Inégalités : les riches toujours plus riches

28/04/2011

Les Français les plus aisés ont continué à s'enrichir ces dernières années, creusant encore les inégalités avec les plus modestes même si le taux de pauvreté est resté relativement "stable", selon une étude de l'Insee publiée jeudi.

Globalement, "entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie évoluent peu", note l'Insee dans l'édition 2011 de Revenus et patrimoines des ménages. Ainsi, si l'on compare le niveau de vie maximum des 10% de ménages les moins riches (10.520 euros) au niveau de vie minimum des 10% les plus riches (35.550 euros), on constate en 2008 un rapport "relativement stable" (3,4 contre 3,5 en 1996), a expliqué en conférence de presse Jean-Louis Lhéritier, chef du département Ressources et conditions de vie des ménages. Le "niveau de vie" se calcule en divisant les revenus du ménage par le nombre de personnes qui le composent mais en tenant compte des économies d'échelle induites par la vie en commun (un seul réfrigérateur...) et du fait que les enfants consomment moins que les adultes. Cette notion permet de comparer des ménages de taille et de composition différentes. Le niveau de vie moyen est de 22.110 euros, le niveau de vie médian de 19.000.

Toutefois, nuance l'Institut de la statistique, ces moyennes "ne rendent pas compte des tendances aux extrémités". Or, avant 2004, les inégalités avaient tendance à se réduire parce que les ménages les plus pauvres voyaient leur niveau de vie se rapprocher des classes intermédiaires. A l'inverse, à partir de 2004, "on a une tendance à l'augmentation des inégalités par le haut" de l'échelle, selon M. Lhéritier. Car depuis cette date, "les niveaux de vie des personnes les plus modestes cessent d’augmenter plus rapidement que les niveaux de vie intermédiaires alors que ceux des plus aisées continuent leur progression", note cette étude, qui s'arrête juste avant les premiers effets de la crise financière. Résultat, le ratio de richesses (en niveau de vie) détenues par les 20% les plus aisés et celle détenue par les 20% les plus modestes a augmenté de 4 à 4,3 entre 1996 et 2008. Cette progression "est liée à une forte hausse des revenus, en particulier des revenus du patrimoine, qui sont fortement concentrés chez les personnes les plus aisées", note l'étude, qui précise que ces revenus ont augmenté de 11% par an.

Parallèlement, entre 1996 et 2008, le taux de pauvreté monétaire (personnes vivant sous le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian soit 950 euros mensuels en 2008) est passé de 14,5% de la population à 13% en 2008. Mais là encore, cette moyenne cache de fortes disparités. Ainsi, la baisse de la pauvreté est "concentrée de 1997 à 2001, période de forte croissance et de baisse du chômage" avant de rester stable jusqu'en 2008, a noté Jean-Louis Lhéritier. Malgré la baisse globale, la pauvreté touche autant les chômeurs, qui sont en 2008 comme en 1996 toujours 35% à vivre avec moins de 950 euros par mois. Elle touche davantage les familles monoparentales (26% en 1996, 30% en 2008) et les personnes seules. Les familles nombreuses sont elles aussi toujours largement touchées par la pauvreté mais beaucoup moins en 2008 qu'en 1996 (27,8% contre 19,7%), essentiellement grâce aux "revalorisations des prestations sociales", selon Magda Tomasini, chef de la division Revenus et patrimoines des ménages. Les couples, avec ou sans enfant, sont les seuls à avoir bénéficié de la baisse du taux de pauvreté.

La richesse dévorante des riches

L’accumulation par quelques uns d’une part importante de la richesse mondiale ne peut plus se justifier, les riches sont trop riches !

Dix millions de personnes (soit 0,15% de la population de la planète) possèdent 25% de la richesse mondiale et 5% de la richesse mondiale est détenue par 100.000 personnes, soit 0,00015% de la population totale !

Ainsi, 10 millions de personnes sont 220 fois plus riches que la moyenne mondiale et 100 000 sont 35000 fois plus riches.

Cette situation va en s’aggravant. La part des salaires dans le produit intérieur brut français a baissé de 9,3% entre 1983 et 2006. " Ce qui veut dire que pendant que la part des salaires passait de 70 à 60.7% du PIB, celle du capital passait 30% à 39.3%. En d’autres termes, les dividendes augmentaient de 33% pendant que les salaires baissaient de 15%.

Il ne s’agit plus de l’accumulation du capital, mais d’une « bulle de richesse » produite en une ou deux décennies par le jeu du marché. Cette concentration ne peut que se poursuivre et s’accélérer tant qu’une prise de conscience de la population n’aura pas eue lieu, et que des barrières n’auront pas été dressées par les Etats pour contenir cette bulle, puis la réduire.

Bulle de richesse et bulle sociale

Au lieu de cela, notre gouvernement l’engraisse encore plus, il appauvris la classe moyenne et rend plus pénible la misère des pauvres. Inutile de citer le bouclier fiscale des riches et les innombrables suppression de postes ou d’allocation… Non seulement les riches vivent entre eux « dans une bulle sociale », mais leur richesse est aussi une « bulle » qui forme une économie parallèle, fermée sur elle-même, à l’abri des aléas du monde réel qu’elle pille en toute impunité.

C’est un système prédateur : une grande partie de cette richesse est dilapidée, perdue, brûlée.

L’exemple le plus visible est donnée par les prix extravagants du marché de l’art. Réduire cette « bulle de richesses » est une des conditions nécessaire (mais non suffisante) pour traiter la crise financière actuelle.

Un banquier parisien, sous couvert d'anonymat, estime que depuis la crise, « les riches ayant fait des placements ont perdu, certes, un peu d’argent à cause de la crise, mais ils restent toujours bien assez riches. Désormais, certains d’entre-eux continuent d’investir, mais dans des secteur plus sûrs. Et d’un autre côté on a aussi des riches extravagants qui achète des machines à laver à plus de six mille euros et qui ne savent même pas cette somme représente le salaire de six mois de travail de bon nombre de personnes et pas uniquement en France... » Le retour sur investissement que l’on pourrait obtenir des sommes qui sont gelées dans cette « bulle » est infiniment supérieur à ce qu’elles produisent dans l’industrie du luxe, le marché de l’art, l’immobilier et d’autres services propres à cette catégorie sociale. Il est donc urgent de crever cette « bulle de richesse » pour réinjecter ces sommes dans l’économie, pour soutenir la croissance mondiale et réduire la pauvreté de masse. La vraie bonne nouvelle serait donc d’entendre dire que les riches vont s’appauvrir... À défaut de pouvoir reprendre ce qu’ils ont confisqué.