
La réforme territoriale ne passe pas chez les élus
30/05/2011
Une étude commandée par les sénateurs PS montre le
malaise des territoires. En cas de victoire, la gauche abrogera-t-elle
cette réforme ?
Les élus locaux sont toujours en froid avec la réforme des
collectivités territoriales, quelques mois après son adoption au forceps
par la majorité présidentielle au Parlement. Le président du groupe
(PS) au Sénat, Jean-Pierre Bel, entouré de ses alliés de gauche, Nicole
Borvo Cohen-Seat (PCF) et Marie-Christine Blandin (Europe Écologie-les
Verts), présentait, mardi dernier, au Sénat, les résultats d’une enquête
menée auprès de 500 élus de toutes les familles politiques, que son
groupe avait commanditée à l’institut Harris sur les conséquences de la
réforme territoriale.
Les chiffres sont sans appel. Cette réforme ne passe pas chez les
élus. 77 % de ceux-ci ont le sentiment de ne pas avoir été suffisamment
consultés. Les arguments qui avaient été avancés contre cette réforme
font un tabac. 76 % pensent que cette réforme « fragilise la situation
financière des collectivités » ; 74 %, que cela « va réduire les
possibilités de financement des communes » ; 62 %, que cela « va
conduire à transférer au privé une part de l’investissement public » et
57 %, que cela « remet en cause la décentralisation ».
Par contre, les arguments positifs avancés
par l’État ne font pas recette. Si 50 % des
élus pensent cela « va clarifier les
compétences de chaque échelon », 30 %
seulement pensent que cela « va permettre de réduire les
déficits publics », 30 % de même que cela
« va améliorer le service public », et enfin
25 %, que cela « va renforcer la démocratie
locale », 74 % pensant le contraire. Et
l’étude de conclure que cette réforme n’est
jugée « ni efficace » pour 57 % des
élus, « ni juste » pour 59 %,
« ni claire » pour 63 % d’entre eux.
C’est en s’appuyant sur cette étude qui montre « le malaise des
territoires » que Jean-Pierre Bel veut mener la campagne électorale des
sénatoriales en septembre, « l’alternance » étant pour lui jugée
« possible ». Voulant « mieux servir les territoires et défendre les
services publics », il ne va cependant pas jusqu’à annoncer qu’en cas de
victoire de la gauche en 2012, cette réforme serait abrogée.
Si Marie-Christine Blandin (EELV) fustige « la violence des
politiques contre les collectivités locales », Nicole Borvo Cohen-Seat
le dit tout net : « En cas de victoire, la gauche devra revenir
complètement sur cette réforme. » À l’applaudimètre, cette idée est
partagée au-delà des seuls sénateurs communistes et du Parti de gauche.
Évoquant les conditions d’une victoire de la gauche aux sénatoriales en
septembre, la sénatrice affirme que, dans « le cadre de la constitution
de listes d’union, la diversité, et notamment la représentativité de
notre sensibilité, doit être respectée ».
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