Victoire pour Eric Pétetin et sa Goutte d’eau

07/09/2011

La procédure d’expulsion du militant écologiste de cette gare désaffectée de la vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) vient d’être cassée par la justice.

« Quelle belle victoire, qu’il est doux de croire que l’on ne perd que les batailles que l’on ne mène pas », s’enthousiasme l’historien et militant Jean Ortiz à l’annonce de l’annulation de la procédure d’expulsion d’Eric Pétetin. Connu pour son combat contre le percement du tunnel routier du Somport dans les Pyrénées béarnaises, le militant écologiste avait décidé de réinvestir, fin 2010, la gare de la ligne Pau-Canfranc, baptisée la Goutte d’eau, après lui avoir donné vie pendant dix-sept ans (de 1984 à 2001). Résultat : même s’il avait laissé ce lieu, autrefois animé, à l’abandon, le propriétaire RFF engageait une procédure d’expulsion contre Eric Pétetin et ses colocataires. Procédure qui vient donc d’être annulée pour « pour vice de forme », a annoncé le tribunal de Pau lundi.

Le feuilleton judiciaire de cette affaire n’en est pas pour autant terminé. Ainsi, le jugement du tribunal d’instance d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), qui avait confirmé l’illégalité de cette occupation, n’est lui pas remis en cause. Il sera examiné « à l’automne » par la cour d’appel. Reste qu’aujourd’hui, « les puissants, s’ils veulent expulser, doivent revenir à la case départ », se satisfait Jean Ortiz. Des discussions seraient également en cours entre Eric Pétetin et RFF en vue d’un éventuel contrat de location de la gare, d’après son avocate Claude Garcia.

Rappelant que « cette bataille désespérée » des soutiens d’Eric Pétetin leur avait d’abord valu « calomnies et dénigrement », Jean Ortiz pouvait donc s’enthousiasmer lundi : « Qui a dit que Marx, les philosophes des Lumières, les intellectuels ‘engagés’, étaient morts ? »