
Voeux de Sarkozy à Toulouse : des militants de la CGT refoulés
13/01/2011
Une
centaine de manifestants ont été maintenus jeudi à distance des usines
du constructeur aéronautique Airbus, près de Toulouse, où le président
Nicolas Sarkozy était venu présenter ses voeux au monde économique.
Face à une soixantaine de CRS, les manifestants, en majorité de la
CGT, ont déployé deux banderoles sur un pont enjambant une rocade de
Blagnac, demandant "l'augmentation du pouvoir d'achat, des salaires,
des pensions", et affirmant "salaires, emplois, retraites, des
solutions il y en a". Ils ont été refoulés vers le parking d'une grande
surface et les CRS ont enlevé les banderoles sous les huées et les
insultes, tandis qu'un hélicoptère survolait la zone, proche des
hangars d'Airbus, autour desquels un important dispositif policier
avait été dressé. "C'est une honte pour la France d'avoir un pouvoir
comme celui-là", s'est indigné Jean-François Portajaba, de l'Union
départementale de la CGT. "La liberté d'expression est en jeu, ils ne
veulent pas qu'on voie les banderoles", a-t-il dit en notant que
"Sarkozy est sur les pistes, sa sécurité n'est pas en danger".
Rappelant que le président était venu à Toulouse pour présenter ses
voeux au monde économique, une militante a constaté au micro en
s'adressant aux manifestants: "Apparemment, nous ne faisons pas partie
des forces économiques".
La CGT considérait dans un tract qu'il y avait de la part de M. Sarkozy "de l'indécence à se pavaner
ainsi alors que maintes entreprises sont en difficulté ou ont dû fermer
leurs portes" dans un département au "taux de chômage de 9,5%,
supérieur à la moyenne nationale". "Venir ici, cela relève de la
provocation", a déclaré un des responsables départementaux de la FSU,
Jean-Claude Garric, déplorant que le chef de l'Etat vienne "plastronner
à Toulouse", théâtre d'un "mouvement exceptionnel" contre la réforme
des retraites, face à son "autisme total". "Il est dérisoire que pour
seule réponse, il ait envoyé les CRS pour enlever les banderoles sur la
rocade", a-t-il ajouté.
Pendant ce temps, une délégation d'ex-salariés de l'usine Molex de
Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, fermée en 2009, étaient reçus à la
préfecture par un collaborateur du chef de l'Etat sur la question du
plan social, que le groupe américain a cessé de financer voici trois
mois.
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