
Conférence
de presse; projets privés au sein de
l'hôpital publique de Saint-Jean-de-Luz:
20 juillet 2011
L'article de presse paru
le lundi 11 juillet 2011, qui traite du projet d'implantation de deux
structures privées au sein de l'enceinte de l'hôpital et de Trikaldi, dans
notre ville, m'amène à réagir publiquement.
D'abord une remarque : au regard du projet tel
qu'on le présente aujourd'hui, Udazkena semble avoir échappé aux
"appétits" du Docteur Halary.
-Est-ce l'émoi suscité par les luziens lorsque
les communistes ont dénoncé ce projet qui a obligé certains responsables politiques à
intervenir?
-Est-ce le voisinage bien
pourvu en relation toujours très utile?
Toujours est-il que c'est
une première victoire !
Pour autant, cette
nouvelle version est-elle acceptable? Pour nous communistes c'est clairement
non ! Fondamentalement, il s'agit toujours de deux emprises de l'espace
public qui sont dévolues au privé !
Par la volonté de l'agence
régionale d'hospitalisation (ARH ) et à la suite d'un jeu de chaises musicales
concernant l'attribution des lits d'hospitalisation, il est imposé à notre
commune d'accueillir deux unités supplémentaires privées, au sein de l'hôpital
public. Pour les communistes le partenariat public-privé est une fausse bonne
solution car il remet en cause l'Hôpital et au final, il coûte plus cher à nos
finances publiques et bien sur aux usagers.
En
d'autres termes,
Bordeaux décide ce dont nous avons besoin. C'est un des
reproches que l'on
porte à cette nouvelle organisation de santé. Il
s’agit en réalité d’une recentralisation
du pouvoir au niveau du préfet de région sous
contrôle des Ministères de la
Santé et de l'Intérieur par l’intermédiaire
du Directeur Général de l'ARH et au
détriment des besoins de santé réels de
proximité.
Cette réorganisation
porte un recul considérable de démocratie sanitaire en renforçant le pouvoir
centralisé de l'ARH alors que les personnels, les usagers, et les élus voient
leur rôle restreint et ignoré.
A Saint-Jean-de-Luz quelle
est l'offre de soins aujourd'hui?
Chacun a pu constater
combien l'offre est déséquilibrée entre la polyclinique privée qui ne cesse de
s'agrandir et l'hôpital public dont l'offre de soins ne cesse de se rétrécir. Pour
la dernière période, ce sont le service de radiologie et le laboratoire de
biologie qui ont disparu.
Alors que le centre hospitalier
de Bayonne ne veut pas ou ne peut pas investir sur le site luzien, notre
Tutelle nous impose un service privé supplémentaire au sein de notre ancienne
maternité, sans tenir compte du fait que notre ville souffre avant tout d’un
manque de structures publiques.
Pour l'usager, la
différence est importante !
Qui dit service privé !Dit
dépassements d'honoraires !
Cette offre de soins
privée, "imposée" par l'ARH, est un frein à leurs accès. On ne semble pas se
soucier le moins du monde de l'impact économique de ces mesures sur les
usagers!
Je voudrais rappeler une
réalité : le renoncement aux soins explose, 23% de la population en 2010,
contre 11% en 2009!
Le montant du dépassement
des honoraires libres a doublé en 15 ans!
Qu'il y ait "une nécessité
de rééquilibrer l'offre de soins de suites vers la côte", probablement,
(la durée des hospitalisations en service de soins actif diminue), mais puisque
nous avons les locaux rien ne nous empêche de réaliser ce service en gestion
publique, c’est tout simplement une question de volonté politique.
Nous contestons aussi
l'implantation d'une clinique commerciale à Trikaldi, sur un terrain public
avec comme argument principal un bail emphytéotique de 25 ans où le bâtiment
reviendrait au Centre hospitalier me laisse sceptique !
L'attractivité de notre
ville a, entre autre pour conséquence, la raréfaction du foncier. Il nous
appartient, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de foncier public, de le
protéger des appétits du secteur privé et de réserver cet espace pour des
missions de service public. Et il n'en manque pas!
Pour mener à bien son
projet, pourquoi le docteur Halary ne se dirige pas vers un partenariat avec une clinique privée de la
côte Basque par exemple?
En partant des besoins des
luziens, et, au- delà, au niveau de la Communauté de Commune qui représente notre bassin de vie et
notre territoire, nous avons besoin de garder notre hôpital de proximité et nos
équipements pour;
- construire un hôpital de jour,
- augmenter la capacité d'accueil
d'Udazkena,
- développer les consultations de
spécialistes hospitaliers afin d'offrir à notre population des consultations
publiques,
- développer des actions de santé publique,
de prévention et d'éducation.
Comme on peut le constater,
si nous voulons répondre aux besoins de santé des habitants, les structures que
je viens de citer nous sont indispensable.
Pour terminer, il serait
intéressant de connaître l'avis de la Sécurité Sociale sur ces projets de
partenariat public-privé.
La Sécurité Sociale reste
le premier financeur des dépenses de santé (à hauteur de 82,6% pour le privé,
selon les chiffres de l'Irdes).
Pour l'année 2010, la Sécu
a ainsi constaté que les versements aux Etablissements de santé ont progressé de
1%.
Ce taux est de 1,7% pour
les Etablissements sanitaires privés et de 0,8% pour les Etablissements de
santé publics.
De plus, la campagne
budgétaire 2011 mise en œuvre le 1° mars, a entériné une baisse des
tarifs du secteur public de 1%, alors que les cliniques privées comme les
professionnels libéraux bénéficient, eux, d'une stabilité de leurs tarifs.
Qu'on m'explique pourquoi,
alors que les dépenses de l'hospitalisation privée progressent plus que celle
de l'hospitalisation publique on fait ce choix surtout en période de maîtrise drastique
des dépenses de santé ?
Pour nous communistes,
il est clair que cet exemple démontre parfaitement que le gouvernement, contre
les intérêts des usagers, préfère répondre aux exigences et aux appétits du
Medef (la fédération hospitalière privée a adhérée en mai 2010) plutôt que de
maîtriser des dépenses de santé par un renforcement de l’action publique.
Une précision qui a son
importance: dans de nombreux pays, les cliniques privées ne reçoivent aucun
financement public.
Yvette Debarbieux conseillère
municipal communiste
|