
Les collectivités locales soumises à la rigueur

29/09/2010
François Baroin a annoncé hier, devant le comité
des finances locales, un gel des dotations aux collectivités entre 2011
et 2014, au nom de la réduction des déficits publics.
Le plan de rigueur de l’État aura de lourdes répercussions sur
les collectivités locales, priées d’y prendre leur part. Hier, devant
les membres du comité des finances locales, le ministre du Budget,
François Baroin, a annoncé le gel des dotations aux collectivités… pour
trois ans. Une décision qui prend par surprise les élus locaux, Nicolas
Sarkozy ayant évoqué, lors de la conférence sur les déficits publics, ce
gel pour la seule année 2011. Elle intervient également dans un
contexte budgétaire très tendu pour les collectivités, beaucoup
n’arrivant plus à faire face et à boucler leur budget, soumises à des
besoins sociaux en hausse du fait de la crise économique et sociale, des
compétences de plus en plus lourdes à la suite des transferts de
missions de l’État ces dernières années sans que les moyens ne suivent
pour autant, et des recettes asséchées avec, notamment, la suppression
de la taxe professionnelle (TP). « On demande aux collectivités de
contribuer à réduire un déficit de l’État dans lequel elles n’ont aucune
responsabilité », s’insurge Marie-France Beaufils, sénatrice maire
(PCF) de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), et membre du comité
des finances locales. Les collectivités n’ont en effet pas le droit de
voter des budgets en déficit. Pour l’élue, ce gel des moyens sur trois
ans va surtout obérer les capacités d’investissement public des
collectivités, qui en assurent déjà 73 % du total. Et risque donc de
peser sur l’emploi dans les secteurs qui vivent des commandes publiques,
notamment le BTP.
Quant à l’annonce d’une hausse de la dotation de solidarité urbaine
(DSU) et de la dotation de solidarité rurale (DSR), celle-ci ne
compensera pas les pertes liées au blocage de la dotation globale. « Ce
gel cache en réalité une baisse des moyens, car la dotation ne suivra
même plus l’inflation. Autrement dit, le pouvoir d’achat des
collectivités va globalement baisser », explique Marie-France Beaufils.
Or, la DSU et la DSR étant comprises dans cette enveloppe plafonnée en
valeur, « le principe des vases communicants va s’opérer. Le gain de DSU
et de DSR se paiera par une baisse des autres dotations ».
Cette décision est d’autant plus préoccupante que les moyens des
collectivités ont été amputés par la réforme de la taxe professionnelle,
qui constituait leur principale recette dynamique. La TP devrait être
remplacée par un système de péréquation globale des ressources entre
collectivités. Un dispositif déjà qualifié d’usine à gaz par ses
détracteurs, car fondé sur des instruments complexes de mesure des
écarts de richesse entre collectivités par rapport à leurs nouvelles
ressources fiscales issues de la contribution économique territoriale
(CET). Mais cette contribution allégée ne compensera pas intégralement
le cadeau de 14,2 milliards d’euros consenti aux entreprises, sans effet
probant sur l’emploi.
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