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Rapport de Jean-Louis Le Moing au conseil national du 19 novembre 2008
Par : Conseil national
Mis en ligne : 19 novembre Cher-e-s camarades, Durant ces derniers mois, les communistes se sont investis dans de nombreuses batailles. C’est cet investissement qui a permis de faire de la fête de l’Humanité un grand rendez-vous populaire et politique, un véritable prisme de ce qu’il y a de plus sincère, ouvert et combatif dans la contestation de cette société et de ce monde. Ce même engagement a été à la source d’une éclatante marche nationale pour le pouvoir d’achat qui a rassemblé plus de dix mille participants à Paris et plusieurs milliers dans différentes villes du pays. Depuis, face à la crise, conscients des responsabilités nouvelles qu’elle confère à leur combat, les communistes multiplient les initiatives publiques, les débats, les distributions de matériel... C’est donc véritablement au cœur de la vie et dans une période intensément évolutive que se prépare et se tiendra notre Congrès. La phase décisionnelle de celui-ci est maintenant engagée avec, dès ce week-end, la tenue de nombreux congrès locaux, c’est à dire d’assemblées générales de tous les adhérents des sections. Cette étape du congrès est particulièrement importante. Elle peut permettre d’associer davantage d’adhérents que nous n’étions parvenu à le faire encore aujourd’hui aux choix que nous avons à effectuer. Les week-ends suivants, auront lieu les congrès départementaux, puis enfin notre congrès national dans moins d’un mois. C’est l’ensemble de ce processus qui fait Congrès. Le vote intervenu les 29 et 30 octobre est un élément constitutif de ce processus. Il a permis à près de 40 000 communistes à jour de leurs cotisations de se prononcer et de dégager un choix clair. C’est donc à l’enrichissement du texte « vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » que nous travaillons désormais. Ce travail doit tout à la fois s’effectuer dans le respect du choix majoritaire et dans l’écoute de tous, quel qu’ait été le vote de chacun dans cette première phase. Il doit s’inspirer aussi des éléments nouveaux de la situation. La tribune de discussion, très fournie et très riche, les diverses réunions thématiques qui se sont tenues ou sont programmées, les débats dans le parti montrent que les exigences et les possibilités d’enrichissement sont importantes, et que de nombreux communistes peuvent s’impliquer davantage dans nos débats si nous répondons à cette attente. Au titre des éléments et travaux à intégrer à notre réflexion et à nos décisions, il faut souligner l’importance de la rencontre qui s’est tenue ce week-end, ici même : « Construire un nouvel internationalisme ». Cette rencontre s’inscrit pleinement dans les travaux de notre Congrès, elle en est une part constitutive. Je vous renvoie à ce propos à l’Humanité de lundi et à l’interview de Jacques Fath ce matin dans CommunisteS. Dans ce rapport, je ne traiterais que de la crise financière. Celle-ci, avec ses enjeux politiques et idéologiques est évidemment au premier rang de nos discussions. Nos prises de position, les travaux du conseil national du 15 et du 24 octobre, notre campagne de rencontres publiques nous apportent de nouveaux matériaux. Ils doivent renforcer et enrichir l’analyse déjà engagée sur la nouveauté des enjeux du monde dans la base commune. Rédigé il y a trois mois, le texte de base commune que les communistes ont choisie a la qualité de pointer la nouvelle époque qui s’ouvre. Mais la crise pose dans l’actualité des questions nouvelles. Il s’agit donc maintenant d’enrichir ce texte. Et c’est aux communistes de le faire, dans le processus du Congrès qui est ouvert. La responsabilité de notre direction n’en est que plus importante pour permettre à davantage d’entre eux de prendre part au débat et de hisser nos décisions à la hauteur des possibles et des responsabilités nouvelles qui sont les nôtres. Je crois tout d’abord nécessaire de valoriser la vision résolument nouvelle portée par notre base commune. La première partie intitulée « Une nouvelle époque, un autre monde » actualise de manière conséquente notre analyse du monde en prenant la mesure de ce que nous considérons comme un véritable « changement d’époque ». Nous pointons dans le texte les traits saillants d’un processus de mondialisation aux multiples contradictions. L’objectif est d’identifier les nouveaux contours de la lutte, ses nouveaux territoires, les obstacles comme les leviers nouveaux qui se dessinent. Les problèmes du devenir du monde, de la mondialisation, ne sont plus des enjeux extérieurs. Il faut agir en permanence, dans les réalités comme dans les consciences, sur toutes les dimensions d’un problème, de sa plus grande proximité à sa dimension universelle, et toujours pour répondre à cette question : dans quel monde pouvons-nous et voulons-nous vivre ? N’est-ce pas d’ailleurs à la faveur de cette question universelle que la sympathie autour de la candidature de Barak Obama et la joie qui a accompagné son élection se sont cristallisées ? Cette élection a réellement été vécue comme une bonne nouvelle au milieu des bouleversements, des fracas, des violences qui secouent notre planète. La crise qui frappe aujourd’hui nos sociétés renvoie directement, elle aussi, à une conception de ce monde, à un projet, à une ambition à nourrir pour notre civilisation. Je ne développe pas davantage, mais je crois que le texte de la base commune constitue une véritable invitation à pousser les portes d’un autre monde. Mais, bien évidement, ce texte, s’il analyse les ressorts profonds qui mènent à la crise actuelle, ne pouvait prédire l’irruption de cette crise, avec sa soudaineté et sa violence. Pas plus qu’il ne pouvait prévoir les accélérations du débat d’idées et d’alternatives qui surgit dans son sillage. C’est autour de cette question que je centrerais maintenant mon propos. La récession est là. Le FMI vient encore de dégrader ses prévisions de croissance pour 2009. Il estime que, pour la première fois depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les pays développés seront en récession sur une année entière avec une contraction de leur Produit Intérieur Brut. Pascal Lamy, le directeur de l’OMC, confirme dans une récente interview : « Nous entrons dans une récession très sévère. » Nombre de pays du Sud sont au bord du gouffre ! Selon le rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture publié le 06 novembre, une nouvelle flambée des prix pourrait avoir lieu « qui déclencherait, je cite, des crises alimentaires encore plus graves que celles que nous avons vécues dernièrement. » Qui veut « moraliser le capitalisme » a décidément du pain sur la planche ! rappelait Francis Wurtz dans son rapport au dernier Conseil national, alors que seulement 10% des fonds d’urgence promis par les grandes puissances en juin dernier ont été versés à ce jour. Les pays émergents sont touchés par la crise, sans que l’on puisse encore en mesurer les conséquences sociales, comme en Inde ou au Brésil, mais aussi en Russie. La Chine, quant à elle, lance un gigantesque plan de relance et d’investissement dans de grands équipements et des infrastructures, mais des usines ferment et on commence à voir des travailleurs chinois manifester leur colère. L’Islande, la Hongrie et l’Ukraine ont tendu la sébile au FMI. Réponse des services de Dominique Strauss-Kahn à la Hongrie : une promesse de 30 milliards de dollars contre l’engagement d’une réduction du Service public, la préconisation du gel des salaires et la suspension du treizième mois dans la fonction publique. Toujours les mêmes recettes, toujours les même dogmes aussi côté gouvernement et majorité en France avec l’allongement de la durée du travail, la retraite à 70 ans, le travail du dimanche, le désengagement de l’état, la suppression massive d’emplois dans la fonction publique et dans les hôpitaux. La droite au pouvoir tente même de s’appuyer sur cette crise et ses effets sur les consciences pour accélérer encore ses réformes et avancer son projet de remodelage de notre société. La crise devait d’abord épargner l’Europe… Elle devait ensuite se cantonner à la sphère purement financière… Elle frappe dorénavant durement et bien réellement toutes les économies, avec son effrayant cortège de licenciements et de reculs sociaux. En France, l’emploi intérimaire est liquidé, les industries de l’automobile sinistrées, le BTP menacé, ainsi que le secteur aéronautique… et aucun pan d’activité n’est à l’abri. Selon les chambres d’agriculture, la baisse du revenu moyen des agriculteurs français serait comprise entre 10 et 20 pour cent. Toutes les prévisions d’investissements sont revues à la baisse et la consommation est frappée de plein fouet, ce qui ne manquera pas d’agir négativement sur l’ensemble des capacités productives et des services. Les familles modestes subissent une précarisation grandissante. Les femmes à faibles revenus, souvent en situation monoparentale sont les plus touchées. La misère gagne à la ville comme à la campagne. Les travailleurs pauvres deviennent une catégorie nouvelle, ce qui fait surgir la question sociale et des salaires sur le devant de la scène. L’inquiétude, et même l’angoisse concernant l’avenir montent dans la population. Le retournement est également spectaculaire dans des pays comme la Grande-Bretagne, l’Irlande ou l’Espagne, il y a peu encore cités en exemples. Que dire de la situation aux Etats-Unis : 25 millions de familles expulsées de leur logement depuis mars, 10 000 locataires expulsés chaque jour depuis septembre. Cette crise violente qui frappe l’Amérique n’est pas pour rien dans l’espoir suscité par la victoire de Barak Obama, qui se trouve face à des attentes et des exigences inédites dans son pays et face au monde. Partout, le choc est considérable. Si chacun de nos pays est menacé d’une crise sociale aux dimensions insoupçonnées, c’est que c’est tout un modèle de développement que nos peuples paient aujourd’hui au prix fort. Voilà pourquoi la contestation de ce modèle s’aiguise et s’étend. Je cite une fois encore le rapport de Francis Wurtz à notre dernière session du conseil national : « Nous vivons une période, où l’on se remet à discuter du capitalisme, non plus comme d’un état de nature, un horizon indépassable, l’aboutissement de l’aventure humaine en quelque sorte, mais comme d’un système procédant de choix politiques donnés, et qui vacille… » Jean Ziegler le dit à sa façon dans les colonnes de l’Humanité, vendredi : « La conscience collective va entrer dans un processus d’apprentissage et d’analyse. ». Et il poursuit : « La main invisible est finalement devenue visible, c’est celle des prédateurs. ». C’est vrai, des idées avancent. L’idée qu’on a bien su trouver des milliards en une nuit pour aller à la rescousse des banques. L’idée que l’argent n’est pas perdu pour tout le monde, qu’il y a des profiteurs. Un seul exemple pour illustrer mon propos : les salariés de Molex, en Haute-Garonne scandaient il y a quelques jours face à la menace de délocalisation de leur entreprise : « Molex : des Rolex pour les actionnaires, des Kleenex pour les salariés. » Un mot d’ordre de classe efficace, interpellant durement la société, accusant clairement les possédants. Oui, des idées se fraient un nouveau chemin : l’idée que ce monde marche sur la tête, que la recherche du profit pour le profit est néfaste pour l’intérêt collectif. C’est un terrain prometteur pour qui veut s’en prendre à la logique même du système. Mais, soyons en conscients, les dirigeants acquis à la conception de ce système ne cèderont rien. Les pouvoirs en place ne s’avoueront jamais vaincus, même si leurs dogmes s’effondrent. Ils s’apprêtent au contraire à faire payer les terribles dégâts de leurs choix dévastateurs aux peuples. Ils redressent la tête, parfois avec le cynisme et la morgue des possédants, tel Charles Beigbeider, le PDG de Powéo qui déclare : « La crise n’est qu’une redistribution des cartes. Les plus audacieux, les plus malins, les plus habiles peuvent en bénéficier. » Autrement dit, pendant la crise, les affaires continuent. D’ailleurs, 2008 s’annonce comme une année record pour les profits des entreprises du CAC 40. D’autres, notamment les politiques mesurent l’ampleur du choc et argumentent, comme Alain Juppé : « Je suis devenu altermondianiste, mais à la manière de l’économiste Joseph Stiglitz, qui rêve d’un autre monde sans être pour autant anticapitaliste. » C’est Nicolas Sarkozy lui-même qui avait fixé la ligne dès le début de la crise, dans son discours de Toulon. Comme d’habitude, son argumentation est directe, simple et efficace : Ce n’est pas un système qui est en cause, mais des dérives. Il n’y a rien entre le capitalisme et l’étatisme. Il faut refonder le capitalisme. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy avait arraché à Georges Bush la promesse d’un sommet qualifié de nouveau Bretton-Woods. Le G. 20, qui vient de se tenir, sans la participation de Obama, montre les limites de cette posture politique volontariste. Sarkozy a beau répéter que ce G20 est un moment historique, le texte adopté ne touche pas aux logiques qui prévalent actuellement et qui sont à l’origine de la crise. Bien sûr, les dirigeants du G20 ont du grain à moudre pour faire face aux contradictions réelles entre la puissance américaine et l’apparition de nouvelles zones d’influence liées à la mondialisation. Bien sûr, ils ont intérêt à corriger certains aspects du système rendus inacceptables aux yeux de l’opinion. Mais l’adaptation du système, son polissage, est hors de portée. Car la recherche insensée du profit, la spéculation, les déréglementations ne sont pas la mauvaise face du système, mais son vrai visage. On ne dompte pas le capitalisme, et on doit s’y soumettre si on ne veut s’attaquer à ses logiques. Il faut pour s’attaquer réellement aux problèmes substituer à la recherche du profit un nouveau moteur pour nos sociétés et notre planète. C’est ce qui met à l’ordre du jour une citoyenneté moderne et efficace ayant la main sur les affaires de la cité, de l’entreprise et du monde. Les tenants du système engagent donc une véritable bataille politique et idéologique sur les causes et le sens de cette crise qui secoue notre monde. Il convient pour eux de re-légitimer le capitalisme, d’obtenir son acquittement, et, mieux même sa réhabilitation. Voyons bien que les efforts déployés en ce sens par Sarkozy et les siens ne sont pas sans effet sur les consciences. C’est d’autant plus vrai que cette bataille s’appuie sur le fait que, même chez les plus critiques vis à vis du système, la peur du vide pèse. Car, c’est une donnée majeure de la situation, l’alternative au tout marchand, à cette force qui va avec ses violences, ses inégalités, ses injustices, reste à construire. Autrement dit, cette période d’intenses bouleversements peut-elle engendrer une alternative réaliste, convaincante, maîtrisée par les gens eux-mêmes ? Nous avons une place importante à occuper dans ce mouvement d’idées. Pour cela, nous avons je crois à développer notre argumentation autour de quelques grands axes : La maîtrise et le soutien d’une alternative passe d’abord par la perception que les fondements de cette crise sont à chercher dans le mode de développement actuel, à son stade mondialisé et financiarisé. Un système, pas un accident de parcours ou une dérive. Une crise inscrite dans la réalité même des structures capitalistes. Pas une perversion, le résultat d’une logique. Cette démonstration est, je crois, un élément décisif pour permettre que soient perçues les réformes profondes, structurelles, rompant vraiment avec les ressors du système qui sont à l’origine de la crise. Ce travail de profondeur doit être assorti de chiffres, de démonstrations, pour faire réfléchir, comme nous le faisons avec notre matériel en cours de distribution. Un matériel apprécié par les militants pour ces mêmes raisons. Il faut donc mener la bataille d’idées frontalement, en la faisant porter sur les fondements même du système. Deuxième idée : elle concerne les responsabilités de la politique dans ces choix. Il n’y a pas une main invisible, une mécanique implacable qui planerait au-dessus des hommes pour aboutir à ce résultat, qui plierait toute action publique à sa loi. Il y a des hommes, des politiques libérales ou sociales-libérales qui depuis plus de trente ans sont au service de ces choix. Le choix de peser contre les salaires au profit de la finance, des profits et de la spéculation. Le choix de la compression de la dépense publique. Le choix de la privatisation contre le service public. Le choix d’une construction européenne et de relations mondiales entièrement dévouées à la réalisation de ces dogmes politiques. Reagan n’avait-il pas déclaré à l’époque que l’état n’était pas la solution, mais le problème. Rappelons aussi, par exemple, les propositions de Sarkozy en faveur du crédit hypothécaire, aujourd’hui d’ailleurs étrangement relancées par l’UMP, et, bien-sûr, les logiques néfastes des traités européens. Donc, des responsables, des choix, une idéologie néo-libérale et une politique en France, en Europe et dans le monde. Troisième idée : si c’est bien un système qui génère cette situation, cette crise financière, mais aussi cette crise idéologique, sociale, alimentaire, énergétique, institutionnelle, écologique… alors seules des réformes rompant avec les ressorts du système peuvent ouvrir la voie à un modèle de développement radicalement nouveau. Il faut porter fortement l’idée de rupture. Rupture avec une conception de la productivité fondée sur l’abaissement des coûts salariaux et des dépenses sociales. Rupture avec l’excès d’argent disponible sur les marchés financiers qui nourrit les bulles spéculatives. Rupture avec la logique de « libre circulation des capitaux » et « l’économie de marché ouverte où la concurrence est libre ». Rupture, j’y reviens, avec l’abdication du politique face aux forces du marché, dont « l’indépendance » et les missions de la BCE sont une illustration caricaturale. Rupture aussi en inventant un nouveau mode de développement, avec au centre l’Homme comme but et comme moyen. Nous avons de solides propositions : en faveur du crédit sélectif, et pour cela d’un pôle bancaire public, de l’arrêt des privatisations et, au contraire d’un service public élargi et démocratisé, d’une réforme de la fiscalité avec la suppression du bouclier fiscal, d’une augmentation des rémunérations du travail, d’une réforme des statuts et des missions de la BCE, d’une monnaie commune mondiale et de la suppression des paradis fiscaux. Mais nous avons à situer, il faut y insister, ces indispensables réformes dans le cadre d’un nouveau mode de développement, appelant le plein épanouissement des Hommes dans le travail et la vie en société. Car réformer la finance ne constitue pas l’alpha et l’oméga de notre projet de société. Nous avons aussi à porter le débat sur la question des productions et des services utiles pour la société, fondés sur de nouveaux critères d’efficacité sociale et environnementale. Notre pays a tout autant et inséparablement besoin d’un essor prodigieux des libertés et de la démocratie participative réelle à l’entreprise. Cette question des pouvoirs nouveaux, du local au global, peut devenir un élément fort et structurant de l’apport communiste. Ce n’est pas une concession, mais le moyen de faire prévaloir ces réformes dans un processus conflictuel avec les forces du capital. Cette conception du dépassement du capitalisme pose en grand aussi la question de la refondation européenne pour un monde nouveau. Là encore, la base commune est porteuse d’innovations pour notre projet. Quatrième idée, je crois qu’il faut mener ce débat en lien étroit avec l’inquiétude qui s’exprime et qui risque encore de grandir quant aux retombées de cette crise sur la vie quotidienne des gens. Nous sommes avec les salariés, les retraités, les chômeurs, les enseignants et les postiers qui refusent de faire les frais de la faillite d’un système. Pour nous, il s’agit de faire le lien entre les exigences concrètes et quotidiennes des gens et les réformes structurelles très profondes appelées par la situation. Nicolas Sarkozy, interrogé lors du G20 sur la nature de la relance en France, évoque une politique d’investissement de l’état financé par les suppressions de postes de fonctionnaires, les nouvelles exonérations de la taxe professionnelle, les bienfaits des exonérations fiscales sur les heures supplémentaires. Nous réclamons, quant à nous, un plan de relance s’appuyant sur les réponses aux besoins sociaux, en premier lieu des mesures fortes pour soutenir la consommation et l’emploi, et nous considérons que c’est le meilleur antidote contre la crise. Cinquièmement, nous devons mener cette bataille d’idées en lien étroit avec les luttes, en cultivant notre apport spécifique, sur le double front des propositions et du rassemblement. Notre apport original, ce sont des idées alternatives et c’est permettre à la colère de s’exprimer dans l’action, la lutte, la résistance, la politique. C’est dans cet objectif qu’il faut inscrire notre campagne des 1000 rencontres. Il s’agit de permettre la participation réelle des citoyens, en favorisant leur maîtrise des enjeux et leur mise en mouvement. Nous voulons donner confiance, permettre aux citoyens de reprendre la main. Les premiers éléments qui nous parviennent sont franchement encourageants, avec cette même volonté de décrypter, de comprendre et d’agir que nous avions rencontré en 2005. Environ 150 initiatives se sont tenues dans tout le pays. Et partout du monde, de la passion, de l’engagement. La tenue de nos Congrès locaux et départementaux peut permettre de prendre les dispositions pour multiplier encore ces initiatives. De même, les Congrès locaux peuvent permettre de débattre des prolongements dans l’action à ces rencontres, avec des rassemblements aux Préfectures, par exemple, ou devant le siège d’une banque, ou encore devant une entreprise qui licencie. Nous nous engageons dans une bataille qui va durer et évoluera. Il faut la rythmer, la mettre en dynamique, agglomérer, fédérer des forces, avoir l’esprit de suite. N’hésitons pas, avec l’appel national initié par le Parti, à élargir nos réseaux et nos capacités d’action et de rassemblement. Le meeting du 27 novembre, à Japy, contribuera à rendre visible notre campagne. De même avec une initiative lors du Congrès, associant tous les délégués dans un moment de rencontre avec les salariés de La Défense. Le 2 décembre, à Orléans se tiendra une rencontre nationale sur la question du pôle financier public, comme nous en avions retenu le principe lors de notre dernière session. Un numéro spécial de l’HD paraîtra demain. On le voit, nous disposons de tous les éléments permettant une campagne en profondeur et dans la durée. Avec cette campagne, nous sommes dans le Congrès. Et de plein pied. Sixièmement, et ce sera ma conclusion, si seules des réformes profondes peuvent permettre de mettre l’argent au service des hommes, il faut maintenant un autre pouvoir, une autre majorité, et pour cela, de nouveaux rassemblements porteurs de ces exigences de changement. Convaincre du bien-fondé, du sérieux de nos propositions ne suffit pas. Compte-tenu de la gravité de la situation économique et sociale se trouve posée avec une force accrue la question de ce que j’appellerais « la solvabilité politique » de ces propositions. La mise en œuvre de réformes s’en prenant réellement au système appelle un mouvement populaire puissant et exigeant, un rassemblement politique porteur de cette volonté. De ce point de vue, nous sommes au pied du mur, et avec nous, toutes les forces se réclamant du changement. Mais c’est la question qui viendra tout à l’heure à notre ordre du jour. Cher-e-s camarades, Notre Congrès se situe à une période d’intense bouillonnement idéologique. La crise actuelle nous impose de hisser sa préparation et ses décisions au niveau des enjeux et des possibles. Les communistes sont disponibles pour cela et capables de répondre à cette exigence. |