
Les "Sages" confirment l'illégalité du mariage homosexuel
28/01/2011
Le
Conseil constitutionnel a déclaré vendredi l’interdiction du mariage
homosexuel conforme à la Constitution, renvoyant au législateur la
responsabilité de décider d’un éventuel changement dans la législation.
Les Sages avaient été saisis d’une Question Prioritaire de
Constitutionnalité (QPC) à l’initiative d’un couple de femmes pacsées,
en quête d’une plus grande sécurité juridique pour leurs quatre enfants.
Dans sa décision, diffusée sur son site internet,
le Conseil constitutionnel déclare que les articles contestés du code
civil - 75 (dernier alinéa) et 144 - sont «conformes à la Constitution».
Il résulte de ces articles, comme la Cour de cassation l’a rappelé
le 13 mars 2007 en annulant le mariage homosexuel célébré à Bègles en
2004 par Noël Mamère, que «selon la loi française, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme», écrit le Conseil.
L’avocat des deux jeunes femmes, Me Emmanuel Ludot, s’était
notamment appuyé sur l’article 66 de la Constitution sur la liberté
individuelle. Le Conseil constitutionnel a totalement écarté cet
argument, soulignant que cet article «prohibe la détention arbitraire» et n’est donc pas applicable au mariage.
«Le Conseil constitutionnel vient de rater une occasion historique»
Les Sages ont également estimé que le «droit de mener une vie familiale normale»
n’implique pas que les couples de même sexe puissent se marier,
soulignant qu’ils sont libres de vivre en concubinage ou de conclure un
pacte civil de solidarité (PACS).
Quand au principe d’égalité devant la loi, le Conseil a renvoyé la
balle aux politiques, comme il l’avait fait en octobre pour
l’homoparentalité.
«En maintenant le principe selon lequel le mariage est l’union
d’un homme et d’une femme, le législateur a, dans l’exercice de sa
compétence, estimé que la différence de situation entre les couples de
même sexe et les couples composés d’un homme et d’une femme pouvait
justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la
famille», a-t-il souligné.
«Il n’appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer
son appréciation à celle du législateur sur la prise en compte, en
cette matière, de cette différence de situation», a-t-il ajouté.
«Le Conseil constitutionnel vient de rater une occasion
historique de mettre un terme à une discrimination devenue intolérable
pour plus de 3 millions de personnes gays et lesbiennes en France,
alors que dans le même temps neuf pays européens ont déjà ouvert le
mariage aux personnes de même sexe», a réagi dans un communiqué Me Caroline Mécary.
Pour cette avocate, qui représente les associations SOS Homophobie
et Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL),
il faudra probablement «attendre une alternance politique en 2012 pour
espérer que les partis de gauche, qui se sont tous engagés pour
l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe,
initient une telle réforme».
Le 6 octobre, les Sages avaient également refusé de se prononcer sur la question d’un «traitement discriminatoire fondé sur l’orientation sexuelle»,
dans le cadre de l’adoption. Cela aurait consisté «à prendre position
dans un débat éthique, scientifique et, en définitive, politique sur
l’homoparentalité», avaient-ils dit.
Déclaration du PCF:
Le Conseil Constitutionnel vient de confirmer l’interdiction de se
marier faite par le Code civil aux personnes de même sexe. Cette
décision très regrettable entérine une inégalité devant la loi et
ignore l’opinion favorable au mariage gay d’une majorité de Français
puisque 58% des français se disent favorables au mariage homosexuel.La
France conserve ainsi son bonnet d’âne en ce qui concerne l’accès au
droit de se marier pour les personnes de même sexe, alors même que de
nombreux pays en Europe ont remédié depuis longtemps à cette inégalité
de droits.Le PCF réaffirme son soutien au mariage pour les couples de
même sexe, pour l’égalité des droits et la sécurité juridique des
personnes concernées.Le droit au mariage pour tous les couples, porté à
l’Assemblée nationale par les députés communistes, devra être inscrit
dans la loi par une majorité parlementaire de gauche.
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