Pour la gauche, il y a désormais un problème de démocratie

13/10/2010

Mobilisations massives, un mouvement qui s’amplifie et s’élargit pour devenir la plus grande vague de manifestations qu’ait connue la France depuis plusieurs années : tel est le constat unanime dressé par la gauche. A ce mouvement déterminé, elle oppose la dangereuse intransigeance de l’Elysée.

« Le gouvernement a décidé d’opposer systématiquement un mur à la mobilisation sociale, ce n’est pas une bonne manière de faire vivre la démocratie en France », a constaté , mardi, le porte-parole du PS Benoît  Hamon.  Selon lui, «  si nous avons une situation de conflit, d’intensification, de radicalisation, c’est directement la conséquence , non pas  des mesures de fermeté du gouvernement,  mais probablement d’orgueil du président de la République  qui refuse les négociations », a-t-il ajouté. Bien présente dans les manifestations, la gauche  ne cachait pas sa satisfaction devant l’ampleur nouvelle qu’a connue le mouvement social.

Avec ici ou là, quelques inquiétudes sur les conséquences de la stratégie autoritaire dans laquelle semble se complaire l’Elysée. Ainsi, François Hollande, ex-Premier secrétaire du PS , a solennellement demandé au gouvernement «  de faire en sorte que ce mouvement trouve sa traduction politique.  Même son de cloche de la part de Jean-François Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale : «  le mouvement est de plus en plus puissant et il a déjà gagné une victoire, c’est celle de la pédagogie », a-t-il estimé. Ajoutant : «  le gouvernement  doit écouter et reprendre le dialogue », considérant que  face «  à la très grande responsabilité des organisations syndicales », le pouvoir «  est en train d’essayer de jouer la stratégie de la tension ».

Du côté du PCF, on voit dans cette journée une confirmation. Et l’on pointe aussi un problème. Ainsi, Pierre Laurent, secrétaire national,  s’est réjoui «  de voir que toutes les générations s’entremêlent » ; «  Le gouvernement voulait avoir le mouvement à l’usure, c’est celui-ci qui l’aura à l’usure ». Pour le PCF, «  il y a aujourd’hui un immense problème démocratique quand des millions de gens descendent dans la rue, quand une majorité de notre peuple refuse la réforme . Le gouvernement devra écouter, devra céder ».   Il y a un moral de vainqueur chez les manifestants », note pour sa part Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche)  , qui voit «  une volonté de poursuivre la lutte » , avec ‘ « conscience et responsabilité ».  Et d’affirmer en conséquence que sa formation,  fera «  tout ce qui dépend d’elle pour favoriser le développement des luttes  par un travail militant, sur le terrain».

Première secrétaire du PS, Martine Aubry  a lancé un appel au Président de la République. «  J’en appelle au Président de la république, garant de l’unité de notre pays et de la cohésion sociale. Je lui demande de retirer son projet, de recevoir les syndicats et las partis de gauche, afin d’engager enfin les négociations et la réforme qu’attendent les Français ».