
Espagne: l'ETA décrète un cessez-le-feu "permanent"
10/01/2011
"L'ETA
a décidé de déclarer un cessez-le-feu permanent et de caractère général
qui puisse être vérifié par la communauté internationale" selon ce
communiqué.
L'organisation indépendantiste armée basque ETA a annoncé lundi un
cessez-le-feu "permanent", "général" et vérifiable "par la communauté
internationale", dans un communiqué publié sur le site du journal
indépendantiste basque Gara. Cette annonce constitue un
"engagement ferme de l'ETA", souligne encore le groupe dans ce
communiqué signé par l'emblème traditionnel de cette organisation
clandestine avec un serpent autour d'une hache. "L'ETA ne cessera pas
son effort et sa lutte pour impulser et mener à bien un processus
démocratique, jusqu'à atteindre une véritable situation démocratique au
Pays basque", selon le communiqué qui ne précise pas de quels types
d'effort et de lutte il s'agit, pacifique ou bien violent.
L'ETA, dont le dernier attentat sur le sol espagnol remonte à 17
mois, avait déjà fait une série d'annonces en septembre 2010 allant
dans le sens d'une suspension de la lutte armée. Dans une vidéo
transmise le 5 septembre à la BBC, l'organisation clandestine
avait indiqué qu'elle "ne mènerait pas d'actions offensives armées",
ajoutant avoir pris cette décision "il y a plusieurs mois". Deux
semaines après, le groupe armé s'était dit prêt à dialoguer avec des
médiateurs internationaux puis s'était déclaré dans une interview au
journal indépendantiste Gara "disposé" à observer un cessez-le-feu permanent et vérifiable, et "même à aller plus loin".
Responsable de la mort de 829 personnes en plus de quarante ans
d'attentats pour l'indépendance basque, l'ETA était depuis plusieurs
mois sous la pression de son bras politique interdit Batasuna, pour
annoncer un "cessez-le-feu" en bonne de due forme et qui puisse être
"vérifié" par la communauté internationale. Le gouvernement socialiste
de José Luis Rodriguez Zapatero n'avait pas réagi à 11h25 GMT à cette
annonce. Les trois annonces faites en septembre par l'ETA avaient
laissé de marbre le gouvernement espagnol, échaudé par la fin sanglante
du précédent "cessez-le-feu permanent", avec deux morts dans un
attentat à l'aéroport de Madrid en décembre 2006. M. Zapatero avait
rejeté les annonces, en lançant à l'organisation indépendantiste basque
armée que "la seule décision qui vaille est l'abandon des armes pour
toujours".
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