
Mobilisation pour empêcher l’exécution de Troy Davis
19/09/2011
La sentence de la condamnation à mort a été fixée
au 21 septembre. Alors que le comité des grâces de l’État de Géorgie
peut encore surseoir à cette décision, les organisations des droits de
l’homme appellent à agir pour stopper ce crime « légal ».
La France commémore cette année le 30e anniversaire de
l’abolition de la peine de mort. Une avancée de civilisation dont
feraient bien de s’inspirer d’autres pays. À commencer par la première
puissance mondiale. Ce mois de septembre est en effet à marquer d’une
pierre noire. Pour la quatrième fois en quatre ans, Troy Davis est en
danger de mort. Sa date d’exécution a été fixée au 21 septembre. Son
sort repose désormais entre les mains du comité des grâces de l’État de
Géorgie, qui se réunira lundi afin de statuer sur son devenir. Ce comité
a le pouvoir de surseoir à sa mise à mort. Il l’avait déjà fait en
2007, en raison de forts doutes sur sa culpabilité. La mobilisation de
l’opinion publique aux États-Unis et dans le monde peut elle aussi
bouleverser ce funeste calendrier. C’est pourquoi, en France, six
organisations ont décidé de relayer l’appel d’Amnesty International.
Elles tiendront un rassemblement vendredi à Paris, « afin d’éviter
qu’une erreur irréversible ne soit commise (...) alors que des doutes
persistent sur sa culpabilité ».
Le cas de Troy Davis est symptomatique du contenu de la justice des
États-Unis. Une justice à charge, inégalitaire, raciste et irrévocable,
qui autorise l’exécution légale de personnes qui peuvent se révéler
innocentes.
Une justice à charge et inégalitaire
L’Afro-Américain Troy Davis a été condamné à mort en 1991 pour le
meurtre d’un policier blanc, Mark Allen MacPhail, tué trois ans plus tôt
à Savannah. Un crime qu’il a toujours nié. Aucune preuve matérielle à
son encontre n’a été fournie. Les seuls éléments à charge retenus contre
lui
reposaient sur les déclarations des neufs prétendus témoins.
Prétendus car, depuis, sept d’entre eux se sont rétractés. Même l’Union
européenne s’est prononcée, en 2008, en sa faveur. « Les doutes qui sont
apparus tout au long de la procédure quant à la culpabilité de M. Troy
Davis doivent être pris en compte », déclarait à l’époque la présidence
française.
Les chances de le sauver sont peut-être ténues mais elles doivent
toutes être tentées. C’est vrai pour Troy Davis, mais également pour
Mumia Abu-Jamal, ou encore Hank Skinner. Ce dernier a été injustement
condamné à mort en 1995 pour le triple meurtre de sa compagne et des
deux fils de celle-ci. En mars 2010, sa date d’exécution avait été
reportée trente-cinq minutes avant sa mise à mort ! Depuis, il a même
obtenu le feu vert de la Cour suprême des États-Unis afin qu’un juge
fédéral examine sa demande de tests ADN à même de le disculper.
Le Texas détient le triste record des exécutions
Alors que sa demande est en cours d’instruction, l’État du Texas, qui
détient le triste record des exécutions (voir ci-contre), a programmé
son exécution pour le 9 novembre ! « Vous vous apprêtez à tuer un
innocent, ça ne vous fait rien ? » interroge froidement Hank Skinner
dans une vidéo consultable en ligne. Depuis les couloirs de la mort,
l’interpellation n’en est que plus saisissante. L’an passé, le Conseil
des droits de l’homme des Nations unies avait écorché les États-Unis
pour leur pratique de la barbarie légale qu’est la peine de mort.
SIGNEZ la pétition ci-dessous au plus vite !
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