
Bernard Thibault dénonce le "pacte de compétitivité" européen
28/02/2011
Le
secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a rapporté lundi avoir
dénoncé devant Nicolas Sarkozy le "risque inacceptable" posé par le pacte de convergence
que les pays européens envisagent d'adopter, redoutant une
"remise en cause généralisée" des droits de
salariés.
Au terme d'un entretien avec le chef de l'Etat, il a indiqué à la
presse avoir souligné "le risque, à nos yeux inacceptables, de voir, au
niveau de l'Union européenne, se dessiner un cadre global qui en
appellerait à la remise en cause généralisée de la réglementation en
matière de temps de travail, de retraite, de salaires". "On ne veut pas
accepter de s'entendre dire aujourd'hui que, si la situation de
l'emploi, du pouvoir d'achat en Europe est ce qu'elle est, c'est de la
faute de salaires trop élevés, de réglementations du travail trop
rigides, a-t-il insisté. On a très clairement dit que, dans cette
hypothèse-là, la CGT répondrait à la hauteur de ce défi". Bernard
Thibault a rappelé que la CGT participerait ainsi, avec les autres
syndicats européens, à une journée de mobilisation le 9 avril à
Budapest. Le président "se veut rassurant sur la portée de ce pacte
mais pas suffisamment pour que ça nous fasse changer d'opinion", a-t-il
estimé.
A l'initative de Paris et Berlin, les 17 membres de la zone euro
doivent discuter le 11 mars, lors d'un sommet exceptionnel de leurs
chefs d'Etat et de gouvernement, de l'adoption d'un "pacte de
compétitivité" censé éviter la répétition de crises de la dette dans
leurs pays. Ce pacte, également appelé par Paris pacte de
"convergence", ne fait pas l'unanimité.
Le secrétaire général du
premier syndicat français a également
déploré devant Nicolas Sarkozy la "dégradation" du
secteur industriel.
Il a notamment dénoncé l'étude de l'institut Rexecode, considéré comme
proche du Medef, qui attribue "au postulat que les Français sont trop
peu compétitifs au regard des Allemands (...) la fermeture des usines
dans notre pays".
Enfin, sur la réforme de la dépendance,
Bernard Thibault a souhaité que le droit à l'indépendance soit inscrit
"au sein de l'édifice sécurité sociale" et mis en garde Nicolas Sarkozy
contre le recours aux assurances privées pour son financement. Une
telle décision "annonce un nouveau terrain de conflit", a-t-il menacé.
Le rencontre de Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault, dans le cadre
des consultations régulières du chef de l'Etat avec les partenaires
sociaux, est la première depuis avril 2010. Bernard Thibault avait boycotté les voeux du président en janvier pour dénoncer le "simulacre" des discussions sur la réforme des retraites.
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