Strasbourg
(Bas-Rhin)
Envoyé spécial.
« Nous sommes de la
famille, nous sommes dans la famille »
C’est en
ces termes que Nicolas Sarkozy a justifié la fin de la
particularité
française au sein de l’Alliance atlantique et
l’alignement complet de
notre pays dans l’OTAN, samedi dès
l’ouverture du sommet. Il devait
répéter cette formule marquant
l’appartenance à un camp, lors de la
conférence de presse finale, en compagnie de
chancelière Angela Merkel.
Quelques mots donc pour signifier un
renoncement à la pleine
souveraineté en matière de défense.
Les politiques étrangères conduites
par ses prédécesseurs , marquées
à plusieurs occasions par des prises
de position indépendantes ou critique à
l’égard des Etats-Unis, sont
rangées dans ce que le président
français a appelé « la
période des
soupçons ». Sans surprise, le retour de
Paris dans les structures
militaires intégrées est
« saluée
chaleureusement » dans la déclaration
finale du sommet. Quant à
« l’Europe de la
Défense », si souvent vantée
dans les enceintes européennes, Nicolas Sarkozy en a
clairement défini
les contours : elle est
« complémentaire »
à l’OTAN , elle est un
« pilier » de
l’Alliance dominée par les Etats-Unis . Une
vision,
notons-le au passage, tout à fait conforme au
Traité de Lisbonne que
Nicolas Sarkozy a fait ratifier par la France, sans consulter le peuple.
(Par Jean-Paul
Pierot)
De
violents incidents se sont produits samedi après-midi
à Strasbourg en
marge du sommet de l’Otan, éclipsant une
manifestation pacifiste qui a
été écourtée. La tension,
palpable dès l’aube, a culminé dans
l’après-midi avec la mise à sac de
plusieurs bâtiments par des
centaines de casseurs près du Pont de l’Europe,
point de passage entre
la France et l’Allemagne.

Manifestants
anti-Otan et forces de l’ordre s’étaient
affrontés auparavant à coups
de pierres et de cocktails Molotov pour les uns, de grenades
lacrymogènes et assourdissantes pour les autres, alors que
la foule ne
pouvait accéder au point de départ de la
manifestation en raison du
retard pris par le programme officiel du sommet de l’Otan.
Avant
le départ du cortège, les casseurs, au nombre
d’un millier selon la
police, ont saccagé l’ancien poste de douane du
Pont de l’Europe qui
avait été réactivé cette
semaine pour des contrôles aux frontières. Sur
ses murs incendiés on pouvait lire : "Tremblez
capitalistes" et "Guerre
sociale".
Policiers longtemps
invisibles
Après
avoir allumé un feu de pneus et détruit un radar
automatique, les
activistes ont mis à sac une station-service puis
s’en sont pris à une
pharmacie, à un distributeur de billets et à
l’Hôtel Ibis qu’ils ont
également incendiés.
Ces
événements ont duré une heure vingt
sans que les forces de l’ordre,
massées à proximité,
n’interviennent, provoquant
l’incompréhension des
habitants de la très populaire cité du Port du
Rhin qui jouxte le pont
de l’Europe.
La colère de
Marie-George Buffet
Dans cette ambiance chaotique, la
secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George
Buffet, criait sa colère.
"Une
volonté pacifique s’exprimait dans la
manifestation contre le retour de
la France dans le commandement intégré de
l’Otan. Les pacifistes
allemands sont bloqués à la frontière
et les provocateurs cassent,"
a-t-elle dit à Reuters.

"Si
les autorités avaient laissé la manifestation
tranquillement se mettre
en place, elle se serait bien déroulée et on
aurait eu ce soir des
images de paix. A la place, on aura des images de guerre", a-t-elle
ajouté alors que, derrière elle,
s’élevaient trois énormes panaches de
fumée noire.