Le capitalisme en panne d’idées neuves

Libéralisme . L’Institut de l’entreprise (IDE), tête pensante du patronat, plaide pour un « capitalisme entrepreneurial » dont les actionnaires resteraient les maîtres.

« Après avoir analysé les origines de la crise et l’intervention de l’État qu’elle a rendue indispensable, je vais essayer de montrer que la conséquence à en tirer est non pas d’abandonner l’économie de marché, mais bien de la renforcer », promettait Michel Pébereau, président de l’Institut de l’entreprise (IDE). C’était au mois de février, lors de l’assemblée générale de l’association qui compte parmi ses membres les plus grands groupes français : Accor, AGF, Alstom, Arcelor, Areva, BNP Paribas, Carrefour, le Crédit agricole, EDF, etc., - et jusqu’au MEDEF ! Hier, entouré de quelques grands noms, tels que Frédéric Saint-Geours, président de l’UIMM, Michel Pébereau a présenté à la presse sa note intitulée « Après la crise : renouer avec les fondamentaux de l’économie de marché ». En panne d’inspiration, ce « think tank » libéral ne fait que rabâcher sa note éditée en 1995 sur le capitalisme du XXIe siècle. Car, selon les auteurs, cette crise s’explique « essentiellement par une conjugaison de crises de natures diverses » et « d’un ralentissement naturel de l’économie mondiale après plusieurs années de forte expansion », plutôt que « par une hypothétique crise systémique ».

Si ces grands patrons applaudissent des deux mains une intervention de l’État à leur secours « nécessaire pour limiter et écourter la crise économique », celle-ci ne « peut être que ponctuelle », s’empressent-ils d’ajouter. Face à des Français qui, à 71 %, ont un avis négatif sur l’économie de marché, l’IDE cherche à retourner l’opinion en assimilant l’interventionnisme à « un retour à une économie administrée et fermée, financée par des banques nationalisées » qui « plongerait l’économie dans une phase de régression qui lui ferait perdre une partie des bienfaits et avantages accumulés au cours des vingt dernières années ».

Pour l’IDE, la solution est toute trouvée. Puisque la crise actuelle « n’illustre aucunement l’inefficacité du marché comme instrument de régulation de notre système économique », il suffirait de renouer avec un modèle entrepreneurial fondé sur un « actionnariat solide » et « de long terme », plutôt que de recourir à un « endettement excessif ». Mais les logiques de fond demeurent inchangées. En ce sens que l’association revendique la « pression actionnariale » comme « un formidable aiguillon pour amélioration de la performance des entreprises ». Par ailleurs, le rapport préconise un « partage équitable de sa valeur ajoutée entre ses salariés, ses dirigeants et ses actionnaires » en développant l’actionnariat salarié. C’est ainsi que les libéraux définissent « l’entreprise du XXIe siècle, citoyenne et éthique ». On n’en attendait pas moins de l’ex-dirigeant de la BNP qui vient de se voir accorder par le conseil d’administration de la banque une confortable pension de retraite de 800 000 euros par an.

Réagir :

Nom :     Prénom :

Ville :        E-mail :

Sujet :  

Commentaires :