
Transports en Île-de-France: enfin un grand accord

26/01/2011
Le
gouvernement et la région Ile-de-France ont annoncé mercredi avoir
conclu "un accord historique" pour le développement des transports du
Grand Paris, avec une enveloppe de 32,4 milliards d'euros d'ici à 2025.
Dans son communiqué, la région Ile-de-France, présidée
par le socialiste Jean-Paul Huchon, souligne que les onze millions de
Franciliens "peuvent être fiers et satisfaits: la région Ile-de-France
et l'Etat s'engagent à unir leurs forces pour la réalisation d'un
réseau de transport banlieue-banlieue, une rocade de métro automatique
(autour de Paris) ainsi qu'un plan ambitieux de modernisation de
l'existant".
Le ministre de la Ville Maurice Leroy et Jean-Paul
Huchon ont détaillé lors d'une conférence de presse les principales
mesures, notamment la mise en oeuvre du plan de mobilisation, le tracé
et le plan de financement de "Grand Paris Express".
Le plan, baptisé "Grand Paris Express", élément majeur
du "Grand Paris", a été présenté lors d'une conférence de presse
commune par le président socialiste de la région Ile-de-France,
Jean-Paul Huchon, et le ministre de la Ville, Maurice Leroy.
Pour transporter les Franciliens de banlieue à banlieue
sans passer par Paris, deux projets étaient en concurrence: "Arc
Express", un métro de 60 km en rocade porté par la région, et la
"Double boucle" de métro souterrain de 130 km pensée par le
gouvernement, aussi appelée "Grand huit".
C'est le projet Arc Express qui est repris pour l'essentiel.
Il est prévu 11,9 milliards d'euros pour la
modernisation du réseau existant et 20,5 milliards d'euros pour le
réseau de métro automatique, incluant le prolongement de la ligne 14 de
métro au nord et au sud de Paris et une rocade autour de la capitale
comprenant deux arcs à l'est, dont l'un permettant une desserte en
proche couronne depuis Saint-Denis.
Le tracé et les modalités techniques de cet arc en
proche couronne seront définis à la suite d'une mission d'étude
mandatée par Maurice Leroy d'ici le 30 mars 2011, associant le
Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.
L'Etat et la région "prennent acte de leur désaccord
sur les principes de développement et de desserte du Plateau de
Saclay", précisait le document.
L'Etat entend assurer la desserte par la "réalisation
d'un métro automatique opérationnel dès 2020", la région par un "bus à
haut niveau de service sur le plateau", "qui pourra évoluer par la
suite vers un tramway", toujours selon la même source.
Pour les RER B, D et C, Etat et région conviennent de
réaliser "d'ici fin 2013" les études relatives au doublement du tunnel
entre Châtelet et la gare du Nord et à la réalisation d'une troisième
paire de voies entre Paris et Juvisy (Essonne).
Réactions
Les élus socialistes se sont déclarés "satisfaits du
contenu de cet accord parce qu'il permet de débloquer la question des
transports en Ile-de-France, centrale pour l'amélioration du quotidien
de millions de Franciliens".
Le groupe Front de gauche PCF-GU-AC - Région
Île-de-France exprime sa satisfaction pour ce « grand projet de
transports pour notre région » et indique, « Cette première victoire
est à mettre à l’actif de la mobilisation des populations, des élu-e-s
locaux et des usager-e-s, notamment dans les débats publics. Les
élu-e-s du groupe Front de gauche PCF-GU-AC ont porté depuis des années
l’urgence de cet investissement massif en banlieue et se félicitent
qu’enfin il puisse devenir réalité. »
Le groupe Front de gauche PCF-GU-AC annonce qu’il
« reste mobilisé pour obtenir le meilleur projet pour les
Francilien-ne-s : la bataille est à poursuivre dès maintenant sur les
tracés (confirmation des gares optionnelles, débat citoyen sur le
nouveau tracé à l’est, conflit sur la conception de la desserte du
plateau de Saclay…), sur les financements et sur la maîtrise publique. »
Pour Cécile Duflot, présidente du groupe Europe
Ecologie Les Verts au conseil régional d'Ile-de-France, "la
précipitation et la forme de l'annonce font craindre une opération de
communication du gouvernement qui ne répondra pas aux besoins urgents
des Franciliens".
"Bien éloigné de leur préoccupation, le contenu de
l'accord est de la poudre aux yeux des usagers des transports en commun
qui ont besoin d'une réponse urgente", déplore Cécile Duflot.
Le président du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier
(PCF), qui milite depuis quatre ans avec son association Orbival pour
la construction d'un métro en rocade dans le Val-de-Marne, affirme que
promouvoir l'écologie en ÎdF doit "d'abord et en priorité" consister à
développer les transports collectifs non polluants.
"Nous arrivons à… un accord entre tous les acteurs qui constituerait
une belle victoire pour tous les habitants de banlieue qui galèrent au
quotidien dans les transports et attendent depuis trop longtemps une
amélioration de leurs moyens de déplacement", écrit-il dans un
communiqué.
M. Favier se félicite "du choix de privilégier le prolongement de la
ligne 14 pour desservir Orly" alors que le président socialiste du
Conseil régional, Jean-Paul Huchon, avait suggéré un prolongement,
moins coûteux, selon lui, de la ligne 7.
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