
Française, militante basque, et extradée?

24/11/2010
Poursuivie pour ses opinions, Aurore Martin pourrait être remise à la justice espagnole.
Hier matin, la cour d’appel de Pau a accepté le mandat
d’arrêt européen émis par l’Espagne à l’encontre de l’ex-dirigeante de
Batasuna, Aurore Martin, trente et un ans. Alors que les faits
reprochés concernent uniquement des activités politiques publiques,
pour la première fois une procédure est donc validée contre un(e)
militant(e) de citoyenneté française. Laquelle militante s’est pourvue
en cassation hier et a été laissée en liberté sous contrôle judiciaire.
Le mandat d’arrêt espagnol ordonné par le juge Ruz Gutiérrez porte
sur des articles d’opinion écrits en français, des conférences de
presse et des activités publiques sur les territoires espagnol et
français. En Espagne, Aurore Martin ne risque pas moins de douze ans de
réclusion. Car, si le parti indépendantiste basque Batasuna est légal
en France, il est interdit chez notre voisin pour ses liens supposés
avec ETA.
Le 18 juin 2010, la cour d’appel de Pau avait refusé un premier
mandat pour « manque de motivation ». Elle considère cette fois que la
requête de la justice espagnole est recevable sur la forme. À
l’audience, le procureur a fait valoir le devoir de « confiance entre
les pays signataires ». En face, Aurore Martin s’est interrogée :
« Quel avenir pour nos droits ? On veut me juger sur des idées. » Un
avis partagé par la Ligue des droits de l’homme, qui dénonce une
« procédure aussi peu respectueuse des droits de la défense que des
libertés individuelles », et fustige une entente entre États qui vise à
« museler des opposants politiques en instrumentalisant la justice ».
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