LGV Sud Europe Atlantique réponses aux besoins sociétaux ou satisfactions des  profits privés?

L’objectif annoncé de construire une LGV Sud-Europe-Atlantique pour rééquilibrer la part du fret ferroviaire(11% en France 8% en Europe )  (route 82% et 96% ) en limitant le trafic poids lourds qui passerait de 9000 à environ 13000 camions jour annoncés, pourrait paraître avantageux si cet enjeu majeur était réellement  au centre des préoccupations du gouvernement et de la SNCF. Différents plans ont conduit une SNCF endettée, qui joue la carte exclusive de la grande vitesse, à désinvestir sur le FRET SNCF entraînant une baisse d’activité de 56 MTK à 41MTK voulue par la commission européenne et acceptée par le gouvernement. Cet un échec du point de vue économique et social, de l’emploi, mais aussi du point de vue environnemental. Aujourd’hui indépendamment de la suppression de l'effet frontière ferroviaire dans le meilleur des cas, ce serait moins 1000 camions/jour sur 13000 à l'horizon 2020. Les chargeurs et les industriels gèrent toujours la production à « stock zéro » et en flux-tendu. Ils bénéficient d’une sous tarification quand elle existe pour les camions. L’écroulement de la tonne transportée qui en résulte favorise les délocalisations et le dumping social au détriment des conditions de travail des salariés, de la sécurité des usagers de la route et, tout cela, dans le cadre permissif du traité de Lisbonne. Même avec une possible variante traversée du Pays Basque en ligne souterraine et d’une exploitation identique le report de la route sur le rail serait de l’ordre de 10%.

 Ce n’est bien sur pas négligeable. Mais à mon avis, l’enjeu prioritaire, est d’impulser une  véritable politique industrielle dans un cadre européen qui romprait  avec le dogme de la libre circulation des marchandises et contraindrait  réglementairement et financièrement les chargeurs pour qu’ils ne considèrent plus le réseau routier comme un moyen de stockage et de valorisation de leur produit et qu’ils limitent eux même leur flux pour relocaliser les sites de production. 

 Comment faire accepter ce projet actuel de LGV dans ce contexte de privatisation et de marchandisation des transports par la population de Pays Basque qui verra son paysage défiguré et ses finances amputées (26 millions d’€ pour la CCSPB ? 230 millions d’€ pour le département, Suppression de la taxe professionnelle).

Impossible pour l’instant ! Car ce projet symbolise,  au regard du progrès et de la réponse aux besoins qu’il est censé promouvoir, trop de contraintes et d'absolutisme.

Aujourd’hui, investir et s’endetter pour des années, dans un contexte où l’Etat organise le report de charges sur les collectivités sans les moyens nécessaires est quasiment suicidaire pour les contribuables que nous sommes.

 
Il faudra opérer des choix drastiques entre la LGV et les investissements nécessaires pour l’emploi industriel, pour le maillage du territoire qui permettra  un développement durable de notre  région. Des propositions existent pour le réaménagement de lignes fermées ou inexploitables à cause de leur vétusté et  pour la réouverture de gares.

 
En tant qu’élu je sais que gérer c’est prévoir. C’est rendre des comptes. C’est penser au bien commun ou tout faire pour le favoriser. L’alternative ne doit pas être LGV ou « serrage de ceinture pour une décennie » !!

        
Dominique Mélé

Elu PCF à Urrugne et cheminot