
Combattre l’austérité du budget 2011 de la SNCF
21/12/ 2010
Communiqué de la CGT Cheminots:
Le
budget 2011 de la SNCF, présenté au Comité Central d’entreprise le 21
décembre 2010, privilégie une nouvelle fois la rentabilité et tourne le
dos au service public.
Des moyens existent pour répondre aux revendications
Après une année 2009 déficitaire, l’année 2010
permettra à nouveau de payer un dividende de 50 Millions d’€ à l’Etat.
Présenté comme celui du redressement par la Direction, ce budget marque
une reprise de la croissance du chiffre d’affaires de +4 %, pour
atteindre 33,6 Milliards d’€, la marge opérationnelle augmentera de +
30%.
Alors qu’elle a octroyé unilatéralement, avec l’appui
de certaines organisations syndicales, 0,9% pour les salaires en 2010,
entérinant une nouvelle perte de pouvoir d’achat, l’entreprise avait
réellement les
moyens de répondre aux revendications des cheminots. Il y a donc lieu
d’exiger dès les négociations salariales de janvier une véritable
augmentation générale des salaires permettant le rattrapage du pouvoir
d’achat. Les cheminots doivent signer massivement la pétition unitaire.
La Direction développe les filiales ...
En 2011, les filiales représentent 44,5% du CA du
groupe, contre 28% en 2008. L’augmentation du chiffre d’affaires du
groupe porte sur une augmentation de l’activité des filiales et à
l’international.
... et le routier au dépend de l’entreprise publique ferroviaire SNCF.
Pour le Fret, le transport routier repart à la hausse,
contrairement au ferroviaire. Le chiffre d’affaires des activités
autres que ferroviaires de la branche SNCF GEODIS augmenterait de 394
M€. Quant à la part du ferroviaire, elle est portée par les filiales au
détriment de Fret SNCF. Ainsi, le CA du pôle Transport Ferroviaire de
Marchandise (regroupant Fret SNCF, VFLI, Naviland Cargo, et Captrain en
Europe) augmenterait de 58M€, mais celui de Fret SNCF baisserait de
104M€ ! Fret SNCF ne transporterait plus que 22Gtk en 2011, un niveau
historiquement bas. La propagande du gouvernement et de la SNCF sur les
transports écologiques et le Grenelle de l’environnement est balayée
d’un revers de main.
Une croissance déguisée pour l’Epic SNCF
Sur le périmètre de l’entreprise publique, la SNCF
accroît essentiellement ses résultats par des hausses de tarifs et des
revalorisations indicielles des conventions, et non sur un
développement de l’offre. En revanche, elle mise sur une série
d’hypothèses en trompe l’oeil.
Elle intègre le conventionnement des trains d’équilibre
du territoire de +210M€ (mais 175M€ sont à la charge de la SNCF) et
estime que la hausse des tarifs voyageurs va lui rapporter 100M€,
ignorant que
celle-ci aura un impact sur la fréquentation des trains.
Elle parie sur une négociation favorable de la
convention avec RFF qui lui ferait économiser 232M€. Elle affiche une
reprise par RFF des surcoûts de la réforme des retraites de 2007 sur le
périmètre de l’Infra de 100M€ ... mais cette somme réapparait
miraculeusement dans les péages à verser à RFF !
Enfin, elle fait un autre pari sur la prise en charge
d’une partie du T2 (contribution sociale au financement des avantages
spécifiques de retraite du régime spécial) par l’Etat à hauteur de
70M€. Ce que la CGT
conteste.
Nul doute que la facture de ces incertitudes sera présentée quotidiennement aux cheminots.
Le niveau des péages impose le retour à l’unicité du système ferroviaire
La hausse des péages de +6% va lourdement peser sur
l’activité Voyages qui doit faire face à des investissements lourds et
se répercutera sur le prix du billet, voire la réduction de dessertes.
Cette
augmentation des péages traduit une nouvelle fois la nocivité de la
réforme ferroviaire de 1997 et l’incurie de l’Etat qui refuse de
prendre ses responsabilités sur la dette du système ferroviaire. Pour
la CGT, il faut revenir à l’unicité du système ferroviaire en abrogeant
les dispositions législatives ayant créé RFF.
L’emploi cheminot sacrifié pour payer la facture
A l’augmentation des péages s’ajoutent celles de la
fiscalité (+4 %) et de l’énergie (+16% dont les effets de la loi NOME
sur l’électricité). Les suppressions d’emplois et la vente de
patrimoine serviront une fois de
plus à compenser le désengagement et la politique anti sociale de
l’Etat.
Sur l’emploi, avec 6 350 départs estimés et seulement 4 500
recrutements, soit 1 850 suppressions d’emplois, dont 1 540 au Fret,
conséquence de la stratégie inefficace du schéma directeur de
Blayau-Pepy, les cheminots payent la facture.
La situation de Fret impacte les charges de travail du
Matériel, dont l’emploi diminuerait de 200 cheminots, malgré les
engagements de ré internalisation de charges de travail qui avaient été
confiées au
privé.
La Direction entend également réduire les effectifs
dans la branche SNCF Voyages de - 453, en particulier avec le projet de
suppression des guichets, ainsi qu’à l’Infra (- 100 et – 42 à la DCF)
sous la pression de
RFF.
Quant au niveau des recrutements, la CGT exige que la
direction remplace intégralement, comme elle s’y était engagée, les 1
000 départs supplémentaires en 2010. Les embauches prévues et actées en
2010 doivent être réalisées le plus rapidement possible et s’ajouter à
minima aux 4 500 embauches budgétées en 2011, déjà insuffisantes pour
couvrir les départs prévisibles et les besoins du service public.
Dans chaque établissement, sur tous les chantiers, nous
devons exiger l’embauche immédiate des recrutements actés en 2010 et
combattre toute nouvelle suppression d’emploi.
Sur le plan des notations, la Direction SNCF entend,
une fois encore, jouer sur la mobilité des agents et la modification
des cadres d’organisation pour réduire le nombre de promotion en niveau
et en
qualification.
Le budget de la SNCF pour l’année 2011 se caractérise
par un développement des filiales au détriment du service public et des
cheminots. Il est en droite ligne du plan d’affaires 2015 axé
uniquement sur la rentabilité financière.
La dégradation du réseau ferré (1 700 km de
ralentissements par défaut d’entretien), et la hausse des incidents de
circulation nécessite de changer cette politique. Alors que la période
de froid a mis en avant
la nécessité de services publics efficaces, la SNCF doit utiliser ses
moyens pour assurer et développer un service public de qualité
voyageurs et Fret. Elle doit garantir un haut niveau de sécurité des
circulations avec des moyens matériels et des emplois de cheminots à
statut, plutôt que privilégier les indicateurs financiers.
La CGT ne s’inscrit pas dans la
logique du business. La mobilisation des cheminots est
impérative pour changer la donne.
Le 41e congrès de la fédération CGT des cheminots a
décidé de proposer une action nationale tous services en janvier 2011.
Celle-ci doit être mise en débat avec les cheminots sur l’ensemble des
chantiers.
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