Qui veut tuer la
Sécurité sociale solidaire ?
« La nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui,en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. » Préambule de la Constitution de la République du 27 octobre 1946. L’ordonnance du 4 et 19 octobre 1945 qui créa la
Sécurité sociale avait trois objectifs : l’universalité, l’unicité et
la démocratie.
Les attaques, pour détruire les valeurs contenues dans ces textes fondateurs de la République ont été depuis lors permanentes. 1947 : la loi Morice permet à la Fédération Nationale de la Mutualité Française de gérer certaines caisses de fonctionnaires rompant djé le principe d’universalité de la Sécurité sociale 1967 : l’ordonnance du 21 août 1967 fait éclater le
régime général en 3 caisses nationales : vieillesse, maladie et famille
et instaure une gestion paritaire stricte de la Sécurité sociale, dans
laquelle syndicats et patronat nomment le même nombre de représentants
dans les conseils d’administration. C’est la suppression de l’élection
des administrateurs salariés désormais désignés et le début de la
diminution des prestations.
1973 : montée du chômage et développement du travail précaire avec pour conséquence de fragiliser le financement de la Sécurité sociale. Les cotisations étant principalement assises sur les salaires, les recettes dépendent très directement du niveau de l’emploi et de la masse salariale. 1982 : la loi du 17 décembre 1982 si elle redonne vie (provisoirement) à l’élection par les assurés sociaux de leurs représentants, permet à la Fédération Nationale de la Mutualité Française de participer à la gestion des caisses avec le patronat et les associations familiales. 1983 : c’est l’arrêt définitif des élections des élus sociaux. Le patronat mène une offensive pour réduire sa part dans les cotisations sociales. Pour que son discours pénètre bien les esprits, le patronat transforme le terme de cotisation patronale en " charge patronale " et promet de créer des emplois en contrepartie d’une baisse de ces mêmes charges. Depuis cette période, " faire baisser le poids des charges sociales " est devenu le mot d’ordre des différents gouvernements pour officiellement améliorer la compétitivité des entreprises, et pour, soi-disant, les aider à créer des emplois et donc lutter contre le chômage. C’est ainsi que se creuse un pseudo déficit. 1992 : La construction d’une Europe libérale concrétisée par la signature du traité de Maastricht impose des critères de convergence qui obligent les gouvernements nationaux à maintenir les déficits publics sous la barre des 3% du PIB. Au regard des critères européens, les déficits sociaux font partie des déficits publics. Les gouvernements doivent donc s’engager à réduire également le déficit de la Sécurité sociale sans augmenter les prélèvements obligatoires. 1995 : La création de l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) le 1er janvier et la signature de l’AGCS (accord général
sur le commerce des services), vont accélérer et accentuer dans tous
les pays l’offensive des gouvernements contre les systèmes de
protection sociale et les services publics.
2001 : A la demande de M. Teulade président de la
Fédération Nationale de la Mutualité Française, le Code de la Mutualité
de 1945 est remplacé par un code proche de celui des compagnies
d’Assurances, la Mutualité Française voulant s’intégrer dans « le
marché européen ».
2003 : Le rapport Chadelat remet en cause fondamentalement la Sécu :
Le rapport Chadelat est la feuille de route de tous les gouvernement depuis cette époque et est utilisé pour privatiser la Sécu. Dans cette même période se joue la dégradation de l’organisation sanitaire : Fermeture de 60 000 lits d’hôpitaux, fermeture de
maternités, fermeture de blocs opératoires… une médecine généraliste
inégale sur le territoire : suppression de la permanence des soins, une
médecine de spécialistes en dépassement d’honoraires rendant l’accès
aux soins difficiles à des pans entiers de population, débordant de
beaucoup les classes les plus pauvres, pour atteindre les classes
moyennes.
Cette dégradation est permise par : La culpabilisation des populations sur le
coût de la santé et les faux déficits de la
sécurité sociale.
* une politique maintenant le chômage de masse * le changement de la répartition des richesses qui en 25 ans a vu la part des revenus du travail et des cotisations sociales baisser de 9,3 points de PIB au profit des profits ( correspondant à une valeur de près de 170 milliards d’euros) * des exonérations de cotisations patronales ( 227 milliards d’euros de 1991 à 2007) * la loi Fillon de 2003 qui permet une exonération des cotisations patronales pour les versements destinés aux financement de la complémentaire santé et de la prévoyance. Les patrons n’augmentent pas les salaires mais participent à la santé des salariés en creusant ainsi encore plus le déficit de la Sécu. * la loi Borloo de 2005 qui organise tous les métiers d’aide à la personne sans cotisations patronales à la Sécu * la loi Sarkozy de 2007 qui permet de travailler plus pour être soi disant payé plus mais toujours sans cotisations patronales sur les heures supplémentaires. Le salarié travaille effectivement plus mais en détruisant un peu plus la Sécu et en définitive en payant encore plus pour sa complémentaire santé donc en gagnant moins en définitive. POURQUOI TUER AINSI LA SÉCURITÉ SOCIALE ? La santé est un marché de 3 500 milliards de dollars dans le monde et évidemment les grands groupes d’assurances ont pour objectif de récupérer cette manne. En France les dépenses de santé représentent plus de 200 milliards d’euros qui échappaient encore au marché. Le corps des assurés sociaux est pour eux ce que la bagnole est au constructeur automobile. QUI ORIENTE AINSI LA SÉCURITÉ SOCIALE ? Les politiques alliés des financiers organisent donc l’assèchement de la Sécu solidaire par des hommes qui ont des liens étroits avec le pouvoir et avec le patronat, nul ne s’en étonnera. Xavier Bertrand
M. Van Roekeghem,
Monsieur Cyril Roux
Jean-François Chadelat
Denis Kessler
Guillaume Sarkozy
Jean Louis de Mourgues
Guillaume Sarkozy et Jean-Louis de Mourgues sont en première ligne dans les grandes manœuvres qui s’engagent à la Sécu. Les salariés des organismes de Sécurité sociale sont actuellement en lutte contre le régime de complémentaire santé obligatoire que prétend leur imposer l’UNCASS (Union Nationale des Caisses de Sécurité Sociale). Ce régime, qui serait fatal aux mutuelles de salariés et à leurs œuvres sociales, attribue 50 % de la gestion des organismes de Sécurité sociale aux groupes Médéric et AG2R. Or, Il se trouve que le directeur général de Médéric n’est autre que Guillaume Sarkozy ancien vice-président du Medef et ancien vice-président de la CNAM et que le groupe AG2R est dirigé par Jean-Louis de Mourgues, dont le pedigree n’a rien à envier au premier. Ce sont ces groupes qui sont pressentis pour prendre le relais de la Sécurité sociale, une fois qu’elle aura disparu. Voilà pourquoi il faut que la Sécu disparaisse !
Une seule solution immédiate pour refuser la disparition orchestrée de la sécurité sociale : NE PLUS COTISER DANS UNE COMPLEMENTAIRE SANTE FAISANT LE JEU DU CAPITAL ET DE SON MARCHE
Nicolas Pomiès
(cet article a été réalisé en partie grâce au travail effectué par Bernard Berthelot, qu’il en soit ici remercié) Source BELLACIAO |