
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, fait le
lien entre la mise à mal des fondements de la République par Nicolas
Sarkozy et la volonté d’étouffer toute contestation sociale.
La droite accuse la gauche d’être mal à l’aise avec le thème sécuritaire ?
Pierre Laurent. Pas du tout. En réalité, Nicolas
Sarkozy parle de « guerre nationale », mais les Français sont loin
d’être en guerre. C’est lui qui vient d’enfiler ses habits de combat
pour défendre coûte que coûte les décisions contestées de son
gouvernement. Le président est manifestement sur la défensive et joue de
l’intimidation pour rendre impossible la contestation de ses décisions.
L’étape qu’il vient de franchir est extrêmement grave et tout
démocrate, tout républicain doit être alarmé par la situation qu’il
tente de créer. Les mesures envisagées, telle que la déchéance de
nationalité, sont gravissimes car anticonstitutionnelles. Il s’agit de
les mettre en échec sans état d’âme car ce sont les fondements de la
République et de notre conception de la liberté qui sont en cause.
Nicolas Sarkozy cherche-t-il, par ces mesures, à annihiler la contestation sociale ?
Pierre Laurent. Évidemment. Depuis le début de
l’année, le pays a été confronté à un choix face à la crise économique
et sociale. On voit bien qu’aujourd’hui entre une défense
jusqu’au-boutiste des privilèges des grandes fortunes et les principes
d’égalité, Nicolas Sarkozy a choisi son camp. Il veut empêcher la remise
en cause des décisions qu’il a prises, notamment sur le dossier des
retraites. Il est frappant de constater qu’au moment où il a décidé
d’engager des actes spectaculaires et dangereux en matière de
sécuritaire, le gouvernement fermait les portes de la commission des
Affaires sociales sur les retraites aux médias. Il y a d’un côté une
politique spectacle sans aucun résultat qui tente d’impressionner les
Français, et, de l’autre, une politique du secret et du mensonge sur les
intentions du gouvernement en matière sociale.
Il profite également de la trêve estivale. Comment maintenir la pression sur le dossier des retraites par exemple?
Pierre Laurent. Nous allons mener la bataille de
front. Durant l’été, il faudra tout d’abord compter sur la mobilisation
pour la défense des libertés. À ce titre, l’initiative prise par la
Ligue des droits de l’homme est la bienvenue. En ce qui concerne la
mobilisation contre le projet de loi sur les retraites, le PCF prépare
activement la journée d’action du 7 septembre. Nous allons continuer de
faire signer la pétition lancée en soutien à la proposition de loi des
députés communistes et du Parti de gauche. Au regard du rythme des
signatures, nous atteindrons probablement plus de 100 000 soutiens à la
fin du mois d’août.
De quoi est-ce le signe ?
Pierre Laurent. Il existe une grande adhésion
populaire à l’égard de cette pétition. Je pense que c’est ce qui
inquiète le pouvoir. La droite sait que nous allons vers une rentrée
sociale où sa politique sera très largement contestée et il veut
court-circuiter cette mobilisation, la faire dériver. Le pouvoir essaye
de modifier le débat politique de la rentrée. Ne pas tomber dans ce
piège, c’est mener de front la mobilisation pour les libertés et celle
qui concerne les retraites. Au fond, c’est une seule et même question
qui est posée : l’égalité de chaque citoyen devant les libertés et les
droits sociaux.
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