
La casse sociale reconduite jusqu’en 2012
15/11/2010
Depuis 2007, sous la houlette de
François Fillon, les équipes gouvernementales successives
ont dépecé le modèle social français.
Le bouclier fiscal
De l’aveu même du ministre du Budget, le bouclier fiscal est
« devenu symbole d’injustice ». Censé contenir l’imposition des hauts
revenus et favoriser le travail, le bouclier fiscal n’a pas permis aux
fortunes évadées de revenir alimenter le fisc français et coûte cette
année à l’État 700 millions d’euros. L’idée court à droite de le
supprimer en même temps que l’ISF, qui priverait l’État de
3,4 milliards d’euros. Hypothèse rejetée par l’Assemblée nationale
contre la promesse d’ouvrir un débat fiscal sur le patrimoine en 2011.
Le travail
du dimanche
La loi sur le travail du dimanche devait permettre de limiter les
dérives dans ce domaine. C’est raté. Depuis son vote, le 23 juillet
2009, les petites supérettes n’ont jamais autant bafoué l’autorisation
d’ouvrir jusqu’à 13 heures. Le choix laissé aux salariés de travailler
ou non reste théorique et sans doublement de salaire. « Travailler plus
pour gagner plus » ne s’applique pas non plus aux travailleurs du
dimanche.
La Poste
En octobre 2009, la droite ignore le référendum citoyen et les
2,3 millions de personnes qui ont voté contre la privatisation de La
Poste. Pour développer l’entreprise publique, la Caisse des dépôts
était une solution. Le gouvernement adopte a contrario une loi postale
qui vise à préparer l’augmentation de capital en transformant La Poste
en société anonyme avec l’ouverture de l’entreprise aux capitaux privés.
La santé
Avec la loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST), promulguée
le 21 juillet 2009, Nicolas Sarkozy a assouvi son désir de regrouper
les structures de santé et de favoriser le partenariat public-privé.
L’ère de l’hôpital entreprise a relégué au second plan la notion
d’assistance publique pour tous, comme dans le cas, parmi tant
d’autres, de la fermeture de centre de radiothérapie de Guéret, dans la
Creuse, sous prétexte de non-rentabilité. Pour les 1 an de la loi, les
syndicats ont dénoncé un recul inédit de l’accès aux soins.

La sécurité
Laissé un temps en retrait, le thème de la sécurité, si cher à
Nicolas Sarkozy, a été remis sur le devant de la scène, cet été, avec
le discours de Grenoble, la chasse aux Roms qui s’en suivit et le vote
d’une loi autorisant la déchéance de nationalité pour les Français
naturalisés depuis moins de dix ans et condamnés pour meurtre d’agents
de l’autorité publique. Cette surenchère masque une hausse des
atteintes volontaires à « l’intégrité physique » (+19 % entre 2002
et 2009). Les effectifs de policiers et de gendarmes, eux, continuent
de diminuer : 14 144 emplois en moins d’ici à 2013.
Révision générale des politiques publiques
Il paraît qu’« on peut faire mieux avec moins de moyens ». Au nom de
ce principe, le gouvernement a engagé une révision générale des
politiques publiques (RGPP). Le regroupement des établissements et des
directions de services de l’État, de l’hôpital et des collectivités se
mène selon un principe comptable : le non-remplacement d’un
fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Résultat : 160 000
postes supprimés dans la fonction publique d’État.
La réforme
des collectivités
La réforme des collectivités territoriales porte un rude coup à la
démocratie locale. Avec la création des conseillers territoriaux en
lieu et place des conseillers généraux et régionaux, c’est la fin de la
mise en place des communautés d’agglomération pour juin 2013, la
possibilité de fusion des villes en communes nouvelles, l’arrivée de
métropoles et de pôles métropolitains. Le pouvoir recentralise ainsi
les lieux de décision et fragilise l’existence et le développement des
services publics de proximité.
Éducation nationale
Depuis trois ans, les réformes dans l’éducation nationale ont visé
un double objectif : diminuer le nombre de fonctionnaires et
réorganiser un système scolaire plus concurrentiel. 49 000 postes se
sont évaporés de 2007 à 2010 sans qu’aucune amélioration n’apparaisse.
La France compte toujours 15 % d’enfants en échec scolaire en CM2 et
150 000 sorties sans diplôme. L’assouplissement de la carte scolaire a
renforcé la ghettoïsation des établissements en difficulté. Dans le
supérieur, l’autonomie effective des universités (loi LRU) va conduire
à un accès au savoir inégal sur le territoire.
L’OTAN, l’Europe
La politique poursuivie à l’égard de l’OTAN est un cinglant démenti
aux hommages rendus au général de Gaulle. L’annonce d’une réintégration
de l’OTAN marque la fin de l’indépendance stratégique de la France,
notamment sur le volet du terrorisme. Quant au dossier européen,
Nicolas Sarkozy a tiré un trait sur les votes français et néerlandais
contre la constitution. En ratifiant le traité de Lisbonne, en 2008, il
laisse libre cours à la concurrence libre et non faussée.
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