A Strasbourg, Sarkozy célèbre la "famille" retrouvée. Manifestation ternie par des provocateurs


C’est une Alliance atlantique sans raison d’être depuis la fin de la guerre froide qui a fêté son 60e anniversaire à Strasbourg. Violents incidents entre quelques centaines de casseurs et gendarmes mobiles.
Interrogations sur la passivité de policiers alors que des incidents avaient débuté samedi matin même.

Strasbourg (Bas-Rhin) Envoyé spécial.

« Nous sommes de la famille, nous sommes dans la famille » C’est en ces termes que Nicolas Sarkozy a justifié la fin de la particularité française au sein de l’Alliance atlantique et l’alignement complet de notre pays dans l’OTAN, samedi dès l’ouverture du sommet. Il devait répéter cette formule marquant l’appartenance à un camp, lors de la conférence de presse finale, en compagnie de chancelière Angela Merkel.

Quelques mots donc pour signifier un renoncement à la pleine souveraineté en matière de défense. Les politiques étrangères conduites par ses prédécesseurs , marquées à plusieurs occasions par des prises de position indépendantes ou critique à l’égard des Etats-Unis, sont rangées dans ce que le président français a appelé « la période des soupçons ». Sans surprise, le retour de Paris dans les structures militaires intégrées est « saluée chaleureusement » dans la déclaration finale du sommet. Quant à « l’Europe de la Défense », si souvent vantée dans les enceintes européennes, Nicolas Sarkozy en a clairement défini les contours : elle est « complémentaire » à l’OTAN , elle est un « pilier » de l’Alliance dominée par les Etats-Unis . Une vision, notons-le au passage, tout à fait conforme au Traité de Lisbonne que Nicolas Sarkozy a fait ratifier par la France, sans consulter le peuple.

(Par Jean-Paul Pierot)

- De violents incidents se sont produits samedi après-midi à Strasbourg en marge du sommet de l’Otan, éclipsant une manifestation pacifiste qui a été écourtée. La tension, palpable dès l’aube, a culminé dans l’après-midi avec la mise à sac de plusieurs bâtiments par des centaines de casseurs près du Pont de l’Europe, point de passage entre la France et l’Allemagne.

Photo BrozTito/phototheque.org

- Manifestants anti-Otan et forces de l’ordre s’étaient affrontés auparavant à coups de pierres et de cocktails Molotov pour les uns, de grenades lacrymogènes et assourdissantes pour les autres, alors que la foule ne pouvait accéder au point de départ de la manifestation en raison du retard pris par le programme officiel du sommet de l’Otan.

- Avant le départ du cortège, les casseurs, au nombre d’un millier selon la police, ont saccagé l’ancien poste de douane du Pont de l’Europe qui avait été réactivé cette semaine pour des contrôles aux frontières. Sur ses murs incendiés on pouvait lire : "Tremblez capitalistes" et "Guerre sociale".

Policiers longtemps invisibles

- Après avoir allumé un feu de pneus et détruit un radar automatique, les activistes ont mis à sac une station-service puis s’en sont pris à une pharmacie, à un distributeur de billets et à l’Hôtel Ibis qu’ils ont également incendiés.

- Ces événements ont duré une heure vingt sans que les forces de l’ordre, massées à proximité, n’interviennent, provoquant l’incompréhension des habitants de la très populaire cité du Port du Rhin qui jouxte le pont de l’Europe.

La colère de Marie-George Buffet

Dans cette ambiance chaotique, la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, criait sa colère.

- "Une volonté pacifique s’exprimait dans la manifestation contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Les pacifistes allemands sont bloqués à la frontière et les provocateurs cassent," a-t-elle dit à Reuters.

Photo BrozTito/phototheque.org

- "Si les autorités avaient laissé la manifestation tranquillement se mettre en place, elle se serait bien déroulée et on aurait eu ce soir des images de paix. A la place, on aura des images de guerre", a-t-elle ajouté alors que, derrière elle, s’élevaient trois énormes panaches de fumée noire.

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