Trois jours pour un Tour de France anti-criseCoup
d’envoi des trois jours d’initiatives anti-crise du PCF organisées sur
de nombreux sites de production dans tout le pays. Dialogue,
informations, via un document de quatre pages tiré à plusieurs millions
d’exemplaires, exposant les propositions communistes.
Coup de projecteur dans l’Humanité de vendredi sur Amora à Dijon, Renault à Douai et Natixis à Ivry-sur-Seine. Les militants communistes sont sur le pont à partir d’aujourd’hui et sans interruption jusqu’à samedi, pour alerter les salariés sur les dangers des « prétendues mesures gouvernementales contre la crise » et populariser leur plan de contre-propositions pour relancer l’économie. Mot d’ordre principal : « Les richesses produites par le travail doivent aller aux salaires et à l’emploi, non aux actionnaires ». C’est ce qu’a réaffirmé, hier, la secrétaire nationale du PCF, venue donner le coup d’envoi de cette mobilisation nationale devant l’usine PSA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le maire du Blanc-Mesnil, Didier Mignot, et Hervé Bramy, conseiller général, accompagnaient la responsable communiste, de même que Joël Biard, militant communiste et représentant syndical au Conseil économique et social régional. « On parle de 5 à 6 milliards d’aides au secteur sans aucune garantie sur leur utilisation », s’exclame Marie-George Buffet, indignée par les déclarations du PDG de PSA qui juge « irresponsable » de s’engager à ne pas fermer d’usine… Elle propose que « l’État prenne part au capital du constructeur », pour garantir que « l’argent serve à indemniser les jours de chômage partiel, rehausser les salaires et embaucher en CDI les intérimaires ». Et à « relocaliser les productions des petits modèles en France ». Des propositions accueillies favorablement par les salariés, mécontents de la politique de Nicolas Sarkozy. « C’est inadmissible de ramasser l’argent pour fermer des usines. Sarkozy n’a tenu aucune promesse, témoigne Goul, ouvrier à la chaîne. Après vingt ans d’ancienneté, je suis payé 1 400 euros par mois. Où est le pouvoir d’achat ? Ici on bosse dur. On ne veut pas travailler le dimanche ou jusqu’à 70 ans. » « Après nous avoir mis au chômage trois jours en décembre, la direction nous impose de venir le samedi ! Où est notre dignité ? », renchérit Mohamed, opérateur de montage. Pour eux, c’est sûr, « le 29, on va débrayer ». Même ton offensif chez les syndicalistes venus à la rencontre des communistes. « On a déjà connu cela, les patrons qui encaissent l’argent public et qui délocalisent », explique Mohamed Khenniche, secrétaire de SUD à Aulnay. « Ici, le personnel a peur. On nous a déjà supprimé une des deux chaînes de montage. Pas d’accord pour faire des samedis supplémentaires alors qu’on nous a mis au chômage en décembre. Le patron fait du cinéma pour obtenir des aides. Il doit s’engager à maintenir l’usine. » Pour Philippe Julien, secrétaire de la CGT à Aulnay, « il n’y a pas lieu de supprimer des emplois, alors qu’on demande des heures sup aux salariés. PSA va annoncer des bénéfices pour 2008. S’il y a de l’argent à mettre, c’est pour créer des emplois ». Le samedi 29, jour de mobilisation syndicale, il compte sur « un vrai coup de colère des salariés ». Et espère « le relais des partis de gauche » pour les soutenir dans leur action et leur exigence de « rendre l’argent utile ». |