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Renault-Sandouville : Sarkozy renonce à rencontrer les ouvriers

Une partie des salariés de l’usine Renault de Sandouville, près du Havre, où 1.000 emplois doivent être supprimés, ont cessé le travail à l’occasion de la venue du président de la République.

Nicolas Sarkozy a renoncé à rencontrer les ouvriers sur les chaînes de l’usine Renault de Sandouville, parce que, a-t-il dit, "il est difficile de rencontrer les salariés quand ils font grève".

Le président de la république était arrivé lundi 6 octobre avec près d’une heure de retard à l’usine en raison de conversations téléphoniques qu’il a eues avec d’autres dirigeants européens à propos de la crise financière, a-t-on appris auprès de l’Elysée.

Accompagné du PDG du groupe Carlos Ghosn et des secrétaires d’Etat à l’emploi et à l’industrie Laurent Wauquiez et Luc Chatel, le président devait rencontrer en fin de matinée les syndicats de l’usine puis les élus locaux.

"On veut juste du travail"

Une partie des grévistes s’étaient regroupés à l’appel de la seule CGT devant les portes de cette usine de 3.700 salariés. "Sarkozy, t’es foutu les Renault sont dans le rue", ont scandé les manifestants qui ont allumé un feu de pneus et lancé des pétards.

Dans le rassemblement, figuraient des salariés de l’usine Renault de Cléon, près de Rouen et de sous-traitants comme Faurecia ou Plastic omnium.

Nicolas Sarkozy était chaudement attendu car plusieurs centaines de salariés de l’usine Renault de Sandouville, d’entreprises sous-traitantes et voisines du site ont manifesté, dans l’enceinte et à l’extérieur de l’entreprise pour exprimer leur opposition au millier de suppressions d’emploi prévues dans le cadre d’un programme global de restructuration.

"On veut juste du travail" ou encore : "Merci Sarko, merci Sarko !" A l’intérieur de l’usine, avant l’arrivée du chef de l’Etat, les grévistes criaient des slogans hostiles au gouvernement tandis que la gendarmerie mobile tentait de les contenir dans les bâtiments, hors de vue de l’entrée où devaient arriver le chef de l’Etat et Carlos Ghosn.

"Une honte"

Un élu CGT, Lionel Lepage, s’insurge : "Jamais on a vu la police entrer dans l’usine. C’est la première fois en 38 ans. C’est une honte. Même en 1968, la police n’est pas entrée ici. C’est une provocation. On cherche à provoquer les salariés alors que jamais, il n’y a eu le moindre incident à Sandouville".

"Ce sont juste des pères de famille qui perdent 400 euros par mois et qui tentent de dire : ’non, ça suffit’", dit un militant CGT, Nicolas Guermonprez. "Et on les parque, c’est une honte. C’est facile de fanfaronner à un meeting en disant qu’en France, quand il y a une manifestation, ça ne se voit pas. C’est facile d’envoyer plus de 100 CRS dans une entreprise privée pour bloquer les grévistes pour que ça ne se voie pas".

A l’extérieur de l’enceinte, quelque 400 manifestants de Renault, d’entreprises sous-traitantes et voisines du site manifestent également contre les suppressions d’emplois.

S’il comprend qu’"un salarié de 55 ans qui a travaillé toute sa vie à l’usine peut se résoudre à partir dans de bonnes conditions", Thierry le Paon, secrétaire général de la CGT de Normandie, considère que "ces suppressions d’emploi ne règlent pas le problème de l’automobile et du travail pour ceux qui resteront à Sandouville".

"Il n’y a pas de problèmes financiers car, s’il y en avait, Renault ferait un plan social avec des licenciements économiques. Les résultats financiers du groupe n’ont jamais été aussi bons", ajoute-t-il.