
Pour 2012, Nicolas Sarkozy s'aime et le fait savoir
27/06/2011
Nicolas Sarkozy aime ce qu'a fait le président Nicolas Sarkozy
pour l'économie française ces deux dernières années et est prêt à voter
pour le candidat Nicolas Sarkozy à la Présidentielle de 2012. Voilà en résumé l'exercice de satisfecit nombriliste auquel
le chef de l'Etat s'est livré ce matin, lors d'une conférence de presse
consacrée à un premier bilan du "grand emprunt".
Pour cette grande occasion - la quatrième conférence de ce type
depuis le début du quinquennat -, le service de presse avait convié près
de deux cents journalistes. Nicolas Sarkozy s'est écouté parler durant
une bonne heure et demie. En voici un résumé:
- La France, cette "grande nation" grâce à son grand président
Grâce au grand emprunt de 35 milliards d'euros consacrés à
"l'innovation, la recherche et l'investissement", pour "relancer la
croissance" et "ne pas subir la mondialisation", la France a pu rester
une grande nation et préserver son modèle social, a expliqué Nicolas
Sarkozy.
"Jamais, dans son histoire, la France n'a fait un tel effort au
service des investissements", a lancé d'entrée Nicolas Sarkozy, en
égrenant les enveloppes attribuées à l'enseignement, la recherche et la
formation (19 milliards d'euros), aux filières industrielles (6,5 mds),
l'énergie et le développement durable (5 mds) et le numérique (4,5 mds).
Et tant pis si seulement quinze milliards ont été réellement affectés à des investissements
et que l'Etat garde encore en caisse 20 milliards. Le grand emprunt
valide d'ores et déjà le "succès" de sa démarche. Le bon président se
réjouit de "l'émulation", selon lui inédite, qu'elle a suscitée.
Comme réorientations, outre le nucléaire, Nicolas Sarkozy a réclamé
au gouvernement "des propositions" pour créer un Institut
hospitalo-universitaire (IHU) sur le cancer, alors qu'aucun des six IHU sélectionnés jusqu'à présent ne sera spécialisé dans ce domaine.
Il a demandé que soient également primés des
projets "pédagogiques" et de "formation". (à lire:
Education: le totem de Sarkozy ne convainc pas)
- La France "préservée de tous les risques" grâce à son grand président
Interrogé sur les ombres de son bilan, Nicolas Sarkozy a répondu que
la gravité de la crise avait été "sous-estimée" mais que, grâce à son
action, elle avait provoqué "moins de souffrance" en France qu'ailleurs.
"Ce n'est pas un hasard si la France est préservée de tous (les)
risques" qui pèsent sur la Grèce, l'Irlande ou le Portugal, s'est-il
enorgueilli.
Même sur le sujet sensible du pouvoir d'achat, une des principales
critiques de la gauche, le président n'a pas cédé de terrain, indices
statistiques à l'appui. "Nous avons un mal infini à convaincre", a-t-il
juste déploré. Sous-entendu, les Français sont des c...
- La France, patrie du nucléaire grâce à son grand président
A l'heure où l'Allemagne, la Suisse te l'Italie ont décidé de sortir
du nucléaire, Nicolas Sarkozy a décidé de passer la vitesse supérieure
dans ce domaine, à l'image de nos voisins britanniques. "Nous allons consacrer un milliard d'euros au programme nucléaire du futur,
notamment de quatrième génération, et nous allons également dégager des
moyens importants du grand emprunt pour renforcer la recherche dans le
domaine de la sûreté nucléaire".
Pour faire bonne mesure, le président investira aussi "1,35
milliard" dans "les énergies renouvelables" et "les procédés de
production décarbonée".
- La France avec son grand président, sinon les dix plaies d'Egypte
Pas encore candidat à sa succession - "avant même de penser à un
autre mandat, je dois penser à finir celui-là", a-t-il dit - Nicolas
Sarkozy a cependant rejoué les dix plaies d'Egypte pour décrire ce que
deviendrait la France si celle-ci désignait quelqu'un d'autre que lui à
la présidentielle de mai prochain. "Ceux qui auront l'idée de revenir
sur le non remplacement d'un (fonctionnaire) sur deux (partant à la
retraite), de revenir sur la réforme des retraites, de refuser une règle
d'or qui obligera tout nouveau gouvernement à prévoir un budget en
équilibre, ben ! ça sera l'explosion de la dette et l'explosion des déficits".
Le scénario catastrophe ne s'arrête pas là: "Si la France s'exonère de
cette voie, elle le paiera de plus de chômeurs, de plus de
délocalisations, de perte de pouvoir d'achat et d'impossibilité à
financer son modèle social, c'est incontournable." Ne manque plus que
les sauterelles et la mort des premier-né...
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