
Un front de gauche, pour
quoi faire ? Table ronde
avec :
Éric Coquerel du Parti de gauche, Sandra Demarq du Nouveau
parti
anticapitaliste, Christine Mendelsohn du Parti communiste
français et
du Parti de la gauche européenne, Georges Sarre du Mouvement
républicain et citoyen
Le
Front de gauche pour les élections européennes
est en cours de
constitution. La dynamique de ses premières initiatives
publiques à
Frontignan et à Marseille a surpris…
Christine
Mendelsohn.
À Marseille, le 10 février, il y avait du monde,
de l’humour et une
sacrée envie de continuer la dynamique unitaire qui avait
marqué les
esprits en 2005, dans la campagne du référendum.
Il y avait beaucoup de
responsables syndicaux des unions départementales et locales
et de
secteurs comme le transport, le commerce, les ports, etc. À
la fin du
meeting, plusieurs nous ont parlé de leurs efforts pour que
l’appel à
la journée de mobilisation du 19 janvier soit unitaire. Ils
attendent,
pour les élections européennes, les
mêmes efforts des partis qui
remettent en cause le capitalisme. Parce que la situation est grave.
Les
initiateurs du Front de gauche, PCF et
Parti de gauche, se sont adressés, entre autres, au NPA et
au MRC pour
élargir ce front. Dans quel état
d’esprit êtes-vous, Sandra Demarq et
Georges Sarre, pour répondre à cette
proposition ?
Sandra
Demarq. Au
congrès de fondation du NPA, nous venons d’adopter
une résolution sur
cette question, spécifiquement. Nous l’avons
envoyée à l’ensemble des
forces à la gauche du Parti socialiste. Nous pensons, bien
évidement,
que l’unité est faisable et doit être
faite, mais sur un contenu et de
façon durable. L’urgence est de changer le rapport
de forces politique,
pas seulement pour les élections européennes.
Georges
Sarre. Nous
avons eu une rencontre avec les initiateurs du front de gauche. Je leur
ai remis, comme à toutes les formations politiques de
gauche, un texte
au nom du MRC. Une alliance vaut par ce qu’elle
représente mais aussi
par les engagements qu’elle prend. Il est donc souhaitable
que l’on
s’appuie sur le fond pour voir ce que l’on veut
faire. Aujourd’hui au
sein du MRC, certains estiment qu’il faut essayer de pousser
le PS le
plus loin possible. D’autres sont sur une autre ligne. Nous
en
débattons et en mars nous ferons le choix
d’être dans une alliance avec
ceux avec qui nous croyons pouvoir travailler. En ce qui me concerne,
je trouve la démarche du Front de gauche tout à
fait intéressante mais
faut-il encore voir le fond.
Quels sont,
selon vous, les enjeux de ces élections et quels sont vos
objectifs ?
Éric
Coquerel. La
situation générale explique le succès
de nos premières initiatives -
d’ailleurs, à Frontignan, une
représentante du MRC et un représentant
du MPA ont pris la parole. Les périls
s’amoncellent. Il y a le chômage
mais aussi les problèmes écologiques,
complètement oubliés dans les
« solutions sauve qui peut »
proposées par les différents
gouvernements. Il y a la paix, car on sait comment la
dernière crise de
cette ampleur, celle de 29, s’est terminée. Face
à cela, notre peuple
ne se résigne pas. Il était là le 29
janvier, il sera vraisemblablement
là le 19 mars. Il accule Nicolas Sarkozy à la
défensive. Si on pense,
comme nous, que changer de politique passe par les
élections, il faut
un autre débouché politique que celui
d’une gauche qui se contente
d’accompagner le libéralisme et qui, depuis vingt
ans, n’est plus
capable de battre la droite. Les élections
européennes permettent
d’envoyer un message fort en montrant que nous pouvons
être, ensemble,
à la hauteur des attentes populaires. Depuis le
référendum sur le
traité constitutionnel européen, on peut estimer
que la gauche du
« non » a un mandat populaire qui
lui permet d’aspirer à être
majoritaire sur une ligne de coupure claire avec la logique du
système
capitaliste. Concrétiser cela changerait la donne. Au Parti
de gauche,
nous estimons que le Front est une construction politique qui doit
servir pour la suite. Mais sa durabilité ne doit pas
être un préalable.
Nous devons déjà montrer qu’il peut
marcher.
Georges
Sarre. Il
est nécessaire de fixer le cadre pour que le combat puisse
être mené
dans des conditions qui permettront d’avancer. Que
constatons-nous ?
Des dirigeants politiques, de prétendus experts, des
commentateurs
autorisés limitent la crise à son aspect
financier alors que c’est
aussi une crise économique et sociale. Ce n’est
pas un incident de
parcours, qui nécessiterait réajustement et
régulation, c’est la
faillite du système capitaliste financier
mondialisé piloté par les
États-Unis, l’OMC, le FMI et relayé par
l’Union européenne.
Christine
Mendelsohn.
Je voudrais revenir sur l’origine de cet appel pour un front
de gauche.
En septembre, lorsque la crise du capitalisme s’approfondit
et s’étend,
l’Union européenne reste inerte. Sarkozy
déclare qu’il va sauver les
banques et accélérer les réformes pour
rendre les entreprises plus
compétitives dans la mondialisation capitaliste. Le monde du
travail
souffre depuis longtemps mais la situation devient exceptionnelle.
Doit-on se contenter de regarder le capitalisme se refaire une
santé
sur les fonds publics ? C’est dans ce contexte,
conscient qu’il ne
changerait pas l’Europe seul, que le PCF a lancé
un appel au
rassemblement. Nous sommes aujourd’hui devant une urgence.
Pour être
crédible, le rassemblement doit
s’élargir. Avec 8 circonscriptions et
72 députés à élire, cela
devrait être possible.
Sandra
Demarq.
D’accord sur l’urgence sociale. C’est
pour cela qu’il faut un contenu
au rassemblement. Au NPA, nous ne sommes pas pour
l’unité à tout prix,
pour avoir des élus à tout prix. La LCR a eu une
petite expérience à
l’Assemblée européenne, je ne dirai pas
que des élus ne servent à rien
mais c’est très difficile. Comment changer cette
Europe aujourd’hui ?
Être contre le traité de Lisbonne ne suffit pas.
Nous sommes pour le
retrait de tous les traités précédents
et pour une Europe qui harmonise
les législations sociales par le haut. Pour nous, le
débouché
politique, ce n’est pas un front de gauche pour les
élections
européennes, c’est un front de gauche dans les
luttes, les
mobilisations. Nous ne voulons pas que l’espoir se transforme
en grosse
déception. Nous ne voulons pas de la subordination au Parti
socialiste.
C’est une question cruciale. Nous voulons donc un front
durable pour
changer durablement le rapport de forces dans la gauche.
Christine
Mendelsohn.
Parlons contenu, nous proposons d’y travailler ensemble
à partir de 5
axes. Le premier : un nouveau modèle social pour
l’émancipation des
hommes et des femmes. Le deuxième : une
réorientation financière pour
aller vers cette finalité. Troisième
axe : une initiative écologique.
Quatrième axe : une démocratie citoyenne
et économique. Et le dernier :
des interventions internationales pour la justice et la paix. Il y a
donc bien un contenu au départ dans la proposition de front
de gauche.
Quant au rôle des députés
européens, dire qu’ils n’ont aucune
importance, c’est aller vite en besogne. La directive
Bolkestein, la
« Bolkestein des mers » ou la
semaine de 65 heures ont été bloquées
par
les mobilisations et par nos élus au Parlement
européen. Sur Gaza,
l’action du groupe de la GUE (1) a été
essentielle. Et je rappelle le
rôle de ses députés, de Francis Wurtz,
en 2003, quand ils ont rendu
publique la partie III du traité constitutionnel et permis
aux Français
de s’emparer d’un débat que tous les
autres groupes au Parlement
européen voulaient confisquer. Quant à la
durabilité du front, si un
processus fort se met en marche, le camp de la transformation sociale
en sortira renforcé et toutes les questions se poseront
différemment
par la suite.
Georges
Sarre. Bien
entendu, il faut faire vite. Le peuple souffre, il y a les
licenciements, les délocalisations, une sorte de
délitement de la
société. Mais il est essentiel de fixer des bases
programmatiques pour
savoir où on peut aller, ce qu’on veut faire.
Ainsi, il faut en finir
avec la libre circulation des capitaux qui leur donne toute puissance
sur le monde du travail, avec le libre-échange qui met les
peuples en
concurrence, avec le nivellement social et environnemental par le bas.
Il faut taxer les mouvements de capitaux spéculatifs et
bannir les
paradis fiscaux. Le protectionnisme n’est pas une abomination
en soi.
Et il faut une mauvaise foi remarquable pour affirmer que le
libre-échange permet le développement des pays du
Sud. Si on parvient à
des accords, il est souhaitable que nous fassions des propositions
concrètes. Mais Sarkozy est au pouvoir pour plus de deux
ans, sa
majorité aussi. Que les députés de
gauche se battent à Paris, oui, cela
ne va pas loin ! Quant au niveau européen, trois
ans dans cet hémicycle
me font penser qu’on ne peut pas faire grand-chose.
Éric
Coquerel. Si
on part divisés et qu’aucun
député de la gauche du
« non » n’entre au
Parlement européen, ce qui est le risque, on va vite
s’apercevoir que
des élus, cela sert. On mesurera alors le vide,
même si nous savons que
changer l’Europe n’est pas une question qui se pose
seulement au niveau
du Parlement européen. Où est
aujourd’hui la fracture ? Est-elle entre
ceux qui sont pour un anticapitalisme
« pur » et ceux qui remettent en
question la logique actuelle du capitalisme financiarisé,
mondialisé.
Est-elle entre ce que dit Sandra et ce que dit Georges ?
N’est-elle pas
plutôt avec ceux qui pensent qu’on ne peut plus
rien faire d’autre
qu’accompagner le capitalisme ? Et je vois une autre
urgence dans la
situation actuelle : la démocratie.
Aujourd’hui le capitalisme est nu,
il remet partout en cause la souveraineté populaire.
À nous donc de
construire un débouché politique.
Sandra
Demarq. Pour
changer l’Europe, ce n’est pas des élus
même de la gauche
anticapitaliste qu’il faut, c’est une vraie
révolution démocratique.
Les institutions européennes sont à
l’opposé de la démocratie. Les
élus, même les plus anticapitalistes, ne peuvent
pas y faire
grand-chose. Le NPA veut l’unité mais sur un
contenu. Les 5 axes que
nous a donnés Christine me conviennent mais
qu’est-ce qu’on dit sur
l’interdiction des licenciements, sur
l’augmentation des salaires ?
Comment défend-on les services publics ? Que
fait-on des aides
publiques ? Faut-il que l’Europe sorte de
l’OTAN ? Nous pensons que
c’est primordial. Que fait l’Europe sur la
Palestine, sur Gaza ? Toutes
ces questions sont pour nous centrales. On nous dit que ce front sera
une première étape. Mais il faut être
sérieux, au moment des élections
européennes la préparation des
élections régionales sera bien avancée
dans la plupart des régions et les accords avec le PS
bouclés. Notre
insistance sur la durabilité et
l’indépendance vis-à-vis du Parti
socialiste n’est pas infondée.
Christine
Mendelsohn.
Nous ne nous comprenons pas sur l’urgence ! Beaucoup
de choses bougent
en Europe. En Irlande, le Sinn Féin a aujourd’hui
besoin du soutien des
progressistes européens pour que le traité de
Lisbonne que les
Irlandais ont enterré ne soit pas
déterré. Or on sait que ce traité
synthétise tous les autres traités
européens et donne un statut aux
politiques libérales. Prenons les
délocalisations, je suis allée
soutenir les salariés de Renault Dacia en avril 2008. Deux
ans après
l’entrée de la Roumanie dans l’Europe,
la lutte de classes se développe
dans ce pays. En Allemagne les couches moyennes qui,
jusque-là,
soutenaient la social-démocratie et donc les
traités européens sont en
train de changer d’avis. Pour le G20, le 28 mars, les
syndicats
allemands préparent une très grande manifestation
qu’ils appellent
« Fermez le casino ». Nous devons
être à la hauteur de tous ces
changements, ne pas rester campés sur nos petits
intérêts de parti,
entrer dans le mouvement. Nous sommes à un tournant de
l’histoire de
l’Europe.
Georges
Sarre. Je
partage ce point de vue. Si j’ai insisté sur le
programme c’est que
j’ai toujours été partisan du mouvement
d’en bas et du mouvement d’en
haut. Il faut réaffirmer le rôle de
l’État, des services publics. C’est
à cette condition que les citoyens retrouveront les
commandes d’une
économie au service de la population, respectueuse des
aspirations
sociales et de notre environnement ; il faut redonner la
priorité à
l’aménagement du territoire, aux productions
industrielles
respectueuses de l’environnement, créatrices
d’emplois. Bref, il faut
une politique industrielle. En ce qui concerne l’argent
public, je
pense autant à la nécessité
d’un pôle bancaire public qu’au levier de
la commande publique. Il faut une administration impliquée
dans le défi
économique et social, et au service de
l’intérêt général.
Voilà ce qui
à nos yeux est le plus important. Et il faut des
propositions réalistes.
Éric
Coquerel.
Est-ce qu’on peut proposer à tous ceux qui
n’ont que leur force de
travail pour vivre, et qui sont la grande majorité, un
débouché
positif ? Nous sommes convaincus que oui. Ce qui nous
rapproche est
plus important que ce qui nous éloigne. Il suffit de se
rapporter aux
différents textes que nous avons produits depuis des
années. Si en juin
nous sommes capables de présenter une liste unitaire, elle
peut
terminer en tête.
Qu’est-ce
qui vous fait penser que c’est possible ?
Éric
Coquerel.
D’abord, le vote de 2005 sur le traité
constitutionnel européen, la
majorité de ce qu’on appelle le peuple de gauche
et, plus encore, la
majorité des classes populaires votent
« non ». Ensuite, le score
cumulé des uns et des autres produit un résultat
important. C’est ce
que confirme un sondage qui donne 14,5 % à une
liste du Front de gauche
bien qu’elle n’existe pas encore. Mais surtout, il
y a la mobilisation
sociale. Et le Front de gauche est en phase avec elle. Autant de
raisons qui montrent qu’il n’est pas inenvisageable
d’arriver en tête,
qu’il faut en tout cas le tenter pour changer la donne en
France mais
aussi en Europe. Car existe le danger que la gauche
européenne
disparaisse ou devienne une sorte de parti démocrate
à l’américaine.
Par contre si une gauche anticapitaliste s’affirme en France
au côté de
Die Linke en Allemagne et des autres partis du groupe de la GUE, le
message qui sera envoyé sera assez fort pour marquer les
échéances à
venir. Au Parti de gauche, nous pensons que les changements doivent se
faire par les urnes, en gagnant la majorité devant le
suffrage
universel. Si on entend par
« indépendance vis-à-vis du
Parti
socialiste », ne jamais rien faire pour
être majoritaire, nous ne
sommes pas dans cette logique. En cela nous sommes fidèles
à la
tradition jaurésienne pour qui le socialisme se construit
évidemment
par les mobilisations mais aussi par la démocratie.
Sandra
Demarq. Nous
ne pensons pas que les scores se cumulent, nous en avons fait
l’expérience. Et nous ne pensons pas que les
sondages font le rapport
de forces. Le NPA souhaite une fédération de
l’ensemble de la gauche
anticapitaliste aux élections européennes et
après. Nous ne sommes pas
pour des accords à géométrie variable
et pour un coup électoral. Cela
ne correspond pas à l’espoir que nous ressentons
tous dans le monde du
travail. Dès que l’on discute politique, on nous
dit : ce serait bien
que la gauche radicale se fédère. Le NPA est
d’accord là-dessus, mais
sur un contenu et pas seulement pour juin 2009.
Georges
Sarre. Les
élections européennes sont extrêmement
difficiles. Sont-elles vraiment
importantes ? Oui, parce que les citoyens français
sont invités à
s’exprimer mais ce sont des élections
où on observe un taux
d’abstention relativement important. Il faut donc
relativiser. Dans
cette campagne le meilleur service qu’on puisse rendre
à la gauche et
au Parti socialiste c’est de l’aiguillonner. Il est
tout à fait heureux
qu’un accord à deux pour le Front de gauche existe
déjà.
Christine
Mandelsohn.
Dans quel état sera la population en juin 2009 ?
L’argent des plans de
relance va encore dans les mêmes poches. Nous vivons une
aggravation de
la situation. Sarkozy et les libéraux, partout, sont
obligés, pour se
maintenir, de réduire chaque jour davantage les
libertés. En même temps
des gens entrent en politique, même s’ils
n’adhèrent pas à des partis.
Et pour le 29 janvier, la CGT a dû mettre en place un
numéro spécial
pour répondre aux demandes de ceux qui se mettaient en
grève pour la
première fois. L’Appel des appels
témoigne aussi de ce phénomène. Dans
ce contexte je ne comprends pas que le NPA choisisse la mise en
concurrence plutôt que l’unité. Mais je
remarque qu’à Marseille comme à
Frontignan, il y avait beaucoup de personnes du NPA dans la salle. En
2005, nous avons fait le pari de l’intelligence et nous avons
fait
ensemble une campagne très forte. C’est
à ce niveau que nous devrions
nous mettre pour gagner de nouveau.
Sandra
Demarq. Le
NPA n’a aucun adversaire ou concurrent dans le camp de la
gauche
radicale. Notre premier adversaire est Sarkozy et son gouvernement, il
faut que cela soit très clair. 2005 était une
très belle aventure. Mais
le camp du « non »
n’existe plus. Les socialistes se sont regroupés
autour de la synthèse du Mans et, au dernier
congrès du PS, il n’y
avait plus de différence entre ceux qui avaient
voté oui et ceux qui
avaient voté non. Les Verts, Bové notamment, se
sont ralliés à
Cohn-Bendit. Mais surtout la situation politique et sociale
n’est plus
la même. Pour nous, l’urgence c’est
être présents dans toutes les
luttes, c’est résister ensemble,
répondre positivement à ce qui s’est
passé le 29 janvier, montrer qu’il y a une gauche
qui résiste à la
politique de Sarkozy. Cette position du NPA a été
votée à une très
large majorité (plus de 76 %) lors du
congrès de fondation. Nous
continuerons donc sur cette orientation, il n’y a pas
d’opposition
entre les comités locaux et la direction du NPA.
Georges
Sarre.
L’unité est toujours difficile, il n’y a
pas d’exemple contraire. Mais,
heureusement, cela arrive. Il faut que l’accord,
s’il y en a un,
parvienne à créer une dynamique. Les
électeurs français se souviennent
parfaitement du référendum. Une bataille qui
prendrait en compte cet
élément en serait - facilitée. Nous
avons au MRC une devise :
comprendre, vouloir, agir. Elle mérite
d’être - appliquée.
Éric
Coquerel. Le
Front de gauche existe, ce n’est pas quelque chose
d’abstrait. Et son
programme ne sera pas celui d’une de ses composantes mais le
résultat
d’un compromis. Sandra dit que le camp du
« non » a
éclaté. Je constate
que toutes les tribunes du référendum tiennent
plutôt bien la route, à
part malheureusement José Bové qui, selon nous,
s’égare. Francine Bavay
et Martine Billard, des Verts, ont annoncé
qu’elles ne feraient pas la
campagne de Cohn-Bendit et il n’est pas dit
qu’elles ne feront pas la
campagne du Front de gauche. Quant aux socialistes du
« non », un
certain nombre viennent de quitter le PS pour créer le Parti
de gauche.
Sandra dit que les forces ne s’additionnent pas. Elle dit
aussi
qu’après ce qu’elle appelle un
« coup électoral »
tout le monde se
retrouvera comme avant dans les majorités
exécutives avec le Parti
socialiste. Ce raisonnement fait abstraction de deux choses.
D’une
part, si le NPA est dans le Front ce n’est pas la
même chose que s’il
reste à l’extérieur. D’autre
part, il y a la crise, ce que Georges
appelle la faillite. Si nous ne sommes pas capables de proposer un
débouché politique, ce que ne peuvent plus faire
les -
sociaux-démocrates aujourd’hui, le danger de
l’extrême droite
nationaliste est à prendre très au
sérieux. Entre essayer de faire
quelque chose ensemble, même en n’étant
pas certain que cela réussisse,
et le risque d’une dérive catastrophique pour
notre peuple, le choix,
pour moi, est clair.
Christine
Mendelsohn.
J’entends ce que dit Sandra sur la résistance,
mais, au Parti
communiste, nous n’avons pas renoncé à
résister et à construire. Je
pense, par exemple, à l’action des élus
communistes, à côté de
Marseille, sur l’étang de Berre. Avec les
syndicalistes, ils ont mis
sous surveillance de grandes entreprises comme ArcelorMittal, STM
electronic, etc., qui se déclarent actuellement en
difficulté. Les
élections peuvent donner des outils politiques pour
défendre ceux qui
n’ont que leur travail pour vivre. Et dans ce scrutin la
question des
ruptures à faire pour que le politique reprenne le pas sur
l’économique
est posée. Quand le 29 janvier j’ai
distribué dans la manifestation des
tracts pour le meeting de Marseille, les gens étaient
heureux
d’apprendre qu’il y aurait sur la même
estrade Wurtz et Mélenchon. Pour
eux cela à un sens. Le Front de gauche est une locomotive
qui a
démarré. J’espère que
l’on pourra être encore plus nombreux dans ce
rassemblement.
Sandra Demarq. Si on fait alliance, ce ne
sera pas sur notre
programme, nous en sommes conscients. Nous sommes prêts
à faire des
compromis, pas des compromissions. Le contenu doit être la
réponse à la
crise et clairement anticapitaliste. On est d’accord
là-dessus. C’est
sur la tactique électorale qu’on l’est
moins. Il faut continuer à
discuter sans faire traîner les choses parce qu’en
effet, il y a
urgence.
(1) GUE :
groupe de la Gauche unitaire européenne.
Réagir :
|