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La Constitution de la Vème République fête ses cinquante ans

7 octobre 1958 – 7 octobre 2008. C’est un anniversaire sana fanfare que ce cinquantenaire de la Constitution.

Votée en temps de guerre (contre l’Algérie), la Constitution de 1958 a imprimé à la Vème République un déséquilibre fondamental des pouvoirs au profit du chef de l’état, au détriment du Parlement. C’est en revenant au pouvoir sur le dos des généraux félons d’Alger que De Gaulle se taille un régime « d’homme providentiel » qu’il tient à incarner. D’homme providentiel à monarchie présidentielle De Gaulle en profite. L’article 16 de la Constitution résume à lui seul l’esprit Constitutionnel. Il donne les pleins pouvoirs au président de la République lorsque les institutions, l’indépendance nationale et l’intégrité territoriale sont menacées. Fermez le ban !

Un demi-siècle plus tard, pouvait-il en être autrement avec Sarkozy ? La 24ème révision constitutionnelle de juillet 2008 a poussé à l’extrême cette monarchie présidentielle. La possibilité pour le président de la République de s’adresser directement au Parlement pour « lui faire la leçon » fait voler en éclat la séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Le Parlement est soumis. Le président de la République n’est plus au dessus des Partis mais prend le parti en venant s’adresser au Parlement à sa majorité. Il accentue les divisions dans le Pays au lieu de rassembler.

Comment pourra t-il parler pour la France ?

Cette modification dans la Constitution n’est pas seulement une mise au pas du Parlement. Elle inscrit un changement du rôle du président de la République dans la perspective d’un Europe supranationale que portent les ultralibéraux de droite et d’ailleurs.

Cette nation européenne assurerait l’autorité présidentielle et laisserait à chaque Pays le rôle de « gouverneur » au président de la République. L’économie mondialisée dominée par le capitalisme à besoin d’une instance de décisions rapides à l’échelle européenne où le pouvoir politique doit être cadenacé.

Avec cette révision constitutionnelle Sarkozy et la droite viennent de bâtir le socle de cette réorganisation des pouvoirs nécessaire au capital.