
Le Front de gauche, et
après ?
Marie-George
Buffet a annoncé des initiatives pour prolonger le
rassemblement
au-delà des européennes et l’ouvrir aux
citoyens et aux forces
intéressés pour le rendre majoritaire.
Le
Front de gauche, un coup électoral sans lendemain ?
Aux sceptiques,
Marie-George Buffet a apporté un démenti
très clair en annonçant, hier,
une série d’initiatives pour
« poursuivre et élargir, en plus
populaire, en plus citoyen, et à davantage de forces de
gauche, le
Front de gauche ». Le résultat,
qualifié de « satisfaisant pour une
démarche naissante, inédite »
doit tout à la mobilisation militante
dans laquelle les communistes ont joué un
« rôle clé »
(6,47 % au plan
national et 5 élus), incite à
« poursuivre la dynamique
unitaire »
au-delà des européennes, a-t-elle dit.
« C’est le seul
chemin », a
insisté la responsable communiste, pour
« créer les conditions d’un
rassemblement populaire majoritaire » à
cette gauche de changement.
rassemblement
populaire
et majoritaire
Comment faire ? Pour Marie-George
Buffet, « le Front de gauche n’a
pas de frontières », il
n’entend pas se cantonner à incarner
« la
gauche de la gauche », mais vise la construction
d’un rassemblement
populaire et majoritaire pour une gauche de
changement ». Fustigeant
les combinaisons « pas sérieuses, car
prenant trop de raccourcis »,
imaginées pour repenser la gauche autour de
François Bayrou, puis de
Daniel Cohn-Bendit depuis dimanche, la secrétaire nationale
du PCF
estime que « la social-démocratie est
apparue sans réponse » à la
crise
autre que l’antisarkozysme. Lequel, à lui seul, ne
permet pas
« d’afficher un projet, des propositions
et un rassemblement capables
de battre la droite ». « Je ne
m’en réjouis pas », a-t-elle
déclaré,
annonçant des initiatives sur plusieurs fronts.
« Le PCF va s’adresser
à toute la gauche, aux formations politiques mais aussi
à l’ensemble
des femmes et des hommes de gauche, pour travailler à un
projet
politique qui réponde aux aspirations
populaires », a-t-elle annoncé.
« Des électeurs et militants du PS, du
NPA qui n’ont pas participé au
Front de gauche mais sentent la pertinence d’un tel front de
gauche
peuvent en être partie prenantes sans se
renier », explique-t-elle.
Elle a également fait la
proposition, soumise à ses partenaires du
Front de gauche (Parti de gauche, Gauche unitaire,
République et
socialisme issu du MRC) de « créer des
espaces de débat ouverts à
l’ensemble des femmes et des hommes de gauche pour
qu’ils prennent en
main ce Front de gauche ». Des initiatives qui
seront déclinées au plan
local dans tout le pays, a précisé Olivier
Dartigolles, porte-parole du
PCF, avec l’objectif de les faire converger à la
Fête de l’Humanité, en
septembre.
Dans l’immédiat, le PCF
va proposer aux forces politiques,
intellectuels, syndicalistes, économistes, artistes et
créateurs,
personnalités et élus engagés dans le
Front de gauche de « coorganiser,
dès la fin de ce mois, une initiative dans une grande salle
parisienne,
pour établir le plan de travail d’un projet
politique élaboré au coeur
des luttes ».
Revenant sur l’abstention qui a
marqué les européennes, la
députée
de Seine-Saint Denis estime que les électeurs ont
exprimé « une
souffrance sociale » et « un
doute sur l’utilité du vote »
face à « une
Europe qui se fait sans eux et contre eux », comme
le montre le fait de
n’avoir « pas tenu compte de leur vote de
2005 ». « Depuis dimanche, la
droite tente de faire main basse sur le vote, mais le 7 juin
n’a pas
donné un feu vert aux
libéraux », estime Marie-George Buffet,
qui
appelle à replacer le score de l’UMP dans le
contexte d’abstention,
avec « moins de sept millions de voix pour ses
listes, très loin du
score de la présidentielle ».
Enfin, quant au résultat
élevé d’Europe Écologie, il
témoigne, selon
elle, « des aspirations de nos concitoyens
à prendre en compte les
aspirations environnementales ». Marie-George Buffet
a rappelé que le
Front de gauche les partage, mais elle appelle à
« débattre des choix
politiques qui sous-entendent un développement
durable », qui exige
notamment de combattre les libéralisations comme dans les
transports,
ou encore de « repenser le développement
industriel », et non de
l’opposer aux préoccupations
écologiques.
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