HEGEMONIQUE

11/10/2011 

«  Vous voulez le changement en 2012 : venez choisir le candidat ou la candidate de la gauche. »

        C’est l’en- tête du tract des socialistes de Hendaye appelant les citoyens à participer à leurs primaires pour désigner leur candidat aux présidentielles de 2012. Ce titre résume bien à lui tout seul le comportement permanent de leur Parti : hégémonique !

       En fait, la gauche aura plusieurs candidats aux présidentielles de 2012. Pourquoi ? Parce qu’à côté de la gauche du renoncement, de la gauche molle, la gauche du courage face à la droite et aux marchés financiers a voulu présenter son candidat du Front de Gauche : Jean-Luc Mélenchon.    
   
Ces primaires citoyennes, qui sont le stade primaire du présidentialisme, ont confirmé des courants que le ou la gagnante aura beau jeu de rassembler tant les différences sont ténues. Il ne peut en être autrement : Les six candidats ont l’Europe du Traité de Lisbonne comme boussole. 

Ces primaires ne sont malheureusement qu’une machine à tuer la démocratie :

-Elles consacrent le présidentialisme alors que N. Sarkozy en a tant usé et abusé jusqu’à asseoir l’autocratie,
-Elles accélèrent la mise en place du bipartisme, destructeur du pluralisme politique,
-Elles affaiblissent le rôle des Partis en renforçant la « démocratie d’opinion » si sensible à la batterie des sondages et au battage médiatique porteur de la pensée unique,
-Enfin, il est difficile de croire que des primaires sont une avancée démocratique alors que la droite aujourd’hui se dit intéressée par ce style de consultation. La leçon que l’on tire de décennies de gestion de la droite sous la Vème République c’est son goût pour les décisions réactionnaires.

Les socialistes n’ont pas réussi la rénovation de leur Parti. Il reste un Parti composé essentiellement d’élus coupés du monde du travail. Pour compenser cet échec, la promotion des primaires citoyennes calquées sur celles des élections présidentielles aux Etats-Unis après la victoire d’Obama n’est en fait que de l’importation sauvage. Aux E.U. la culture politique est totalement différente, la Constitution est différente, il n’y a qu’un seul tour aux présidentielles.

  Par ailleurs la gauche, récemment, vient de payer très cher par deux fois l’hégémonie incurable du PS :  

  Aux élections sénatoriales à Pau le 25 septembre dernier :

O. Dartigolles, candidat du Front de Gauche, est arrivé second des candidats de gauche au 1er tour devant S. Bacho et les Verts avec 166 voix. Plutôt que de constituer un liste avec le FdG, les dirigeants socialistes ont malgré tout établi une liste avec S. Bacho. Résultat : le troisième siège de sénateur est allé au Modem de Lasserre, privant le candidat du FdG de son élection.

Au Sénat où la gauche est largement majoritaire depuis le 25 septembre :

Les sénateurs socialistes ont préféré attribuer la Commission du Budget à la droite(Mariani) au détriment de ses partenaires de Gauche, un député communiste par exemple.

Dans les deux cas le résultat des urnes est balayé pour faire chuter ses partenaires, quitte à faire élire la droite. C’est à croire que les dirigeants socialistes veulent réunir toutes les conditions pour faire échec à la politique de changement tant attendue par le peuple.

La section du PCF d' HENDAYE/SAINT JEAN DE LUZ