
Absentéisme scolaire : la loi Ciotti entre en vigueur
24/01/2011
Le
décret qui permet de suspendre ou de supprimer les allocations
familiales en cas d'absentéisme scolaire est paru dimanche au Journal
officiel.
Ce décret découle
de la proposition de loi du député UMP Eric Ciotti qui avait été
adoptée le 29 juin par l'Assemblée nationale puis votée dans les mêmes
termes le 15 septembre par le Sénat. Le projet de loi, dénoncé par la gauche,
les principaux syndicats d'enseignants et la première fédération de
parents d'élèves, la FCPE, répondait à un voeu exprimé à de nombreuses
reprises par Nicolas Sarkozy pour lutter contre l'absentéisme scolaire,
un "cancer", une "priorité absolue", martelait-il au printemps dernier.
Et au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel d'en rajouter une
couche, ce matin sur Europe 1 : "Le gouvernement a décidé de mener la guerre contre l'absentéisme scolaire"
Après l'adoption de la loi au Sénat au mois de septembre, la gauche
avait dénoncé une "mesure simpliste, inefficace, populiste et
agressive", "une nouvelle forme de double peine pour les plus pauvres"
par la voix de Marie-Christine Blandin (Verts). Pour Marie-Agnès
Labarde (CRC-SPG, communistes et Parti de gauche) l'absentéisme "reste
un phénomène marginal" qui "contrairement à ce qu'on nous indique est
relativement stable". Yannick Bodin (PS) avait dénoncé un gouvernement
qui se"réapproprie des discours autoritaristes et démagogiques proches
de l'extrême droite".
La loi Ciotti attribue donc ce rôle à l'inspection d'académie. Après
quatre demi-journées d'absence non justifiées en un mois, le chef
d'établissement devra alerter l'inspecteur d'académie, lequel se
chargera de convoquer la famille pour lui adresser un avertissement. Si
l'élève réitère ses absences, l'inspecteur d'académie devra saisir la
Caisse d'allocations familiales (CAF) pour faire suspendre les
versements liés à l'enfant. Selon une étude du ministère de l'Éducation
nationale, 7 % des élèves des collèges et lycées ont été touchés par
l'absentéisme scolaire en 2007-2008 : 15 % des élèves de lycées
professionnels, 6 % dans les lycées d'enseignement général, 3 % des
collégiens.
"Je fais confiance au sens de l'éthique et de la responsabilité de
l'immense majorité des chefs d'établissement" pour signaler les
absences répétées et injustifiées, a déclaré Luc Chatel. Faisons
confiance aux chefs d'établissement pour faire preuve d'"absentéisme
administratif".
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