquelle, seule la seconde guerre
mondiale a pu mettre fin.
L’organisation du système monétaire international a été pensée par les
dirigeants américains avant la fin de la 2è guerre mondiale : elle
reflétait la supériorité de l’économie américaine et sa suprématie
financière. Le dollar remplaçait en quelque sorte l’or : c’est la seule
monnaie convertible en or selon les accords de Bretton Woods en 1944.
Mais c’est une contrainte trop forte pour l’économie américaine dans
les années 1960, et en 1971, le Président Nixon « décroche » le dollar
de l’or. Depuis les monnaies « flottent ». Ce qui ouvre la voie à
toutes sortes de spéculations à la hausse ou à la baisse (cf. le
déclenchement de la crise asiatique en 1997). Cela contribue aussi à la
généralisation de la financiarisation de l’économie à laquelle nous
assistons aujourd’hui. La croissance effrénée de la bulle spéculative
mondiale est devenue pour les capitalistes la réponse à la baisse
tendancielle du taux de profit et aux énormes besoins de financement
pour la recherche-développement.
[Financiarisation de l’économie
Dans les sociétés pré-capitalistes l’argent est un
moyen de vendre et d’acheter des marchandises afin de permettre la
spécialisation du travail. C’est le cycle M - A - M (Marchandise -
Argent - Marchandise). L ‘argent est une marchandise particulière qui
est équivalente à n’importe quelle autre. Le capitalisme substitue au
cycle M - A - M, le cycle A - M - A+. L’argent est devenu le seul but
de la société. Peu importe les conditions de production ou la qualité
de la marchandise. A la Bourse, seul compte le cycle A - A+. Le
management des hommes par les critères financiers se généralise y
compris dans les services publics afin de les rendre privatisables. La
finance se concentre sur un nombre restreint de marchés. Le marché des
actions (titres de propriété des entreprises) devient prépondérant.
La spéculation financière conduit à un écart entre la
cote (prix des actions sur le « marché de l’occasion ») et la valeur
réelle des entreprises. C’est ce que l’on appelle la « bulle
financière ». Afin de diminuer cet écart, les marchés financiers
exigent des taux de rentabilité de plus en plus élevés. La course à la
vente des actions au prix fort conduit les marchés financiers à vouloir
capter de plus en plus d’argent en cherchant des acheteurs nouveaux.
Les « réformes » (retraites, sécu, privatisations), ou encore l’AGCS
(Accord Général sur le Commerce et les Services), ont d’abord pour
finalité de détourner le maximum d’argent vers la spéculation
boursière. Ce qui caractérise le capitalisme mondialisé, c’est le règne
de l’Argent-Roi. Les USA dominent le système et vivent au-dessus de
leurs moyens avec un déficit de 450 milliards de Dollars en 2000. Ce
déficit est payé par le reste de la planète grâce à la suprématie du
Dollar ...et de la puissance militaire des USA.]
Révolution informationnelle
Alors que la révolution industrielle a permis le passage de l’outil à
une généralisation de la mécanisation, la révolution informationnelle
permet de remplacer certaines fonctions du cerveau (stockage,
circulations et traitement des données) et révolutionne en profondeur
le travail. Si cette révolution laisse entrouverte la possibilité d’un
dépassement du salariat, elle permet au capitalisme une parcellisation
du travail et une mise en concurrence au niveau mondial des salariés,
inédite dans l’histoire de l’humanité.
[Paul Boccara
La Révolution informationnelle conduit à l’exigence de
partages généralisés des dépenses, des informations, de pouvoirs. "Si
je livre un produit industriel, je ne l’ai plus et un seul l’a, tandis
que si je livre une information, je ne la perds plus et un très grand
nombre peut l’avoir pour un même coût. Ainsi les coûts des informations
tendent à devenir les plus importants comme ceux de la
recherche-développement partagés. Ils le seront d’autant plus que des
êtres humains en plus grand nombre seront formés, employés, équipés
pour les utiliser.]
L’exemple de l’industrie du disque.
Confrontée aujourd’hui à la généralisation de l’utilisation d’Internet
qui permet le téléchargement de musique en ligne et l’échange gratuit,
l’industrie du disque est menacée dans son cœur de métier : celui de
distributeur. De cette transformation en profondeur qui, à court terme,
touchera de plein fouet l’industrie du cinéma, naît un étrange
paradoxe : celle d’une possible gratuité d’accès à certaines pratiques
culturelles, comme celle d’une possible atteinte à nos libertés (où
s’arrête la sphère familiale, privée, quand naît un nouveau vecteur de
communication ?) Même si cela peut paraître dérisoire, les principales
« Majors » attaquent, pour l’exemple, devant les tribunaux, les
internautes qui s’échangent de la musique et des films sur le net.
Révolution démographique
Le progrès des sciences a permis d’augmenter la longévité et de réguler
la fécondité sur tous les continents. Mais les inégalités croissantes
entre les pays et à l’intérieur même des pays ont pour conséquences des
situations très différentes d’une société à l’autre et d’une classe
sociale à l’autre. Dans beaucoup de pays dits « moins avancés », la
baisse de la fécondité, souvent souhaitée pour permettre le
développement, bute sur les manques de la scolarisation des filles et
les problèmes sanitaires, qui sont d’ailleurs également à l’origine
d’un retour en arrière en de l’espérance de vie (en recul dramatique en
Afrique par exemple). Aujourd’hui, en Europe, les plus de 60 ans sont
en passe d’être majoritaires. Ce bouleversement démographique qui n’est
pas soudain mais continu, n’est évidemment pas sans conséquences sur
les politiques de protection sociale. Quelle est la réponse capitaliste
à ce défi ? Le contraire de ce que cent années d’évolution du droit
social laissaient présager : à savoir un allongement de la durée du
temps de travail et une casse des acquis sociaux. D’une possibilité de
vie meilleure pour nos concitoyens, le capitalisme a fait un moyen
supplémentaire de financement via notamment la généralisation des fonds
de pension à la mode américaine, qui s’engouffrent dans les trous
béants que les politiques européennes creusent dans les systèmes de
protection sociale.
Révolution écologique
Le modèle productiviste et l’exploitation intensive et extensive des
ressources naturelles ont certes permis, dans les deux derniers
siècles, un développement sans précédent des pays occidentaux et du
Japon. Mais, ce modèle atteint maintenant ses limites. Il a provoqué
des dégâts considérables sur l’ensemble de la planète. Certaines
ressources indispensables comme l’eau potable, deviennent des denrées
rares ou s’épuisent. Le capitalisme doit composer avec les conséquences
de son propre pillage effréné de la planète, d’où une meilleure
exploitation de la ressource, et la recherche de productions plus
économes en matière première (nouveaux matériaux) et en énergie. Mais
le mode de production capitaliste continue à porter de très graves
atteintes à l’environnement, en particulier dans le tiers-monde.
Parallèlement, le capitalisme tente de récupérer les préoccupations
environnementales et de faire de « l’écolo business », y compris en
suscitant certaines peurs infondées. Les questions écologiques
deviennent une arme dans les luttes commerciales que se livrent les
capitalistes entre eux. Pour aller plus loin : la révolution génétique
et les questions de bioéthique
3) Où en sommes-nous de la crise du capitalisme ?
En se développant, le
capitalisme a également généré ses propres
contradictions [et donc les moyens de son dépassement]
Le capitalisme comme système et logique de développement, a su
s’imposer à l’ensemble des activités sociales en terme d’efficacité par
rapport aux anciens modes de production. Pour cela, il s’est appuyé sur
des logiques de domination antérieures et les effets structurants des
rapports sociaux d’aliénations qui leur étaient intimement liés, ainsi
que par l’action de ceux qui détenaient les richesses, les moyens de
production et les leviers politiques au service de leurs seuls intérêts.
Le capitalisme comme système d’exploitation et de
domination tend en permanence à freiner l’évolution des rapports
sociaux vers une coopération maîtrisée par les citoyens acteurs
conscients de l’Histoire. (Cf. exposé sur la lutte des classes). Son
développement, tant du point de vue des forces productives que des
rapports sociaux, rend contradictoirement concevable le passage à une
société où les rapports d’associations se substitueraient aux rapports
d’exploitation.
La crise du capitalisme nourrit le communisme comme objet politique.
La nouveauté de la situation - une mondialisation effrénée
En ce début de 3è
millénaire, c’est la mondialisation de l’ensemble
des problématiques humaines qui caractérise notre
époque.
C’est vrai pour la révolution informationnelle, emblématique de cette
mondialisation désormais en temps réel avec le bouleversement des
sciences et des techniques de communication. Mais c’est tout aussi vrai
pour toutes les révolutions précitées plus haut auxquelles le
capitalisme d’aujourd’hui est confronté. Prenons par exemple la
financiarisation de l’économie. Aujourd’hui, des capitaux faramineux,
équivalents à des budgets annuels d’Etats souverains, circulent sur le
net, de sociétés off-shore en paradis fiscaux, et cela en quelques
clics de souris. Les Etats n’ont plus les moyens de contrôler ces fonds
de plus en plus occultes et désormais ouvertement apatrides.
Si cette tendance à la mondialisation est, on l’a vu,
inhérente à la croissance des économies capitalistes, elle atteint par
son ampleur une intensité jamais égalée qui revêt d’autres formes que
celle de l’exportation de biens et de services. Il faut ajouter les
investissements directs à l’étranger qui s’accompagnent souvent de la
délocalisation des capacités industrielles et celle de la circulation
de capitaux financiers. Toutes les activités humaines visent ainsi à
être marchandisées. Rien ne doit échapper à cette boulimie d’accès à de
nouveaux marchés (tels l’école, la recherche, la culture, le sport...)
La maturation de la crise systémique.
Dans son offensive, le capitalisme poussé par le besoin d’une
rentabilité immédiate et la recherche de nouveaux marchés se retrouve
limité par le territoire - la planète - et organise potentiellement
contre lui, à son corps défendant, des résistances comme de nouvelles
formes de solidarité chez ceux qui, de plus en plus nombreux, sont
victimes de son exploitation ; les champs de l’exploitation capitaliste
étant de plus en plus vastes.
Conclusion
Quelles pistes pour sortir de cette crise ?
Au développement d’un libéralisme de plus en plus
effréné se confronte de plein fouet les aspirations humaines de
toujours. Cet antagonisme impose de travailler tout à la fois un projet
de société alternatif et une construction politique majoritaire qui
rendent obsolète cette domination par une infime partie de la
population sur l’ensemble de l’humanité. Et cela dans le cadre d’un
nouveau contexte politique : celui de l’échec d’une expérience
communiste du XXè siècle qui paradoxalement oblige à imaginer et à
réinventer des solutions politiques nouvelles et un référent systémique.
Voir les exposés sur communisme, Parti et stratégie.
Pour finir, quelques
pistes et débats sur le besoin de changer la
société, au cœur de la lutte des classes et des
enjeux politiques :
1°) Maîtriser et
commencer à dépasser le salariat par une
« sécurité d’emploi ou de
formation ».
Ceci permettrait l’éradication du chômage, chaque individu ayant durant
tout sa vie active la garantie de son revenu, tout en alternant les
périodes d’emploi et de formation. Un tel système permettrait de
s’attaquer aux dégâts sociaux et humains, aux gâchis de compétence et
de savoir-faire. Voir aussi nos propositions pour une « autonomie de la
jeunesse ».
2°) Maîtriser et commencer à dépasser la loi de l’argent.
Il s‘agit de transformer les instruments monétaires, financiers et de
crédit en outil favorisant les investissements pour l’emploi, de la
formation et de la recherche.
3°) Maîtriser et commencer à dépasser les rapports de production capitaliste.
Il s’agit de mettre en place des critères de gestion d’efficacité
sociale des entreprises et de créer des rapports de coopérations
inter-entreprises qui se substitueraient aux rapports de concurrence.
4°) Sur les choix économiques et de gestions
Partager les pouvoirs et l’information avec des institutions
démocratiques participatives d’un nouveau type, et cela à l’échelle
d’un bassin d’emploi comme à l’échelle d’un continent.
Enfin et en forme de prolongement,
à noter dans ce qui émerge du côté des
acteurs de la transformation progressiste :
l’irruption du mouvement altermondialiste, la mise en réseaux d‘associations, d’ONG
les
recherches d’une intervention syndicale qui nouent des
solidarités au delà des seules frontières
nationales
la création du Parti de la gauche européenne