Réforme du lycée : Darcos recule, lycéens mobilisésXavier Darcos a décidé de reporter la réforme du secondaire,
qu’il devait présenter mardi, pour ne pas "mettre le feu aux poudres", alors que
les blocus de lycées augmentaient.
Dans l’Humanité de mardi, retour sur une mobilisation qui a eu raison du gouvernement. Reportage à Saint-Raphaël. La crainte du scénario grec. Alors que la mobilisation dans les lycées va grandissante, le ministre de l’Education aurait choisi lui-même de différer la réforme et dément avoir obéi à une injonction de Nicolas Sarkozy, comme l’avance Le Figaro, précise Le Point.fr. Il "affirme au contraire que c’est lui qui a proposé au président de se donner davantage de temps et de pas courir le risque de voir cette réforme devenir l’étincelle qui mette le feu aux poudres". "Parti vendredi pour une visite en Israël et la Palestine qui a duré trois jours, il s’est longuement entretenu au téléphone tout au long de ses visite avec Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée", précise-t-il. Les discussions devraient reprendre avec les syndicats sur la réforme qui concernerait désormais l’ensemble des classes de lycées, non plus seulement la classe de seconde. Selon Le Figaro, l’Elysée juge nécessaire "d’approfondir le travail d’explication sur le lycée" afin notamment de calmer la colère des élèves du secondaire. Les lycéens restent mobilisésL’Union nationale lycéenne (UNL) a salué lundi le report de la réforme de la seconde par le ministre de l’Education Xavier Darcos tout en appelant à poursuivre la mobilisation. Le ministre, qui avance la nécessité de se "laisser plus de temps", a renoncé à présenter comme prévu mardi les modalités de sa réforme censée entrer en vigueur à la rentrée 2009. "Les lycéens ont obtenu une avancée. Le ministre recule sur la mise en application de sa réforme (de la seconde)", a déclaré la présidente de l’UNL, Lucie Bousser, lors d’une conférence de presse, saluant une "vraie victoire" pour le mouvement lycéen. "Malgré cela, on n’a pas de garanties sur la prise en compte des revendications lycéennes sur le reste de cette réforme du lycée et donc il faut que les lycéens continuent à se mobiliser", a-t-elle ajouté. L’UNL a maintenu son appel à une journée de manifestations dans toute la France jeudi prochain. runo Julliard, secrétaire national du PS à l’Education, a jugé lundi que le report de la réforme du lycée est "une première satisfaction", et il a appelé le ministre de l’Education Xavier Darcos à ne "pas faire uniquement une pause, mais à éteindre l’incendie". "C’est une première satisfaction qu’enfin les revendications et les craintes exprimées à la fois par les syndicats d’enseigants, de personnels non enseignants et des lycéens soient enfin entendues par Xavier Darcos, qui depuis plusieurs semaines était enfermé dans un autisme inquiétant", a déclaré à l’AFP l’ancien président de l’Unef. Mais, selon lui, "ce n’est pas suffisant". "Xavier Darcos, qui a agi un peu en pyromane depuis plusieurs semaines, ne doit pas uniquement faire un pause, mais éteindre l’incendie en revenant sur l’ensemble des suppressions de postes à la fois pour le budget 2009 et ce qui avait été décidé pour 2008". "J’espère que Xavier Darcos a compris qu’on ne réforme par l’éducation en divisant et en montant les personnels et les lycéens les uns contre les autres" ou "en humiliant les syndicats, comme il a trop souvent tendance à le faire", a souligné le responsable PS. Selon lui, "le report de la réforme du lycée ne suffira pas pour un retour au calme" et "pour répondre aux aspirations des jeunes et des enseignants, il faudra en finir avec la saignée administrée à l’Education nationale en général". "Une réforme des lycées est nécessaire", ajoute M. Julliard estimant que celle de Xavier Darcos omet de traiter trois sujets majeurs : "les méthodes pédagogiques", la "fin de la primauté des filières générales sur les filières professionnelles" et "la question des métiers de l’éducation". "Sur ces trois points, il faut ouvrir de larges discussions", propose-t-il. |