Situation
nouvelle -la crise-, recettes d’avant -les "juppettes". Face aux
conséquences de la crise financière, Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi un
plan de relance chiffré par le gouvernement à 26 milliards d’euros,
fait de mesures de soutien aux entreprises : grands travaux (des
lignes de TGV), et qui prévoit aussi des mesures de soutien à la
consommation comme une "prime à la casse" de 1000 euros pour les
véhicules de plus de dix ans.
Le président français a assuré dans un discours à Douai, que pour
les Français les plus démunis, "la logique économique ne doit pas
conduire à oublier", une prime exceptionnelle de 200 euros sera versée
à la fin du premier trimestre 2009 pour les futurs bénéficiaires du
Revenu de solidarité active (RSA), qui sera généralisé au 1er juillet.
Recyclage de crédits
Chiffré à 26 milliards d’euros pour les besoins de communication
gouvernementale, le plan comprend en réalité beaucoup moins de crédits
vraiment nouveaux et non programmés.
Il va ainsi accélérer les investissements publics déjà programmés, à
hauteur de 10,5 milliards d’euros. Chantier emblématique : quatre
lignes de TGV seront construites en parallèle entre 2010 et 2014.
Les investissements d’EDF, de Gaz de France, de La Poste, de la
RATP, de la SNCF et de Réseau ferré de France augmenteront de quatre
milliards d’euros l’an prochain par rapport à 2009.
L’Etat consentira des remboursements anticipés de ses dettes aux
entreprises pour 11 milliards d’euros. Ce qui fait dire à Jean-Luc
Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche, qu’avec "26 milliards d’euros,
le plan de relance de l’économie annoncé par Nicolas Sarkozy fait
d’emblée pâle figure face aux 360 milliards d’euros dégagés il y a
quelques semaines pour les banques et la finance".
Ce "plan Medef" offre selon lui "de nouveaux cadeaux aux entreprises,
sans moyen véritable pour soulager les travailleurs eux-mêmes et les
ménages". "C’est Noël avant l’heure pour les patrons !"
Pour le Parti communiste français
(PCF), ce plan de relance est un "aveu d’échec". "Le président de la
République reconnaît sa propre responsabilité et celle de sa majorité,
avec la casse du tissu industriel dénoncée par le PCF depuis plus de
trente ans".
"Une véritable politique de relance s’appuie sur l’augmentation des
salaires. Or les salariés se verront une fois de plus menacés de voir
leur emploi se transformer, à court terme, en chômage partiel. Bref,
quand Sarkozy relance, les salaires restent au point mort",
L’Etat propose par ailleurs aux collectivités locales le
remboursement anticipé d’un an de la dette de TVA en échange d’une
augmentation de leurs investissements et d’une réduction de leurs
délais de paiement. Une telle mesure doperait leurs capacités
d’investissement de quelque 2,5 milliards d’euros.
Le crédit d’impôt recherche sera remboursé par anticipation - soit
environ quatre milliards d’euros supplémentaires pour les entreprises
concernées début 2009.
1,8 MILLIARD DE PLUS POUR LE LOGEMENT
Une enveloppe supplémentaire de 1,8 milliard d’euros sera consacrée
au logement sur la période 2009-2010. Le prêt à taux zéro sera doublé
et un programme supplémentaire de 70.000 logements sera lancé sur
2009-2010 pour moitié dans le logement social et pour moitié dans le
logement intermédiaire.
Pour l’automobile, "il s’agit d’abord
d’écouler les stocks pour que la production reprenne", a
expliqué Nicolas Sarkozy.
Ainsi, une "prime à la casse" de 1.000 euros sera instaurée pour
tout achat d’un véhicule utilitaire léger neuf émettant moins de 160
grammes de CO2.
Le président français a souligné que l’Etat refuserait d’aider les
entreprises automobiles qui continueraient de délocaliser à l’étranger.
Allègements de charges patronales
Face à la dégradation du chômage, le gouvernement encouragera les
PME à recruter en leur accordant en 2009 des compensations de charges
sociales pour les nouvelles embauches jusqu’à 1,6 fois le smic. Nicolas
Sarkozy a appelé petits et grands patrons à ne "pas perdre le fil du
dialogue social".
L’ensemble des mesures dévoilées équivaut à 1,3 point du produit
intérieur brut (PIB) de la France et creusera le déficit public de 0,8
point en 2009, à 3,9%, au-delà du plafond fixé par le Pacte de
stabilité et de croissance européen.
Le gouvernement français renvoie désormais
à 2013-2014 le retour à l’équilibre
budgétaire, objectif initialement fixé à 2012.