
Pour la gauche, il y a désormais un problème de démocratie
Mobilisations massives, un mouvement qui s’amplifie
et s’élargit pour devenir la plus grande vague de manifestations
qu’ait connue la France depuis plusieurs années : tel est le constat
unanime dressé par la gauche. A ce mouvement déterminé, elle oppose la
dangereuse intransigeance de l’Elysée.
« Le gouvernement a décidé d’opposer systématiquement un mur à la
mobilisation sociale, ce n’est pas une bonne manière de faire vivre la
démocratie en France », a constaté , mardi, le porte-parole du PS
Benoît Hamon. Selon lui, « si nous avons une situation de conflit,
d’intensification, de radicalisation, c’est directement la conséquence ,
non pas des mesures de fermeté du gouvernement, mais probablement
d’orgueil du président de la République qui refuse les négociations »,
a-t-il ajouté. Bien présente dans les manifestations, la gauche ne
cachait pas sa satisfaction devant l’ampleur nouvelle qu’a connue le
mouvement social.
Avec ici ou là, quelques inquiétudes sur les conséquences de la
stratégie autoritaire dans laquelle semble se complaire l’Elysée. Ainsi,
François Hollande, ex-Premier secrétaire du PS , a solennellement
demandé au gouvernement « de faire en sorte que ce mouvement trouve sa
traduction politique. Même son de cloche de la part de Jean-François
Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale : « le
mouvement est de plus en plus puissant et il a déjà gagné une victoire,
c’est celle de la pédagogie », a-t-il estimé. Ajoutant : « le
gouvernement doit écouter et reprendre le dialogue », considérant que
face « à la très grande responsabilité des organisations syndicales »,
le pouvoir « est en train d’essayer de jouer la stratégie de la
tension ».
Du côté du PCF, on voit dans cette
journée une confirmation. Et l’on pointe aussi un
problème. Ainsi, Pierre Laurent, secrétaire
national, s’est réjoui « de voir que
toutes les générations
s’entremêlent » ; « Le
gouvernement voulait avoir le mouvement à l’usure,
c’est celui-ci qui l’aura à
l’usure ». Pour le PCF, « il y a
aujourd’hui un immense problème démocratique quand
des millions de gens descendent dans la rue, quand une majorité
de notre peuple refuse la réforme . Le gouvernement devra
écouter, devra céder ». Il y a un
moral de vainqueur chez les manifestants », note pour sa
part Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) , qui voit
« une volonté de poursuivre la
lutte » , avec ‘ « conscience et
responsabilité ». Et d’affirmer en
conséquence que sa formation, fera « tout ce
qui dépend d’elle pour favoriser le développement
des luttes par un travail militant, sur le terrain».
Première secrétaire du PS, Martine Aubry a lancé un appel au
Président de la République. « J’en appelle au Président de la
république, garant de l’unité de notre pays et de la cohésion sociale.
Je lui demande de retirer son projet, de recevoir les syndicats et las
partis de gauche, afin d’engager enfin les négociations et la réforme
qu’attendent les Français ».
|