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Rapport de Danielle LEBAIL au Conseil National des 5 et 6 septembre 2008
Par : Conseil national
Mis en ligne : 5 septembre
J’espère que vous avez passé un bel été de repos et de détente, un été sportif peut-être devant votre écran de télévision. Et vous avez eu raison de vous régaler des images des J.O, images faites d’exploits, de souffrances, de joie, de rencontres humaines inter-continents.

Dans quelques jours s’ouvrira le banc des vendanges dans le Beaujolais. Il y a vingt ans, pour ce moment important dans l’économie locale, venaient « faire les vendanges » les jeunes étudiants et les chômeurs, essentiellement des régions du Nord et du Centre. Quelques années après venaient des familles et des chômeurs de toute la France. Maintenant, ce sont des familles sur trois générations et des hommes et des femmes des pays de l’Europe de l’Est souvent préférés, car plus corvéables. L’année dernière, le Conseil Général a menacé les bénéficiaires du R.M.I de leur suspendre l’allocation qui leur était versée, s’ils n’acceptaient pas ce travail.

Les viticulteurs sont de plus en plus nombreux à survivre grâce au salaire de leur conjoint, beaucoup débutent les vendanges sans avoir vendu la récolte de l’année précédente. Je n’évoque pas tous ceux qui ont mis la clef sous la porte ou se résignent à l’arrachage des pieds de vigne.

Comme vous le voyez, les politiques d’emplois et de salaires menées touchent durement l’ensemble des Français car on ne vient pas faire les vendanges à plus de soixante ans par plaisir, je vous le dis. Les politiques agricoles européennes et mondiales de dérèglementation, de privatisation et de spéculation, de la Politique Agricole Commune, de l’Organisation Mondiale du Commerce ont des conséquences dramatiques pour nos territoires et sur les hommes et les femmes qui font vivre le terroir.

Si je vous présente cette photographie de ma région, c’est que je trouve qu’elle illustre bien les dégâts que peuvent produire les politiques, adoptées ici en Europe et dans le monde, au nom d’un certain ordre libéral, de la façon dont elles s’appliquent, à quels enjeux nous devons nous attaquer, et à quel niveau nous devons porter la riposte.

C’est ce que nous avons fait cet été avec les ventes solidaires de fruits et légumes, avec le Modef : un geste de solidarité, un geste de soutien aux producteurs, un geste de résistance, à la vague ultralibérale qui veut nous imposer partout, en tout, une concurrence libre et non faussée, un geste pour le développement durable.

C’est sur quoi ont planché les quatre cent étudiants de notre Université d’été en participant aux trente-sept ateliers proposés pendant trois jours.

Certains ont eu à cœur de travailler pour se mettre au niveau des réponses à apporter. D’autres ont eu envie d’aller chercher des repères, des réponses nouvelles, dans un souci d’ouverture. D’autres encore ont voulu espérer dans l’avenir de notre combat. « Je me sens vivante », m’a dit une jeune participante, après ces trois jours. Finalement, l’état d’esprit préfigure de la volonté des communistes de réussir dans leur combat et leur Congrès. Et lorsque nous sortons des positionnements, nous pouvons le faire dans la sérénité.

La participation active des communistes ainsi que la rigueur des animateurs ont – bien sûr – constitué un point important dans sa réussite et je tiens à remercier Marie-Pierre Vieu, et toutes celles et ceux qui l’ont aidé à l’organisation. Chacun et chacune a activement prolongé les trois rencontres nationales, approfondi des thématiques centrales et emprunté des chemins de traverse, avec des débats que nous n’avons pas l’habitude de mener.

Les ateliers les plus appréciés ont été les plus décalés, les plus inédits et les grands moments structurants (enquête, les services publics, l’Europe) et bien sûr la rencontre avec Edouard Glissant, qui a su de façon poétique et politique, nous faire revisiter le monde. Et comme lui, nous pensons, que le monde a besoin d’être revisité.

Un certain nombre de crises et d’événements dramatiques dans le monde ont très récemment témoigné d’une situation internationale grave qui provoque une inquiétude réelle et beaucoup de questions.

La mort de 10 soldats français en Afghanistan a suscité une forte émotion en France, la mort de 8 autres militaires de différentes nationalités quelques jours après, puis, le bombardement américain provoquant la mort « par erreur » de 90 personnes, principalement des civils, tous ces faits dramatiques ont rappelé ce que sont les horreurs d’une vraie guerre et la réalité d’une crise internationale majeure dans laquelle la France s’enlise et qui ne cesse de s’aggraver dans une impasse meurtrière.

Oui, nous sommes même dans un bourbier et nous ne pouvons plus continuer ainsi. C’est la présence des forces françaises et autres, sous l’égide de l’OTAN, qui est majoritairement contestée. La France doit retirer ses troupes, car il n’y a pas de solutions à cette forme de guerre et dans le même temps, contribuer à provoquer auprès des Nations Unies un plan de maintien de la paix pour ne pas laisser le peuple afghan aux mains des talibans, de la corruption et du trafic d’opium.

Nous savons que la sécurité ne pourra trouver une issue que dans une réponse politique de développement et de reconstruction du pays par le peuple afghan lui-même. C’était le sens de notre appel lancé à toutes les forces politiques de gauche, les associations pacifistes, de solidarité et de défense des droits de l’Homme, des syndicats en France et en Europe. Une manifestation est prévue le 20 septembre en ce sens.

Dans le Caucase, une confrontation militaire russo-géorgienne brutale de quelques jours a provoqué un nombre non précisé de victimes, des destructions importantes et plus de 100 000 réfugiés. Là encore, la guerre. Et puis aussi de lourdes préoccupations immédiates et pour l’avenir puisqu’il s’agit rien moins que d’une confrontation opposant en fait la Russie et les Etats-Unis. Un affrontement de grandes puissances, dans une région stratégique, riche en hydrocarbures, qui fait monter les tensions internationales à un niveau dangereux.

C’est aussi la poursuite de la guerre en Irak, même si l’on en parle moins aujourd’hui. La situation politique et sécuritaire y est toujours critique. C’est l’impasse dramatique du conflit israélo-palestinien, ce sont les attentats de la branche d’Al Qaïda au Maghreb.

En Amérique latine, dans un contexte d’expériences de gauche diverses, d’avancées sociales, de réformes pour répondre aux attentes populaires, une véritable offensive de déstabilisation a été lancée en Bolivie, par la droite et les forces d’une bourgeoisie ultralibérale et réactionnaire, contre le Président Morales. Mais celui-ci vient d’obtenir, dans un contexte contradictoire, un soutien largement majoritaire (à 60%) du peuple bolivien au cours d’un référendum national.

On observe une situation internationale particulièrement tendue et d’une grande complexité. Un nouveau rapport des forces problématique se met en place.

Je ne peux pas traiter toute cette actualité dense et compliquée. Je souhaite simplement vous apporter quelques éléments de réflexions.Le monde d’aujourd’hui a ses propres caractéristiques.

Cette situation internationale a d’évidentes conséquences, non pas sur le sens de notre combat, mais sur la façon de le mener, sur nos choix politiques.

Nous sommes face à trois exigences principales.

Premièrement, nous devons naturellement mesurer l’énormité du défi. Changer le monde - car c’est ce que nous voulons - est un appel à la créativité politique et à l’effort constant pour surmonter les différences et les contradictions, pour rassembler, faire converger des forces, y compris sur les plans international et européen, à partir d’objectifs réellement progressistes et de valeurs universelles.

Deuxièmement, nous devons mesurer ce que cela change dans notre combat pour la paix. C’est la nature même de ce combat qui n’est plus la même. Il ne s’agit plus seulement de baisser le niveau des armements et de régler des conflits dans le contexte d’un ordre international préétabli et stratégiquement stable. Le monde d’aujourd’hui, comme le montre le conflit afghan avec le rôle du Pakistan notamment, n’est pas seulement dangereux. Il est incertain, opaque, instable, avec des acteurs souvent troubles et contradictoires avec parfois des Etats en crise ou en déliquescence.

Nous partons de ce qui appartient profondément à notre identité : le refus de la guerre et des impasses dramatiques qu’elle produit. Mais l’enjeu, nécessairement, va au-delà. Il est en fait la réponse aux attentes et aux besoins des peuples et des sociétés dans les domaines sociaux, économiques, institutionnels, politiques, culturels. La paix n’est plus seulement, en effet, le fruit du désarmement comme exigence qui reste d’ailleurs incontournable. Elle est de façon forte et indissociable la recherche d’une sécurité humaine, du recul de toutes les vulnérabilités sociales par le développement dans l’ensemble de ses dimensions et notamment la démocratie et l’Etat de droit.

Troisièmement, il nous faut construire des réponses politiques adaptées, travailler en particulier à un internationalisme profondément renouvelé, correspondant à cette nouvelle configuration des enjeux.

Ce doit être le cas en France contre l’atlantisme de Nicolas Sarkozy, contre son suivisme vis à vis de Washington et notamment la décision de réintégrer complètement l’organisation militaire de l’OTAN. Ces choix affaiblissent notre pays, son autorité, sa crédibilité, son autonomie en sont directement atteintes. Notre pays peut jouer un rôle original, indépendant, positif et rassembleur pour contribuer aux changements nécessaires, pour trouver des alliés face aux crises et aux enjeux du monde d’aujourd’hui.

L’échec des politiques conduites est à la fois patent et dramatique. Les défis sont énormes. Les réponses et les acteurs possibles et nécessaires doivent être à la hauteur. Le besoin s’affirme d’une Europe forte, elle aussi indépendante et non atlantiste, attentive aux besoins de coopérations et de développement. Nous en parlerons avec Francis Wurtz, toute à l’heure.

Nous devons être porteurs de cette attente d’une Europe de la paix et de la sécurité sur notre continent et dans le monde, et dans le même esprit nous croyons qu’une refondation de l’ONU s’impose dans l’esprit d’un ordre international fondé sur le droit, le multilatéralisme et le refus des dominations.

Au bruit de bottes dans ce monde, répond le silence assourdissant de la croissance. Le gouvernement Fillon – encouragé par son président – qui s’était dit « prêt à aller chercher les points de croissance manquants avec ses dents », a tenté de retenir l’hypothèse de croissance du P.I.B. de 1,7 à 2 % pour 2008.

La réalité est tout autre. La performance enregistrée au deuxième trimestre est négative à 0,3 %. Les exportations sont en baisse. La consommation des ménages stagne et l’investissement chute lourdement.

La destruction des emplois – particulièrement dans l’industrie (- 12200 au cours du deuxième trimestre, avec son lot de délocalisations) se poursuit sur fond de chômage durable et de travail précaire. Les femmes en paient le plus lourd tribut : 81 % des salariés touchés par le temps partiel imposé sont des femmes.

La France flirte donc avec la récession économique avec deux trimestres consécutifs de croissance négative. Les indicateurs sont dans le rouge et dans ce contexte délicat, le gouvernement entend poursuivre ses réformes sans hésiter à mentir sur les résultats de celles qui ont déjà été engagées.

Dès le 22 septembre, le Parlement – réuni en session extraordinaire – aura à plancher sur deux textes porteur de la régression sociale : le R.S.A. et le projet de loi sur l’intéressement et la participation dans l’entreprise. Avec ce projet de loi, ce sont les gadgets de l’intéressement et de la participation aux résultats des entreprises qui vont être agités pour freiner la mobilisation des salariés pour la revalorisation des salaires.

Et le scandale du R.S.A. n’est pas comme tente de le faire croire Laurence Parisot transformée en Jeanne d’Arc sur le bûcher des prélèvements. Heureusement vite sauvée par son pompier Nicolas, qui a rapidement éteint le feu de toute participation des plus hauts revenus – même modeste – à la solidarité nationale.

Le Revenu de Solidarité Active (RSA) destiné à apporter une aide aux allocataires du RMI qui reprennent un emploi à temps partiel pour les inciter à travailler - outre qu’il stigmatise une fois encore les chômeurs - se révèle être une formidable trappe à bas salaires pour le plus grand profit du patronat. Pire, il accroît la pression sur l’ensemble des salaires sans apporter de solution durable à l’explosion de la précarité du travail. Sans moyens pour répondre au besoin de formations et d’emplois stables correctement rémunérés il n’ouvre aucune perspective pour l’insertion des personnes les plus fragiles. Sinon de passer du statut de pauvres sans travail à celui de pauvres qui travaillent. Voilà où est le scandale. Mais en cette rentrée c’est la question du pouvoir d’achat que posent en grand tous les Français. La question des salaires et de leur augmentation prend toute sa force. La concurrence des salariés entre eux, y compris au niveau européen, montre ses limites : on l’a vu au printemps dernier, avec la grève des ouvriers de l’usine Dacia. Face au transfert massif des revenus du travail vers les profits et la rente, le moment est venu de l’organisation de la riposte. Elle sera d’autant plus puissante et efficace qu’elle s’appuiera sur un mouvement syndical uni. C’est ce qui est en route le 7 octobre. Des millions de salariés veulent que l’on augmente leurs salaires, mais peut-on le faire ?

L’augmentation des salaires permettrait de tirer la société vers le haut. Elle permettrait de remettre à flot la Sécurité Sociale, de relancer la consommation interne et donc de créer des emplois stables. Pas un jour sans une interpellation, sans une mobilisation portant sur cette question. Depuis 1993, les gouvernements successifs, poussés par le patronat, sont obnubilés par la baisse du « coût du travail », comme si le travail était d’abord un coût et pas l’unique activité humaine qui crée des richesses. Exonérations de cotisations patronales, pression accrue sur les salariés, non-reconnaissance des qualifications, dévalorisation des diplômés, disparition des grilles de salaires, négociation individuelle plutôt que collective, c’est ce que vivent le monde du travail et la société française aujourd’hui. Nous devons partir de cette situation pour faire avancer le débat.

Ce qui domine, c’est que l’on est battu idéologiquement sur leur augmentation. Or, la part des salaires dans la richesse créée par le travail est inférieure à ce qu’elle était en 1970. Il nous faut donc intervenir sur cette question en partant des réalités. On note que les salariés sont rémunérés selon leurs résultats, la valeur ne portant plus sur la valeur du travail, mais sur le taux de profit dégagé. C’est par exemple l’affirmation patronale, que la participation, l’intéressement ou la prime au mérite pour la fonction publique sont des éléments de la rémunération du travail. En ce qui nous concerne, nous voulons traiter le salaire comme élément de la valeur travail, un élément d’épanouissement des hommes et des femmes au travail, la reconnaissance de leur savoir-faire, leurs activités et leurs qualifications. Mais aussi comme élément d’épanouissement de vie hors travail. C’est en ce sens que nous proposons un smic à 1500 €, réajusté au taux d’inflation et l’ouverture des négociations sur les salaires.

Nous ne pouvons pas – chacune et chacun d’entre-nous, comme je viens de le faire mesurer, combien cette question des salaires est primordiale, dans la période, critiquer la non réponse ou les réponses de bric et de broc apportées par un président autoproclamé « du pouvoir d’achat », et attendre tranquillement 2012 ou attendre que « ça pète ».

Nous proposons donc avec responsabilité, ambition et audace, d’organiser le 26 septembre, en direction du siège du Medef, une marche pour les salaires, les pensions, les retraites, les minima sociaux. Cette marche, nous la concevons comme une grande initiative populaire, donnant suite au travail engagé, depuis des mois avec la lettre au président dans le cadre de notre campagne « la bourse ou la vie ». De nombreuses personnes ont signé la pétition, jusqu’à présent. Mais combien ont pensé qu’au fond, cela ne changerait pas grand-chose à leur situation. Nous pensons qu’il est possible d’exprimer encore plus fortement notre colère, que vous êtes nombreux à penser ainsi ; le 26 septembre pourra compter dans la bataille ouverte pour de grandes négociations salariales.

Si vous en en êtes d’accord, vous en conviendrez, cela exige des dispositions pratiques de nos organisations un engagement fort de nos élu-e-s, que chacun et chacune participe pleinement à sa réussite. Nous vous proposons d’en faire l’activité principale du Conseil National, dans les allées, les stands, à la Fête de l’Humanité.

La loi TEPA a permis aux entreprises de recourir aux heures supplémentaires, de tirer vers le bas la rémunération réelle des salariés et a contribué à accroître le déficit de la protection sociale et alléger les impôts des familles les plus riches, creusant par là-même le déficit public. Mais le gouvernement n’hésite pas à affirmer que ce dispositif aurait contribué à adoucir le choc de la récession. En juillet, le gouvernement a accéléré sa réforme de l’Etat Français et précisé son projet de société, tourné vers l’individualisation de tous les secteurs de vie et ayant pour objectif la fin des services publics.

La RGPP s’avère être le plus grand plan de suppression d’emploi depuis 1946. La première conséquence est la non-réponse aux besoins des citoyens usagers. Elle accélère les difficultés des collectivités locales et tend à supprimer l’égalité des citoyens quant à l’accès à un certain nombre de services. L’heure est grave pour notre démocratie.

Le projet de loi intitulé « Patient, Santé, Territoire » qui doit être présenté à l’automne est un nouveau coup porté à l’hôpital public sous couvert de permettre l’accès aux soins au plus près des besoins des populations. Cet énième Plan Santé est dans le droit fil de la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui organise le rationnement de l’offre en organisant l’impuissance de l’hôpital public pour mieux transférer vers le privé les activités les plus rentables. Darcos qui se glorifie d’une bonne rentrée scolaire après avoir tenté d’amadouer les enseignants, a obtenu une réponse dans la rue pour le 20 septembre. Les enseignants poursuivent leur mobilisation contre le plan d’austérité éducative qui aggrave les inégalités scolaires favorisant une élite au détriment d’une formation de qualité pour tous.

La SNCF délocalise son service de facturation du fret au Maroc, dans le plus grand secret. L’augmentation du prix de l’énergie remet en cause le droit de se développer : l’augmentation à deux chiffres du prix du gaz en moins d’un an, la préparation de la fusion de Gaz de France avec Suez et donc sa privatisation, et à terme la suppression des tarifs régulés en 2010 sont des réalités. Après la transformation de La Poste en Banque Postale, un projet de loi de privatisation est en cous, la transformant en société anonyme, afin d’ouvrir son capital en bourse dès 2009.

Une réponse unitaire de l’ensemble des syndicats est prévue pour le 23 septembre.

Jean-Marc Coppola a, dès cet été, adressé une pétition à l’ensemble des élus de la région PACA. Nous vous invitons à élargir cette initiative. Le comité de liaison a décidé de lancer une pétition commune contre la privatisation, avec les forces de gauche et une réunion de toutes les organisations syndicales, politiques, associatives a eu lieu hier soir pour examiner la possibilité de travailler à un référendum.

Comme vous le voyez, la riposte syndicale et politique s’organise. Il s’agit de lui faire prendre de l’ampleur, pour mettre au placard cet éventuel projet de loi.

D’autres réformes engagent notre société vers une grave régression morale.

Nicolas Sarkozy poursuit la bataille idéologique en mettant en place un projet de société qui s’appuie sur l’ancrage et l’amplification de dominations ancestrales comme les dominations sexistes.

C’est ainsi que l’on assiste à des déclarations moralisatrices, des annonces très inquiétantes comme celle de M. Darcos, concernant la mixité dans les écoles, qui piétine littéralement la laïcité. Je pense aussi à l’annulation du mariage à Lille.

Rien n’est jamais acquis une bonne fois pour toutes et l’autonomie des femmes, moins que jamais, notamment dans sa dimension de pouvoir disposer de son corps. C’est ainsi qu’il faut s’insurger contre les décrets, donnant droit à l’inscription à l’état civil et dans le livret de famille d’un fœtus mort-né, quel que soit son niveau de développement. C’est encore la campagne concernant les mères porteuses, ou il est question de reconnaître la gestation pour autrui. Ainsi, pendant neuf mois, on pourrait utiliser le corps des femmes, comme un outil de production et de procréation ! Où va-t-on ?

Enfin, les dernières mesures prises attestent d’une grande régression des libertés publiques et de la démocratie.

Expulsion manu militari et à grand frais au Kosovo, poursuite d’un cheminot au pénal, intimidation policière contre les défenseurs des sans-papiers ont été le lot quotidien des militants cet été.

Déjà bien pourvu dans le domaine du flicage et de la répression, l’Etat sarkozien vient de se doter du fichier EDVIGE. Ce nouvel instrument de l’arsenal répressif d’Etat s’est mis en place sur un simple décret sans que la représentation nationale n’en soit saisie. Devant la gravité de la décision nous demandons que le parlement soit saisi de l’état actuel du système de renseignements afin que soient évaluées leur pertinence et les atteintes aux libertés qu’il génère. Nous soutenons les associations qui ont déposé un recours devant le conseil d’Etat et les dizaines de milliers de signataires de la pétition qui exigent l’abandon du fichier Edvige.

La réforme votée au congrès de Versailles se veut être la consécration du « Sarkodespotisme » .L’objectif de Nicolas Sarkozy est que plus rien, dans ce qui était l’équilibre de la Ve République, ne gêne son pouvoir personnel, pour arriver à un pouvoir quasi monarchique. 

 Le vote de Versailles, à une voix près, a été acquis dans de telles conditions de pressions, de corruption, de menaces, que cela le rend fragile, d’autant que le fossé ne peut que s’accentuer entre le peuple, les citoyens et leurs représentants politiques.

 La question se pose maintenant de faire monter l’exigence d’un projet alternatif d’une nouvelle République. C’est le but de la campagne que nous avons décidé, campagne « pour une nouvelle République ». 

 Ce projet est complètement partie prenante de notre projet politique en cours d’élaboration à notre congrès. Il en est une des trois dimensions essentielles, je ne développe pas puisque nous allons en débattre lors de ce CN. J’insiste juste sur le fait qu’il s’agit d’un projet politique cohérent qui ne veut pas seulement démocratiser les institutions nationales, européennes et mondiales, mais qui introduit deux innovations modernes et fondamentales : la démocratie participative et la démocratie sociale. Il s’agit d’instituer un nouveau droit dans la constitution avec les moyens correspondants dans des lois, le droit à la participation des citoyens aux décisions, en coopération avec les élus et dans la durée. La deuxième novation consiste à considérer que la démocratie sociale dans les lieux de travail et sur les territoires devient une dimension à part entière d’une nouvelle République.

Notre campagne a commencé par quelques conférences de presse avant le congrès de Versailles. Elle va se poursuivre avec la tenue d’Assises régionales dans les mois qui viennent, et d’Assises Nationales au printemps 2009. J’attire l’attention sur le fait que notre document fait des propositions de démocratie à l’échelle européenne et que donc cette dimension contribuera à la campagne des élections européennes.

 Mais nous ne pouvons en rester à l’analyse des politiques menées à l’organisation des ripostes comme celle du 26 septembre. Il nous faut nous atteler à la question que tout progressiste syndicaliste a en tête et nous pose : qu’est-ce que la gauche ? Que fait-elle ? Y-a-t-il une issue à mon combat ? Y a-t-il un changement possible ? Je vous renvoie à l’enquête Viavoice : 71 % des Français ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent.

Malheureusement, cet été et cette rentrée confirment l’ampleur des divisions et de la crise de la gauche. Les partis de gauche divergent dans leurs appréciations respectives de la nocivité de la politique du pouvoir sarkozyste et donc du devoir de mobilisation pour s’y opposer, comme on l’a constaté une fois de plus lors du vote sur la réforme présidentialiste de la Constitution en juillet dernier. Et de nouveaux signes politiques faisant douter non seulement de leur capacité, mais de leur volonté de se rassembler pour des solutions de changement ont été et sont lancés avec la perspective d’une liste libéralismo-compatible Cohn-Bendit/Bové/Hulot dans laquelle Les Verts se fondraient, avec la force des options sociales-libérales jetées dans l’arène de la préparation du congrès du Parti socialiste, avec les nouveaux appels réciproques que se lanceront ce week-end, à distance mais simultanément, les deux Universités d’été des radicaux de gauche et des radicaux de droite. On peut parler d’une véritable crise d’alternative à gauche, sur laquelle la LCR fait sa pelote puisque cette incapacité de la gauche à proposer un véritable changement est son unique argument, et dont l’offensive de destruction sociale et démocratique de la droite au pouvoir tire un profit maximum.

Nous ne pouvons pas nous résoudre à cette situation à gauche, qui n’est certes pas la seule difficulté à laquelle nous nous heurtons, mais qui est un des obstacles majeurs tout à la fois à la résistance indispensable à l’offensive sarkozyste et à la recherche d’une issue politique transformatrice. C’est pourquoi, depuis plusieurs mois et encore ces dernières semaines, nous avons proposé que les partis de gauche prennent ensemble des initiatives pour riposter et pour travailler à cerner publiquement leurs points communs et leurs différences sur ce que devrait être une politique de gauche.

C’est dans cet état d’esprit qu’une délégation de notre parti conduite par Marie-George Buffet a participé avant-hier à la réunion du groupe de liaison de la gauche. Les Verts n’avaient pas participé à la précédente réunion début juillet et ont préféré être de nouveau absents, les deux fois en invoquant la procédure de ces rencontres, ce qui renvoie en fait à la réalité des divisions de la gauche que je viens d’évoquer. Nous avons pour notre part insisté sur la nécessité pour les partis de gauche, dont le groupe de liaison se réunira désormais chaque mois, de travailler sur la durée et dans un esprit de responsabilité.

Concrètement, la réunion de mercredi a débouché, avec notre apport, sur deux décisions :

Premièrement, le lancement d’une pétition nationale contre la privatisation de La Poste.

Deuxièmement, l’organisation d’un forum dans la première quinzaine d’octobre sur le thème de l’alternative politique dans la nouvelle phase de la mondialisation.

Quelques mots sur les sénatoriales qui auront lieu le 21 septembre. Un accord unitaire a été réalisé assurant la réélection de nos deux sortants. Il reste à trouver durant la campagne et entre les deux tours la solution pour renforcer notre présence au Sénat.

Enfin, je terminerai par la situation de l’Humanité et la Fête.

Le 11 juillet Patrick Le Hyraric et Marie-George nous alertaient sur les graves difficultés économiques que rencontre le journal, le report de la vente du siège les accentuant encore davantage et appelaient à une grande souscription populaire, afin que l’Humanité dispose des moyens financiers dont elle a besoin pour faire face à ses échéances.

La réponse ne s’est pas fait attendre : petits chèques, petits gestes avec un grand cœur, ont permis de collecter plus d’un million et demi d’euros.

Oui les communistes, les amis et lecteurs de l’Humanité ont eu à cœur – encore une fois – de sauver leur journal, tant il a su prouver son utilité comme quotidien de décryptage de l’actualité, de débats et de combats. Chacun l’a compris : c’est tout le mouvement progressiste qui serait affaibli, si l’Humanité – porteuse des urgences sociales et démocratiques – disparaissait. Mais cette réaction s’inscrit dans un moment ou tout est fait pour dépolitiser et ou le besoin d’une information pluraliste est plus que jamais essentiel.

C’est donc le pluralisme de la presse et des médias vecteurs du pluralisme culturel et d’opinion qu’il nous faut défendre, « au pays de Voltaire et des Lumières », dixit Patrick Le Hyaric, l’information pluraliste comme un droit constitutionnel, un droit humain fondamental.

Il nous faut donc remporter cette deuxième bataille, la vie de l’Humanité, en nous lançons dans une grande campagne d’abonnements.

Bien sûr, la première des conditions est de réussir une grande, belle, exceptionnelle Fête de l’Humanité. Sa programmation musicale, la qualité des débats proposés, la période politique, tout est réuni pour que – dès vendredi – résonne les voix du grand rassemblement de la riposte à la politique destructrice dévastatrice de la droite et d’un chemin nouveau pour le changement.

A ce jour, 37856 vignettes ont été vendues. Il reste six jours au cours desquels l’effort ne peut se relâcher. Mais je suis certaine que nous aurons tous à cœur d’atteindre l’ambition que nous nous sommes fixée, pour – ensemble vivre une grande Fête de l’Humanité.

Merci à celles et ceux que j’ai sollicités pour ce rapport et qui m’ont très volontiers répondu.

Merci à l’Humanité.